Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères français (à gauche), et son homolgue chinois Wang Yi, lors d’une conférence presse hier à Pékin. Jason Lee/Reuters
En votant contre l'octroi à la Chine du statut d'économie de marché, le Parlement européen a pris une décision « qui n'est pas constructive », a jugé hier le chef de la diplomatie chinoise, à l'occasion d'une rencontre avec son homologue français Jean-Marc Ayrault.
À son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande, avec la promesse d'un réexamen de son statut quinze ans plus tard, d'ici à la fin 2016.
Alors que l'exécutif européen souhaiterait prendre sa décision à ce sujet à l'été, un débat mené la semaine dernière au Parlement européen s'est transformé en réquisitoire quasi unanime des députés contre le « dumping » par Pékin dans l'acier. Dans la foulée, ce débat au Parlement s'est conclu par un vote massif – mais non contraignant à ce stade – contre l'octroi par l'Union européenne du statut d'économie de marché au géant asiatique.
« Nous pensons que cette décision du Parlement européen n'est pas constructive du tout », a réagi Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse avec M. Ayrault. « Le souhait de la Chine est clair, simple et raisonnable, c'est que tout le monde doit tenir les engagements pris » dans le cadre des dispositions du protocole d'accession de Pékin à l'OMC, a insisté M. Wang.
« Nous espérons voir la partie européenne adopter un regard objectif sur le développement de la Chine, respecter les règles du jeu de l'OMC et les obligations juridiques prévues dans les documents internationaux », a martelé le ministre.
La Commission européenne avait jugé mardi dernier qu'octroyer le statut d'économie de marché à la Chine serait un choix « intenable » dans la situation actuelle. Cette option « impliquerait un coût énorme en termes de pertes d'emplois dans l'Union européenne » face aux distorsions imposées, avait dit le commissaire européen Vytenis Andriukaitis.
De fait, le changement de statut pourrait déboucher sur une forte baisse des droits de douane, ce qui inquiète de nombreux industriels européens, lesquels accusent la Chine de vendre à perte – notamment dans la sidérurgie, en faisant plonger les cours mondiaux.
La Commission européenne a d'ailleurs annoncé vendredi l'ouverture d'une nouvelle enquête portant sur certains types d'acier importés de Chine, soupçonnés de bénéficier de subventions publiques et ainsi d'entraver la libre concurrence sur le marché mondial.
Une quinzaine de mesures européennes antidumping ou antisubvention visent déjà les aciers chinois.
(Source : AFP)


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