Il n'y a plus vraiment de football total, à peine encore un peu de kick and rush ou de catenaccio, et le libéro à l'ancienne est mort de vieillesse.
Mais comme le football se réinvente en permanence, les idées tactiques évoluent et avec elles un lexique parfois barbare qui, sur le même rectangle vert, fait cohabiter le « false 6 » et les « faux pieds », le « regista » et le « box-to-box ». Autant de joueurs qui sont tous sous la menace du « gegenpressing ».
Faux 9 et vrais attaquants
Dans une équipe, ils sont pourtant toujours onze, mais on ne les appelle plus forcément comme avant. Aujourd'hui, on peut construire son équipe avec un « faux 9 », deux ailiers en « faux pied », un milieu composé d'un « box-to-box » et d'une sentinelle, ou bien d'un double pivot et d'un « trequartista ».
Pas si éloigné du « neuf et demi », le « faux 9 » (ou false 9) est cet attaquant buteur mais capable de redescendre un peu, de faire jouer ses équipiers et de donner des passes décisives. Autour de 2006 à l'AS Rome, Luciano Spalletti avait fait de Francesco Totti le mètre-étalon du « faux 9 ». Et au Paris SG, Zlatan Ibrahimovic a, lui, réussi l'amalgame, le Suédois devenant un « faux 9 » avec des statistiques de « pur 9 ».
Le « faux pied », lui, est le gaucher qui joue à droite (Arjen Robben) ou le droitier qui joue à gauche (Franck Ribéry). Il centre un peu moins bien que l'ailier traditionnel, mais il peut revenir dans l'axe et frapper de son bon pied. Le fameux enchaînement crochet-frappe enroulée du gauche de Robben est l'arme fatale du « faux pied ».
Mais qu'ils soient placés à gauche, à droite, en pointe ou en retrait, tous ces attaquants sont bien sûr concernés par le « gegenpressing ».
Regista italien, box-to-box anglais
Au milieu, le « box-to-box » (un concept anglais) va d'une surface de réparation à l'autre. Patrick Vieira en était l'un des meilleurs exemples. Après lui, Yaya Touré, Frank Lampard ou Steven Gerrard en ont fait une vraie spécialité de la Premier League.
Sur le modèle du « false 9 » en attaque, on trouve le « false 6 » au milieu de terrain. Comme son compère de devant, le « false 6 » a tendance à reculer, jusqu'à venir parfois se placer entre les deux défenseurs centraux pour mieux relancer. Au Barça, Sergio Busquets en est un superbe exemple.
Plusieurs néologismes venus d'Italie sont également apparus: « mezzala » pour milieu relayeur, « trequartista » pour plus ou moins meneur de jeu, et « regista ». Ce mot qui signifie aussi « metteur en scène » s'utilise pour désigner les meneurs de jeu reculés, au jeu long au-dessus de la moyenne. À l'Euro 2012, Andrea Pirlo avait livré un véritable récital en tant que « regista ». En revanche, pour peu qu'il soit un peu lent, le « regista » est particulièrement vulnérable au « gegenpressing ».
Cholismo et sapin de Noël
Curieusement, les défenseurs sont restés des latéraux et des centraux, et semblent à l'abri de cette nouvelle langue. Mais pas forcément du « gegenpressing ». Les mouvements sur le terrain et les consignes tactiques, les schémas et les doctrines ont aussi apporté quelques nouvelles entrées dans le grand dictionnaire du football.
D'un côté, le jeu de passes et de possession, horizontalité et tiki-taka. En face, jeu direct et verticalité. Et le « cholismo », cette attitude faite de sueur, de volonté et de « grinta » imposée à l'Atletico Madrid par Diego Simeone, alias « El Cholo » (Le métis).
En plus imagé, on a également le dispositif en « sapin de Noël » pour le 4-3-2-1 un temps privilégié par Carlo Ancelotti. Encore plus récemment, Jürgen Klopp a imprimé au Borussia Dortmund puis à Liverpool l'idée d'un pressing très agressif dès la perte du ballon, y compris très haut sur le terrain. Redoutable pour gêner le « jeu de transition » de l'adversaire, cette tactique porte un nom allemand, qui signifie contre-pressing. C'est le « gegenpressing ».
Stanislas TOUCHOT/AFP
Faux 9 et vrais attaquantsDans une équipe, ils sont pourtant toujours onze, mais on ne les appelle plus forcément comme avant. Aujourd'hui, on peut construire son équipe avec un « faux 9 », deux ailiers en « faux pied », un milieu composé d'un « box-to-box » et d'une sentinelle, ou bien d'un double pivot et d'un « trequartista ».Pas si...


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