Le président du syndicat des hôteliers, Pierre Achkar, a déclaré hier à l'agence al-Markaziya à l'issue d'une rencontre avec l'ambassadeur saoudien au Liban, Ali Awad Assiri, que ce dernier lui avait affirmé « que le royaume n'avait pas interdit à ses citoyens de se rendre au Liban » et s'était contenté de les alerter sur les « risques sécuritaires » pesant sur le pays. Des déclarations qui coïncident avec celles rapportées le 23 mai par le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, suite à un entretien avec M. Assiri.
Selon M. Achkar, les préoccupations saoudiennes en matière de sécurité concernent notamment « la route de l'aéroport » (Raml el-Ali, banlieue sud de Beyrouth) et les autorités du royaume réclament un renforcement de la sécurité dans plusieurs zones, dont celle-ci.
« M. Assiri a promis que l'Arabie saoudite encouragerait, le cas échéant, ses ressortissants à se rendre au Liban », a déclaré M. Achkar à L'Orient-Le Jour. « Le Premier ministre, Tammam Salam, et le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, ont été informés de la position saoudienne », a-t-il ajouté.
Le 23 février, Riyad avait pourtant appelé ses ressortissants à ne pas se rendre au Liban ou à quitter le pays, pour des raisons essentiellement politiques et non sécuritaires. À l'instar du gel de son aide de quatre milliards de dollars aux forces armées, décidé quelques jours plus tôt, il s'agissait de sanctionner la position en retrait du Liban lors de la condamnation par le Conseil de la Ligue arabe en janvier des attaques contre les représentations saoudiennes en Iran. Des mesures similaires avaient d'ailleurs été prises la même semaine par les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et Bahreïn ;
et aucune annonce officielle d'une levée de ces mesures n'a encore été faite à ce jour.
Si les touristes arabes ont représenté 29 % des 1,52 million de visiteurs recensés en 2015, il ne s'agit plus principalement de ressortissants des pays du Golfe, mais surtout d'Irakiens (40 %) – dont la plupart sont des réfugiés –, suivis par les Jordaniens et les Égyptiens ; les Saoudiens n'arrivant qu'en quatrième position dans ce contingent.
P.H.B.


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