Le défenseur français Adil Rami (maillot n° 4) shootant le ballon vers les filets suisses, hier soir à Lille. Philippe Huguen/AFP
La France, déjà qualifiée pour les 8es de finale, a conservé la tête de son groupe grâce à un nul contre la Suisse (0-0), qui se qualifie elle aussi pour le tour suivant. Avec cette 1re place du groupe A, les Français devraient affronter un adversaire a priori plus abordable en 8es, le 26 juin à Lyon.
Le sélectionneur Didier Deschamps avait décidé de modifier sensiblement le 11 de départ, en titularisant les attaquants André-Pierre Gignac et Kingsley Coman ainsi que les milieux Yohan Cabaye et Moussa Sissoko. En alignant Gignac et Cabaye, Deschamps a préservé Olivier Giroud et N'Golo Kanté (avertis et sous la menace d'une suspension en cas de nouveau carton jaune). La titularisation de Sissoko a permis aussi de faire souffler Blaise Matuidi, peu à son avantage depuis le début de l'Euro, et de faire glisser Paul Pogba sur le côté gauche du milieu, son poste de prédilection. Coman remplaçait, lui, Dimitri Payet.
En défense, le sélectionneur des Bleus n'a pas bouleversé son quatuor de base (Sagna/Rami/Koscielny/Evra). En outre, le gardien Hugo Lloris a égalé le record du nombre de capitanats en sélection détenu par Deschamps (54 titularisations). « Forcément, c'est plaisant. Mais loin de moi l'idée de me comparer à mon sélectionneur qui reste une référence », a déclaré Lloris (29 ans). « Les records sont faits pour être battus, il le battra avec moi, tant mieux », a de son côté dit Deschamps, qui devrait voir Lloris le dépasser officiellement lors du match de huitièmes de finale à venir.
Côté suisse, le sélectionneur Vladimir Petkovic avait opté pour une formation à vocation offensive, avec un quatuor composé d'Admir Mehmedi, Blerim Dzemaili, Xherdan Shaqiri et Breel Embolo.
Et pendant ce temps-là, Karim Benzema...
Jet privé, voitures de sport, photo avec Keanu Reeves ou le rappeur Booba... Alors que l'équipe de France préparait son match contre la Suisse, Karim Benzema, lui, prenait du bon temps et le faisait savoir sur le réseau social Instagram.
Contrairement à ses comptes Twitter et Facebook, le profil Instagram du joueur a un ton beaucoup moins policé et institutionnel. Ces derniers jours, l'attaquant du Real Madrid a posté des photos prises en vacances, aux États-Unis. Écarté des Bleus pour sa mise en examen dans l'affaire du chantage à la sex-tape contre Mathieu Valbuena, Karim Benzema s'y affiche aux côtés de son ami, le rappeur Booba. Dans une vidéo filmée par le rappeur sur Periscope, tous deux se promènent au milieu d'un parking de bolides. « On va faire une vraie course, on va attraper KB9 (le surnom de Benzema) avec la Lambo (Lamborghini), ça peut mal finir cette course », entend-on Booba affirmer derrière la caméra, sans qu'on voie d'image de la fameuse course ni qu'on sache si elle a bien eu lieu.
Juste avant le début de l'Euro, Karim Benzema avait aussi posté une photo de lui de dos, les bras en croix et les pieds dans une piscine face au panorama d'une grande ville américaine, avec la légende : « Je n'ai pas à être ce que vous voulez que je sois... Aimez-moi ou haïssez-moi... Je suis toujours KB9. » Puis, pour l'entrée de la France dans le tournoi face à la Roumanie, l'attaquant a publié une photo pour soutenir ses partenaires. Lui, seul devant son écran de télévision, avec le message « Bonne chance/force. »
D'autres clichés le montrent dans une salle de musculation, casquette sur la tête, le regard perdu sur un paysage de désert, qu'il traverse dans ce qui ressemble à une limousine, ou encore, pour l'un des derniers, bras dessus, bras dessous avec l'acteur canadien star Keanu Reeves, vraisemblablement dans un avion de ligne de retour des États-Unis. La plupart du temps, l'esthétique – gestes, postures, vêtements – est empruntée aux codes du hip hop, avec une grosse touche bling-bling.
Toutefois, certains clichés tranchent avec cet univers : ceux de la fille de Benzema, Mélia, née début 2014. Karim Benzema a 13 millions de followers sur son compte Instagram.
La sombre routine des hooligans
L'Euro est-il en train de devenir le championnat d'Europe du dérapage de supporteurs ? Une triste routine s'installe jour après jour, et samedi, les Hongrois ont provoqué de violents incidents en tribune, au lendemain de ceux qui valent à la Croatie et la Turquie d'être jugées par l'UEFA aujourd'hui.
Ainsi, les fédérations de Hongrie, de Belgique et du Portugal sont elles aussi visées par des procédures disciplinaires pour des incidents divers causés par leurs fans dans les stades, a indiqué hier l'UEFA. L'Union européenne du foot a déjà sanctionné la Russie d'une suspension avec sursis pour des débordements sérieux.
Dans les procédures ouvertes hier, c'est la Hongrie qui risque le plus lourd. L'instance disciplinaire de l'UEFA jugera le cas demain.
Les dates de jugement pour la Belgique (usage de fumigènes et lancer de projectiles) et le Portugal (invasion du terrain) n'ont pas encore été précisées.
Les Portugais ne devraient toutefois pas écoper d'une sanction trop lourde, puisque l'envahissement du terrain a donné lieu à une belle image.
Un fan transi a pris un selfie samedi soir sur la pelouse avec la mégastar Cristiano Ronaldo, qui s'est prêté au jeu, amusé, demandant même aux stadiers du Parc des Princes de laisser faire l'adolescent.
Ce dernier en a pleuré de joie.
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