Jérôme Kerviel a salué sur RTL une décision qui le « lave de l’infamie et de l’opprobre » attachées à son nom depuis 2008. Thomas Samson/AFP
Dans une décision spectaculaire qui signe le premier succès judiciaire de Jérôme Kerviel, le conseil de prud'hommes de Paris a condamné hier la banque Société générale à payer quelque 455 000 euros (516 500 dollars) à son ancien trader.
Cette juridiction paritaire, composée de juges non professionnels, qui tranche les litiges liés aux contrats de travail, estime que M. Kerviel, absent lors de la lecture du jugement, a été licencié début 2008 « sans cause réelle ni sérieuse » et dans des conditions « vexatoires ».
Évoquant une « sublime journée », Jérôme Kerviel a salué sur RTL une décision qui le « lave de l'infamie et de l'opprobre » attachées à son nom depuis 2008.
« C'est la première fois qu'une juridiction française reconnaît que Société générale avait connaissance des positions (de marchés) prises par Jérôme Kerviel avant janvier 2008 », date à laquelle éclate l'un des plus gros scandales de la finance internationale, s'est réjoui son avocat, David Koubbi. En tant que telle, la décision des prud'hommes ne change toutefois rien aux autres batailles judiciaires engagées par l'ancien trader, au civil comme au pénal.
L'avocat de la banque, Arnaud Chaulet, a immédiatement dénoncé auprès de l'AFP une décision « scandaleuse », allant à l'« encontre des faits jugés », et fait appel, rappelant que M. Kerviel avait été reconnu coupable au plan pénal pour des manœuvres boursières frauduleuses.
Le conseil de prud'hommes a souligné que le licenciement début 2008, pour « faute lourde », était intervenu pour des faits « prescrits » au regard du droit du travail.
(Source : AFP)


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