Einstein disait : « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à des résultats différents. » La première chose qui m'est venue à l'esprit en lisant cette citation, c'est la question : comment les Libanais dans leur majorité sont toujours capables d'espérer un changement radical de système politique avec les mêmes candidats, les mêmes délégués et les mêmes représentants politiques et sociaux ?
Est-ce qu'on est condamné à vivre dans ce cercle vicieux ?
Sinon, comment s'en sortir ? Cela nécessite d'abord une redéfinition rapide de la conscience individuelle et collective.
À la différence de l'animal qui répond à son instinct et à ses besoins, l'homme, lui, fait preuve d'intention, il dispose du libre arbitre, comme le disait Descartes, qui lui permet de faire ou de ne pas faire, et peut imposer sa volonté, comme le pense Spinoza, et déterminer une action d'une manière rationnelle et réfléchie. C'est en cela que réside la plus grande liberté : le choix. Cette conscience de soi est ce qui permet à l'individu de vivre en société, elle permet de respecter des règles et de poser des limites utiles pour rester en accord avec le groupe. Mais la notion de conscience de soi ne va pas sans les notions de morale, de bien et de mal, qui orientent nos actions et nos jugements et nous permettent de faire la part de ce qui mérite d'être poursuivi et réalisé et de ce qui mérite d'être condamné et empêché. Bref, c'est dans cette perspective de la liberté de conscience que réside le génie humain, le génie insoumis.
Contrairement à la situation libanaise où chaque communauté se sent menacée dans son existence et les esprits sont souvent manipulés par les discours politiques et sociaux, et sous la double pression économique, locale et régionale, cette liberté de conscience chez les individus se trouve anéantie et remplacée peu à peu par un comportement grégaire basé sur les avantages prévus, sous prétexte que la fin justifie les moyens. Bien évidemment, cette attitude perverse contribue à déclencher le sentiment d'appartenance et à renforcer les affiliations et les divisions sectaires. Résultat : la loi de la jungle s'installe, le plus fort survivra, et l'État n'a aucune valeur. C'est le chaos.
Face à cette situation critique, une question urgente doit se poser : comment peut-on lutter contre le despotisme et la corruption ? L'État ne doit-il pas respecter la diversité des citoyens, imposer sa souveraineté et garantir les droits de l'homme ? Bien entendu, c'est l'État de droit basé sur la démocratie et la liberté d'expression, l'égalité et la neutralité envers tous les citoyens et la laïcité qui respecte l'intimité et le statut personnel de chaque communauté.
Tout en sachant la sensibilité et la gravité de la situation libanaise, un éveil de conscience chez les individus ainsi que chez les responsables politiques est indispensable pour l'avenir du Liban. À cette occasion, nous évoquerons une citation de Bertrand Russell : « La peur collective favorise l'instinct grégaire et la cruauté envers ceux qui n'appartiennent pas au troupeau. »
Réveillons-nous, car l'heure est grave, et mobilisons nos efforts dans l'intérêt de notre pays.
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