Photo D.R.
Tout en ensemble chemisier et pantalon jeans, silhouette longiligne et gracile avec des doigts blancs et fins. Les doigts d'une concertiste qui sait restituer au piano ses sortilèges, ses enchantements, sa féerie. Mais aussi sa part de grâce, de rêverie et de virtuosité. Laura Mikkola, formée à l'Académie Sibelius à Helsinki, mais ayant aussi peaufiné sa touche à Philadelphie et dans l'Indiana aux USA, élève de Pressler, Gaffman et Bachkirov, détentrice de plusieurs prix importants, directrice du Festival d'Iitti de musique de chambre, est pour la seconde fois à Beyrouth. « Très heureuse d'y retourner, car j'ai gardé un excellent souvenir de mon premier voyage », dit-elle, tout sourire, après un vol de Paris, où elle a lu un roman policier suédois traduit en finnois, Meurtre en fête de l'été, de Sandhamnin Murhat.
Pourquoi avoir choisi le piano pour s'exprimer ? « Ma mère était pianiste. On avait un Steinway à la maison et cela a constitué un irrésistible point d'attraction pour la musique. La musique que j'aime par-dessus tout. D'ailleurs je ne peux pas comprendre comment on peut vivre sans musique », confie-t-elle en déposant à côté d'elle un bouquet de fleurs qu'on vient de lui offrir à l'aéroport. Et d'enchaîner : « Mais la musique pour moi inclut aussi la musique de chambre (quintette ou quartette) de Brahms, Schumann, Rachmaninov... un répertoire romantique. »
Et vous, êtes-vous romantique ? Le rire est perlé. Et elle continue en tout naturel, dans un français fluide et impeccable : « Je vis à Paris depuis seize ans. Oui, je suis sans nul doute romantique. C'est Paris qui m'inspire, ainsi que sa diversité culturelle... »
« Je connais Abdel Rahmane el-Bacha... »
Pour reprendre le filon de la musique de chambre dont vous êtes directrice depuis quatorze ans à un festival à Iitti, une commune finnoise, avez-vous d'autres préférences ou attirances que ce style concertant ? « Oui, pour me délasser ou me défatiguer, j'aime écouter les grandes symphonies, de Beethoven ou Mozart. Mais j'aime aussi par ailleurs jouer des concertos avec des orchestres symphoniques, tel celui de Prokofiev (interprété plus de 30 fois...), dont j'admire la cadence du premier mouvement. Ce serait bien de le jouer un jour au Liban... » Soudain, une étincelle brille dans ses yeux. Puisse ce pieux vœux être exaucé...
Comment jugez-vous la programmation du concert de ce soir ? Petite pause, et la réponse fuse : « Je commence avec Sibelius, l'air de ma terre natale. Ravel, toujours inspirant, que j'inclus dans mes concerts. Et je termine avec Chopin : c'est magnifique. C'est contrasté et structuré. »
Comme échappant aux partitions en lice, une question hors frontières : « Connaissez-vous des musiciens libanais? » Une autre pause de réflexion, et d'expliquer : « Pas tout à fait... Je vais faire des recherches. Mais je connais le pianiste Abdel Rahmane el-Bacha... »
Un dernier mot au public qui va vous applaudir ce soir ?
« Je suis très heureuse de jouer ici. Le public est superbe et a une bonne écoute. La dernière fois que j'étais à Beyrouth, c'était avec un magnifique Steinway que j'avais fait mon concert. Je garde ce souvenir avec plaisir... Je suis absolument ravie de retrouver le public libanais », répète-t-elle encore.
*Laura Mikkola donne un concert de piano ce soir à l'auditorium Émile Bustani à Beit-Méry à 20h00. Au menu des pages de Sibelius, Liszt, Ravel et Chopin.
Pour mémoire
Rêveries entre deux orages sous les doigts de Laura Mikkola


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine