Citibank fait partie des 16 banques accusées de s’être entendues pour manipuler le taux interbancaire Libor. Photo Reuters
Une cour d'appel américaine a estimé hier que 16 grandes banques mondiales pouvaient être poursuivies pour collusion en vue de manipuler le taux interbancaire Libor.
En 2011, un groupe d'investisseurs, dont les villes de San Diego, de Houston et de Baltimore, s'estimant lésés, avaient intenté une action judiciaire pour poursuivre ces établissements financiers pour entente au détriment des consommateurs.
Ils faisaient valoir que ces grandes banques avaient notamment contenu le niveau du Libor pendant la crise financière pour doper leurs bénéfices et embellir leurs bilans respectifs. Les plaignants qui détenaient différents actifs financiers indexés sur le Libor affirmaient que leurs retours sur investissement avaient pâti des pratiques anticoncurrentielles des banques.
Le Libor (pour « London Interbank Offered Rate ») est un taux interbancaire de référence dans le monde de la finance ayant une incidence sur une masse énorme de produits financiers, dont certains prêts aux ménages et aux entreprises.
En 2013, une juge d'instance new-yorkaise avait annulé les poursuites fondées sur les arguments antitrust, faisant valoir que les plaignants n'avaient pas apporté de preuve que la concurrence avait été distordue. Mais, hier, les trois magistrats d'appel lui ont donné tort et estiment même qu'elle s'est trompée en affirmant que les plaignants n'avaient pas prouvé d'entente entre les banques.
Les banques concernées sont les américaines JPMorgan Chase, Citigroup, Bank of America, les britanniques HSBC, Barclays, Lloyds Banking, la canadienne Royal Bank of Canada, les suisses UBS et Crédit Suisse, l'allemande Deutsche Bank, la française Sociéte Générale ou encore la nipponne Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ. Cette décision pourrait leur coûter plusieurs milliards de dollars, selon les analystes.
(Source : AFP)


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