Un attentat perpétré par un kamikaze à pied contre un minibus sur la route reliant Kaboul à Jalalabad a fait 14 morts, tous népalais. Shah Marai/AFP
Au moins 25 personnes dont 14 employés de sécurité népalais ont été tuées dans trois attentats quasi simultanés à Kaboul et dans le nord-est du pays hier.
Le premier, perpétré par un kamikaze à pied contre un minibus sur la route reliant Kaboul à Jalalabad, la grande ville de l'Est, a fait 14 morts, tous Népalais, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Neuf personnes ont été également blessées, dont « cinq Népalais et quatre Afghans », a-t-il précisé dans un communiqué « condamnant fermement cette action terroriste ». Il a été suivi peu après par l'explosion d'une autre bombe au passage d'un convoi transportant un élu provincial, selon le ministère de l'Intérieur. Une personne est morte et 4 ont été blessées dont le responsable visé.
Un porte-parole taliban a revendiqué sur les réseaux sociaux les deux attaques dans la capitale, les premières de cette ampleur depuis le début du ramadan le 6 juin.
« Ce matin tôt, nous avons conduit une attaque martyre contre des gardes des forces d'agression, faisant 20 morts et blessés », a annoncé un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, en allusion à l'attaque des Népalais.
Mais la branche locale de l'organisation État islamique a également revendiqué l'attentat, divulguant le nom et la photo de l'assaillant, selon le centre américain de surveillance de sites jihadistes Site, qui note que ce n'est pas la première fois que les deux organisations se disputent la responsabilité d'une attaque en Afghanistan. Une source au sein des services secrets afghans a indiqué que des vérifications étaient en cours.
Interrogé par l'AFP, le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid a balayé les affirmations « sans fondement et creuses » de l'EI, soulignant que le groupe n'a « pas la capacité de mener une attaque à Kaboul et n'a pas le soutien de la population ».
Enfants et civils victimes
Les Népalais tués dans la première attaque travaillaient pour une compagnie de sécurité qui officiait pour le compte de l'ambassade canadienne à Kaboul, a indiqué cette dernière sur Twitter.
L'ambassade canadienne a confirmé que « l'attaque d'aujourd'hui a visé notre compagnie de sécurité », mais précisé qu'il n'y avait « pas eu d'attaque contre les locaux de l'ambassade ».
Des traces de sang étaient visibles sur les flancs du minibus jaune et blanc, dont les fenêtres ont été entièrement soufflées par la déflagration, a rapporté un photographe de l'AFP.
Peu après, une moto piégée a explosé sur un marché de la petite ville de Keshim, dans la province afghane du Badakhshan, ont annoncé les autorités locales, faisant dix morts et 40 blessés, selon un nouveau bilan en fin d'après-midi. « Toutes les victimes sont des civils », a précisé à l'AFP le porte-parole du gouverneur de la province, Naweed Froutan.
Cinq enfants figurent parmi les morts, a indiqué de son côté la mission de l'Onu en Afghanistan (Unama), qui a « fermement condamné » l'attentat. Les talibans ont pour leur part démenti être à l'origine de cette « attaque sans objet ». La dernière attaque en date revendiquée par les talibans dans la capitale afghane avait fait 64 morts et plus de 340 blessés le 19 avril.
Les rebelles islamistes, qui exigent le départ de toutes les troupes étrangères d'Afghanistan, ne cessent de gagner du terrain depuis le début du retrait des forces de l'Otan en 2014 : ils progressent principalement dans le sud et l'est du pays, mais aussi dans les provinces du Nord.
Ils avaient conduit à l'automne dernier une opération éclair et tenu brièvement la grande ville septentrionale de Kunduz. Entre-temps, leur chef, le mollah Akhtar Mansour, a un été tué par un tir de drone américain au Pakistan et remplacé par le mollah Haibatullah Akhundzada, un érudit en religion.
(Source : AFP)


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