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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Washington et Pékin s’écharpent sur les droits de l’homme et la mer de Chine

La 8e édition du forum annuel « Dialogue stratégique et économique » s'est clôturée hier dans la capitale chinoise.

Au dernier jour du forum annuel qui réunit leurs deux pays, le secrétaire d’État américain John Kerry a rencontré, hier, le président chinois Xi Jinping. Nicolas Asfouri/Pool/AFP

Les États-Unis et la Chine se sont écharpés en coulisses, hier, sur les droits de l'homme et la mer de Chine, tout en vantant leur coopération sur des sujets plus consensuels, au terme de deux jours de « Dialogue stratégique et économique » à Pékin. La 8e édition de ce forum annuel de négociations entre les deux premières puissances mondiales était le dernier face-à-face entre la Chine et l'administration de Barack Obama, qui a fait de l'Asie-Pacifique la priorité de sa politique étrangère. Une région stratégique où Pékin est de plus en plus influente.
Davantage rivaux que partenaires, la Chine et l'Amérique ont affirmé avoir « bien plus de points d'accord que de divergences » et que les deux premières économies de la planète jouissaient de « la relation la plus importante dans le monde », selon la formule du secrétaire d'État John Kerry. Le président Xi Jinping a aussi plaidé pour « renforcer la confiance » et « mettre de côté les différences ». M. Kerry, épaulé par le secrétaire au Trésor Jacob Lew, a passé des heures lundi et hier avec le président Xi, secondé par son vice-Premier ministre Wang Yang et son conseiller d'État pour la politique étrangère Yang Jiechi. Tous ont vanté des discussions « extrêmement productives » dans une ambiance « cordiale et professionnelle » sur les grands dossiers consensuels : climat, prolifération nucléaire, antiterrorisme, lutte contre les épidémies, science, éducation, culture.

Points de friction
Mais les points de friction ont vite resurgi... Les tensions en mer de Chine méridionale, sur laquelle Pékin revendique une souveraineté quasi totale, ont fait l'objet de discussions « en profondeur », a souligné M. Kerry. « J'ai réitéré le soutien fondamental des États-Unis à une solution pacifique et négociée », a-t-il insisté, réaffirmant « l'inquiétude » de Washington à l'égard de « toute initiative unilatérale », en allusion aux travaux d'aménagement et de « militarisation » qu'effectue la Chine d'îlots contestés par ses voisins d'Asie du Sud-Est. Yang Jiechi a rétorqué que Pékin « souhaitait que les États-Unis honorent leur promesse de ne pas prendre position dans les disputes territoriales ». La crise empoisonne la région depuis des années et s'est envenimée depuis un an.
Sur les pommes de discorde traditionnelles sino-américaines – société civile et droits de l'homme –, les échanges ont été « très intenses », a confié un responsable américain. John Kerry a exprimé les « inquiétudes » américaines sur une nouvelle loi chinoise qui devrait restreindre les activités des organisations non gouvernementales (ONG) étrangères, qui sont plus d'un millier en Chine. Mais, a concédé par la suite le secrétaire d'État américain, il faut « faire preuve de patience pour voir comment (cette loi) sera effectivement interprétée ». Cette législation sur les ONG, adoptée à la quasi-unanimité fin avril par le Parlement chinois, donne à la police des pouvoirs étendus sur ces organisations et leur interdit de recruter des membres ou de collecter des fonds dans le pays. Trois rapporteurs spéciaux de l'Onu pour les droits de l'homme avaient estimé que les dispositions floues de la loi pouvaient servir à « intimider, voire étouffer toute opinion ou point de vue divergent ». D'après un diplomate américain, ce « gros dossier » est revenu à maintes reprises sur le tapis et la mise en œuvre de la loi serait une « mauvaise » nouvelle. Piqué au vif, M. Yang a répondu que « tant qu'elles respectent les lois de la Chine, les ONG étrangères ne seront pas affectées dans leur travail ».

Ton acrimonieux
Sur les droits de l'homme, le ton a été aussi acrimonieux. M. Kerry a « fait part des inquiétudes internationales sur les restrictions croissantes aux libertés religieuse et d'expression », en allusion à de nombreux incidents survenus entre les autorités et les communautés religieuses du pays, ainsi qu'à la vague de répression touchant notamment avocats et journalistes chinois. Les Chinois, lui a répondu Yang Jiechi, « jouissent, d'après la loi, de la liberté religieuse comme des autres libertés ». Enfin, sur le plan économique, John Kerry a appelé Pékin à « lever les barrières » de tout ordre qui entravent les entreprises américaines.

(Source : AFP)

Les États-Unis et la Chine se sont écharpés en coulisses, hier, sur les droits de l'homme et la mer de Chine, tout en vantant leur coopération sur des sujets plus consensuels, au terme de deux jours de « Dialogue stratégique et économique » à Pékin. La 8e édition de ce forum annuel de négociations entre les deux premières puissances mondiales était le dernier face-à-face entre la Chine et l'administration de Barack Obama, qui a fait de l'Asie-Pacifique la priorité de sa politique étrangère. Une région stratégique où Pékin est de plus en plus influente.Davantage rivaux que partenaires, la Chine et l'Amérique ont affirmé avoir « bien plus de points d'accord que de divergences » et que les deux premières économies de la planète jouissaient de « la relation la plus importante dans le monde », selon la...
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