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À La Une - justice

Euro-2016 : dix personnes jugées pour violence, mais pas de Russe, la France face aux critiques

Depuis vendredi, les autorités françaises ont procédé à 116 interpellations pour violences, qui ont donné lieu à 63 gardes à vue, trois expulsions du territoire et cinq interdictions d'entrée sur le sol français.

Dix supporters impliqués dans les violences de samedi à Marseille passent devant le tribunal lundi, au 4e jour de l'Euro-2016, mais aucun Russe. AFP / BERTRAND LANGLOIS

Dix supporters impliqués dans les violences de samedi à Marseille passent devant le tribunal lundi, au 4e jour de l'Euro-2016, mais aucun Russe: les hooligans de ce pays, pourtant en première ligne, ont échappé aux autorités françaises, qui font face aux critiques.

Cent cinquante hooligans russes "extrêmement entraînés" sont impliqués dans les violentes rixes sur le Vieux-Port samedi, dont les images ont fait le tour du monde, a expliqué lundi le procureur de Marseille Brice Robin. Problème: aucun n'a été interpellé. "Préparés pour des opérations hyper-rapides et hyper-violentes", ils ont visiblement déjoué la surveillance policière en évitant d'arriver par avion à Marseille, a précisé le procureur.

Les dix personnes qui sont jugées en comparution immédiate lundi après-midi sont six Britanniques, un Autrichien et trois Français. La justice veut afficher sa fermeté: deux mois de prison ferme et deux ans d'interdiction du territoire ont été requis contre le premier d'entre eux, un Anglais de 20 ans. Ce chef cuisinier, fortement alcoolisé au moment de son interpellation, dit avoir lancé un gobelet de bière en plastique en direction des gendarmes. La justice l'accuse d'un jet de bouteille en verre.

Les rixes sur le Vieux-Port impliquaient des supporters russes, anglais et des Français, mais la quasi totalité des 35 blessés sont anglais, a précisé M. Robin. Parmi eux, l'homme grièvement blessé samedi après avoir reçu des coups sur la tête est toujours dans un état "critique" mais stable. "Ses agresseurs n'ont pas été identifiés".

Interdictions d'alcool
En Angleterre ou en Allemagne, des voix s'élèvent pour critiquer l'action de la police française samedi. "Ils n'ont pas su gérer le mouvement d'ultras russes. Il fallait au moins protéger les fans anglais", a déclaré à l'AFP Geoff Pearson, spécialiste des supporters radicaux à l'université de Manchester, qui se trouvait à Marseille samedi. Le journal allemand Der Spiegel a estimé que les forces de l'ordre françaises "n'avaient pas la situation en main, ni dans le stade ni en dehors".

En France, l'opposition s'est emparée de l'affaire. Guillaume Larrivé, porte-parole du parti Les Républicains (droite), a dénoncé lundi des "dysfonctionnements" et des "failles". "Il n'y a pas eu de faille", a rétorqué à distance le procureur de Marseille.

Au total, depuis vendredi, les autorités françaises ont procédé à 116 interpellations pour violences, qui ont donné lieu à 63 gardes à vue, trois expulsions du territoire et cinq interdictions d'entrée sur le sol français, selon des chiffres nationaux du ministère de l'Intérieur communiqués tard dimanche soir.

Les violences du week-end ont également entraîné un débat sur la consommation excessive d'alcool par les supporters. Lundi, suivant les instructions du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, les préfets du Rhône (centre-est) et de Haute-Garonne (sud-ouest) ont interdit la vente d'alcool à emporter, les jours de match dans l'agglomération de Lyon (où a lieu le match Belgique-Italie lundi à 19H00 GMT) et les veilles et jours de match à Toulouse.

Espagne-République tchèque a débuté sans incident à 13h00 GMT dans une Ville Rose à forte communauté espagnole, où ont retenti les "Viva Espana!".

Matches à risques à Lille et Lens
Autorités françaises et instances du foot semblent décidées à afficher leur fermeté après les violences du week-end, qui ont considérablement écorné l'image du troisième événement sportif mondial.
L'UEFA a prévenu dimanche l'Angleterre et la Russie: elles risquent d'être disqualifiées de l'Euro si des violences telles que celles de Marseille se reproduisent.

Message reçu pour la star anglaise Wayne Rooney et son sélectionneur Roy Hodgson, qui ont appelé les fans à bien se conduire dans un message vidéo lundi. "Restez en sécurité, soyez raisonnables et continuez à nous soutenir", a réclamé le joueur de Manchester United.

L'instance européenne du football a parallèlement ouvert une procédure disciplinaire contre la fédération russe pour les débordements de ses supporters dans le Vélodrome au coup de sifflet final du match contre l'Angleterre. Le verdict est attendu mardi: la Russie risque par exemple un retrait de points pour les éliminatoires de l'Euro-2020.

Quelles sont maintenant les rencontres à surveiller? Le prochain match des Russes aura lieu mercredi à Lille et celui des Anglais le lendemain, à 40 km de là, à Lens, ce qui pourrait favoriser de nouveaux heurts entre supporters. Allemagne-Pologne jeudi au Stade de France est également classé à risque, tout comme Ukraine-Pologne le 21 juin à Marseille, le jour de la Fête de la musique, événement qui draine d'ordinaire les foules dans la rue jusqu'au bout de la nuit.
Et le football dans tout ça? Andres Iniesta, Zlatan Ibrahimovic, Eden Hazard ou Gianluigi Buffon, stars en lice ce lundi, tenteront de lui redonner sa place dans les conversations.

 

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