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Moyen Orient et Monde - Turquie

Erdogan menace l’UE de bloquer l’accord sur les migrants sans exemption de visas

Le nouveau Premier ministre Yildirim forme un gouvernement de fidèles au président.

Les députés applaudissant le Premier ministre turc Binali Yildirim qui présentait hier le 65e gouvernement de Turquie à la Grande Assemblée...

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti l'Union européenne (UE) que le Parlement turc bloquerait la mise en œuvre de l'accord sur les migrants si aucun progrès n'était fait concernant l'exemption des visas pour ses compatriotes. Ces remarques interviennent sur fond de dégradation ces dernières semaines des relations entre Ankara et Bruxelles au sujet notamment du blocage sur les visas et de la situation des droits de l'homme en Turquie, où M. Erdogan cherche à renforcer son pouvoir. Si aucun résultat n'est obtenu sur les visas d'ici au 30 juin, « aucune décision, aucune loi dans le cadre de l'application de l'accord de réadmission (des migrants) ne sortiront du Parlement de la République de Turquie », a déclaré M. Erdogan au cours d'une conférence de presse au Sommet humanitaire mondial à Istanbul.
L'accord sur une libéralisation dès fin juin du régime d'accès des Turcs à l'espace Schengen se trouve au coeur du pacte plus large sur les migrants qui a permis de réduire le flux des passages clandestins vers l'Europe. Mais une exemption de visa avant la date limite semble de plus en plus improbable depuis que M. Erdogan s'est opposé à un assouplissement de la loi antiterroriste turque, l'une des 72 conditions posées par Bruxelles. Lundi, Angela Merkel avait réaffirmé la nécessité de remplir tous les critères avant une telle exemption, estimant que « les conditions ne seront pas encore remplies » à cette échéance.
Autre sujet de tensions entre Ankara et Bruxelles, une promesse d'aide européenne à la Turquie de trois milliards d'euros en 2016, dont le versement est jugé trop lent par M. Erdogan. « La Turquie ne demande pas une faveur. Ce que nous voulons, c'est de la sincérité », a-t-il dit. Au cours d'un Sommet humanitaire mondial inédit qui s'est achevé hier, le président turc a rappelé que la Turquie accueillait trois millions de réfugiés, dont 2,7 millions de Syriens.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a salué le rôle de ce pays « à l'avant-garde de l'action humanitaire », ajoutant qu'il était « décevant » que la plupart des chefs d'Etat et de gouvernement des grandes puissances ne se soient pas rendus au sommet.
M. Erdogan a réitéré sa proposition de construire « à partir de zéro » une ville dans une zone sécurisée dans le nord de la Syrie pour accueillir les réfugiés qui ont fui leur pays, et a dit en avoir parlé avec Mme Merkel lundi au cours de leur rencontre.
Après cet entretien, la chancelière avait fait part de sa « profonde préoccupation » au sujet de l'état de la démocratie en Turquie, quelques jours après la levée de l'immunité parlementaire de dizaines d'élus du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) accusés de soutenir le PKK, ce qu'ils démentent.
Un affaiblissement du HDP pourrait renforcer le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, en plein débat sur une nouvelle Constitution pour instaurer le régime présidentiel voulu par M. Erdogan, accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire.

Transition vers un système présidentiel
Les déclarations du nouveau Premier ministre Binali Yildirim, lors de la présentation au Parlement, hier, de son nouveau gouvernement, devraient renforcer les inquiétudes en Turquie et à l'étranger. « Notre chemin et notre cause sont les tiens », a lancé M. Yildirim lors de son discours au Parlement sous les ovations devant les députés de l'AKP, largement majoritaire dans l'hémicycle, s'adressant au président Erdogan à titre de « notre leader ». Et d'ajouter sans détour que les « travaux pour changer la Constitution actuelle et passer à un système présidentiel seront relancés dans les plus brefs délais ».
Sans surprise, le nouveau gouvernement porte l'empreinte de M. Erdogan. Ce dernier a approuvé la nouvelle équipe
ministérielle où la plupart des poids lourds du précédent gouvernement gardent leur poste, comme Mevlüt Cavusoglu aux Affaires étrangères et Mehmet Simsek, qui conserve le portefeuille de vice-Premier ministre chargé de l'Économie, au soulagement des marchés qui le perçoivent comme un garant de la stabilité. Signe que les relations turco-européennes pourraient ne pas s'apaiser prochainement, un fidèle du président, Omer Celik, a récupéré le portefeuille des Affaires européennes.

(Source : AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti l'Union européenne (UE) que le Parlement turc bloquerait la mise en œuvre de l'accord sur les migrants si aucun progrès n'était fait concernant l'exemption des visas pour ses compatriotes. Ces remarques interviennent sur fond de dégradation ces dernières semaines des relations entre Ankara et Bruxelles au sujet notamment du blocage sur les visas et de la situation des droits de l'homme en Turquie, où M. Erdogan cherche à renforcer son pouvoir. Si aucun résultat n'est obtenu sur les visas d'ici au 30 juin, « aucune décision, aucune loi dans le cadre de l'application de l'accord de réadmission (des migrants) ne sortiront du Parlement de la République de Turquie », a déclaré M. Erdogan au cours d'une conférence de presse au Sommet humanitaire mondial à Istanbul.L'accord...
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