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Économie - Liban - Journée de l’industrie

Les zones industrielles, atout maître du gouvernement

La création de trois nouveaux parcs est la plus ambitieuse des mesures adoptées en un an par le ministère de l'Industrie dans le cadre de sa stratégie décennale de soutien au secteur.

Le Premier ministre Tammam Salam (à g.) a estimé que le développement du secteur est intimement lié à une « conjoncture favorable. » Photo Ani

La cérémonie officielle de célébration de la Journée nationale de l'industrie, qui s'est déroulée hier au Grand Sérail, a été l'occasion pour le ministre en charge de ce secteur, Hussein Hajj Hassan, de dresser un premier bilan de l'application de la stratégie de soutien à l'industrie libanaise lancée il y a un an.
L'objectif de ce plan consiste à « augmenter la part de l'industrie dans le PIB libanais de 10 % à 15 % d'ici à 5 à 7 ans », comme l'a affirmé M. Hajj Hassan dans un discours prononcé en présence notamment du Premier ministre libanais, Tammam Salam, et de la chef de la délégation de l'Union européenne au Liban, Christina Lassen.
Une mesure en particulier ressort de ce premier bilan : le lancement, le 26 janvier, d'une étude préliminaire coordonnée par l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) à la création de trois nouveaux parcs industriels.
« L'étude – qui a été financée par un don de 550 000 dollars du gouvernement italien – sera finalisée dans les temps, début 2017 », affirme le représentant de l'Onudi au Liban, Cristiano Pasini. L'Italie a déjà débloqué une ligne de crédit de 7 millions d'euros (7,6 millions de dollars) pour financer l'aménagement de ces 3 parcs dont la construction pourrait être lancée dès 2017 qui doivent contribuer à renforcer la compétitivité de l'industrie libanaise. Des caractéristiques qui font de ce projet pilote la mesure la plus importante parmi celles présentées par le directeur général du ministère de l'Industrie, Dany Gédéon. D'autres mesures prévoyant notamment la construction d'une base de données statistiques pour mesurer la production industrielle nationale ou la finalisation des plans du nouveau bâtiment du ministère de l'Industrie, qui n'a pas souhaité divulguer l'emplacement prévu ni le calendrier et le coûts prévisionnels de l'opération. Par ailleurs, M. Hajj Hassan a également signé hier un accord avec la Fédération arabe pour le développement et les exportations industrielles pour l'établissement de son siège au Liban.

 

(Lire aussi : Des fabricants de produits laitiers épinglés par le ministère de l’Économie)

 

Incitations fiscales
Pour M. Gédéon, les 3 nouvelles zones – 1,4 million de m² à l'est de Zahlé (Terbol), 500 000 m² dans le Chouf (Joun) et 450 000 m² près de Baalbeck – « vont pouvoir accueillir plus d'un millier d'industries sur ces trois zones et créer 20 000 emplois environ », sans toutefois donner plus de précisions quant au type d'industries qui sera implanté. Des mesures d'incitations fiscales – spécifiques à chaque zone ou dépendant du type d'activité exercée par rapport à une zone donnée – doivent également être mises en place afin d'encourager les entreprises à s'y installer. Dans son discours, M. Salam a toutefois estimé que le développement du secteur est intimement lié à une « conjoncture favorable. »

 

(Lire aussi : Hajj Hassan se livre à un réquisitoire tous azimuts contre la politique économique au Liban)

 

« Potentiel latent »
Hasard du calendrier ? Les vertus des zones industrielles et des zones économiques spéciales (ZES) sont aussi à l'honneur dans un dossier spécial contenu dans le dernier rapport semestriel de la Banque mondiale (BM) dévoilé hier. La BM souligne d'abord la nécessité de renforcer les capacités de l'industrie libanaise « dont la faible valeur ajoutée moyenne créée par ses entreprises, à 17,4 %, place le pays en queue de peloton des pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure – de 4 086 à 12 615 dollars. »
Une faiblesse qui peut s'expliquer par les nombreux obstacles que doivent affronter les industriels au Liban – corruption, manque de souplesse des tarifs douaniers pour les importations de certaines matières premières ou encore le rationnement en électricité qui gravite autour de 300 heures. Des maux auxquels les parcs industriels et les ZES peuvent remédier, notamment en raison de « leur capacité à attirer rapidement les investissements » – locaux ou étrangers –, ou encore de « disséminer de nouvelles technologies. »
Les auteurs du rapport considèrent que ces zones sont utiles pour « révéler le potentiel latent d'une agglomération » ou encore permettent de « concentrer les investissements liés aux infrastructures. » Cette concentration – d'entreprises, voire d'activités – permet notamment de rationaliser l'utilisation des ressources utilisées par les industries implantées, de simplifier la planification industrielle et donne la possibilité à plusieurs industries de réduire leurs coûts d'occupation en partageant un même bâtiment.
Elles facilitent également l'application de règlementations difficiles à mettre en œuvre à l'échelle nationale, en matière d'équipement en énergie renouvelable par exemple.
La BM rappelle enfin que le développement d'un parc industriel doit tenir compte des avantages comparatifs des industries qui souhaitent s'y installer, de ceux fournis par sa situation géographique ou encore par son impact environnemental.

Exportations : Hajj Hassan demande l'aide à l'UE et aux pays arabes

Dans son discours pour la cérémonie de la Journée nationale de l'industrie, le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, a demandé aux pays arabes et à l'Union européenne « d'aider » le Liban à « augmenter ses exportations et à diminuer ses importations en provenance de ces pays ». La chef de la délégation de l'UE au Liban, Christina Lassen, a rappelé de son côté « l'importance de la coopération entre l'UE et le Liban dans le domaine de l'industrie ».
Le Liban est membre de la grande zone arabe de libre-échange depuis 2005, tandis que l'accord de libre-échange avec l'UE, entré en vigueur en 2003, s'est finalement traduit par une levée des droits de douane sur les importations en 2015. Des accords régulièrement critiqués par M. Hajj Hassan pour leur effet sur la balance commerciale libanaise.

 

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