Le secrétaire d’État américain John Kerry (à gauche) lors de sa rencontre avec le roi Salmane hier en Arabie saoudite. Handout/AFP
Le secrétaire d'État américain John Kerry a eu hier en Arabie saoudite des entretiens centrés avec le roi Salmane, notamment sur la situation en Syrie, en Libye et au Yémen, selon le département d'État. Sa rencontre avec le prince héritier Mohammad ben Nayef a été dominée par « la lutte contre le terrorisme », selon l'agence officielle saoudienne Spa. Pour rappel, Mohammad ben Nayef avait conduit en sa qualité d'adjoint du ministre de l'Intérieur la campagne contre el-Qaëda entre 2003 et 2006, qui avait mis fin à l'implantation du réseau jihadiste en Arabie saoudite. M. Kerry a également remercié le monarque saoudien pour la collaboration « efficace » de son pays avec les États-Unis sur de « nombreux » dossiers. La discussion a porté sur « les questions régionales », notamment « les développements en Syrie », a rapporté Spa.
Les deux parties ont également discuté de « la nécessité de consolider le cessez-le-feu au Yémen, qui a réduit le niveau de la violence » dans ce pays où l'Arabie saoudite intervient depuis plus d'un an à la tête d'une coalition arabe en soutien au gouvernement reconnu internationalement. Selon le département d'État, l'Arabie saoudite et les États-Unis ont apporté leur soutien aux négociations de paix sur le Yémen, qui se déroulent depuis le 21 avril à Koweït.
Réunions à Vienne
M. Kerry a aussi parlé de la Libye, un pays qui a plongé dans le chaos depuis la révolte qui a mis fin au régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le gouvernement américain est prêt à assouplir l'embargo des Nations unies sur les armes en Libye pour aider le gouvernement d'union à lutter contre le groupe État islamique (EI), ont assuré jeudi dernier à l'AFP des responsables et des diplomates.
La visite de M. Kerry en Arabie saoudite intervient avant des réunions internationales prévues cette semaine à Vienne, selon des responsables américains. La première, aujourd'hui, consacrée à la Libye, sera coprésidée par M. Kerry et son homologue italien Paolo Gentiloni, en soutien au gouvernement d'union et « centrée sur la sécurité », en allusion à la lutte contre l'EI, selon le département d'État. Demain, John Kerry réunira le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Ce groupe de 17 pays et de trois organisations internationales, mis sur pied à l'automne 2015, doit « consolider la cessation des hostilités (...), faire en sorte qu'il y ait un accès humanitaire dans tout le pays et accélérer la transition politique » en Syrie entre le régime et les groupes de l'opposition modérée, selon le département d'État.
Cette réunion doit intervenir au moment où la Russie et les États-Unis se sont engagés à « redoubler d'efforts » pour aboutir à un règlement politique du conflit syrien. Si Moscou s'est engagé à faire pression sur Damas pour « limiter » ses bombardements, Washington a de son côté promis d' « augmenter le soutien à ses alliés régionaux pour les aider à empêcher la circulation des combattants, des armes ou des moyens de soutien financier aux organisations terroristes à travers leurs frontières », selon une déclaration commune publiée le 9 mai. De son côté, le quotidien syrien progouvernemental al-Watan a rapporté hier que les pourparlers de paix pourraient reprendre le 23 mai.
Plus de 300 morts
Sur le terrain, les violents combats depuis une vingtaine de jours entre factions islamistes rivales pour le contrôle d'un fief de la rébellion près de Damas ont fait plus de 300 morts, a indiqué hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Samedi, le groupe État islamique s'est emparé brièvement d'un hôpital tenu par le gouvernement à Deir ez-Zor, dans l'Est syrien. « L'EI a attaqué l'hôpital Assad, situé à l'entrée ouest de la ville, tuant au moins 20 soldats et miliciens », avait indiqué en début d'après-midi à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. « Le groupe s'est emparé de l'hôpital et a pris en otage l'équipe médicale », selon le directeur de l'Observatoire, qui avait précisé que les combats se poursuivaient. Quelques heures plus tard, l'OSDH a fait état de la reprise de l'hôpital par les forces du régime, son directeur précisant que les combats avaient fait 24 morts parmi les jihadistes de l'EI et 35 dans les rangs des forces du régime. M. Abdel Rahmane a ajouté que les patients étaient « tous sains et saufs » ainsi que « la majorité du personnel médical ».
L'EI contrôle plus de 60 % de Deir ez-Zor, chef-lieu de la province éponyme qui est en majorité aux mains de ce groupe ultraradical sunnite. Près de 200 000 habitants, totalement assiégés par l'EI, vivent dans la partie gouvernementale de la ville. Le régime contrôle le Sud et l'Est, les jihadistes le centre et le Nord, tandis que l'Ouest est divisé entre les deux parties.
À Alep (Nord), l'OSDH a fait état de sept civils tués, dont deux enfants, au cours des dernières 48 heures dans des tirs de roquettes de groupes rebelles sur les secteurs sous contrôle du gouvernement dans l'ouest de cette ville divisée, où une trêve avait expiré mercredi à minuit sans être prolongée. La télévision nationale a de son côté fait état d'un journaliste de la chaîne blessé ainsi que trois autres personnes par des tirs de roquettes sur les locaux de la radio-télévision à Alep, imputant ces tirs aux « terroristes ».
Au sud-ouest de Damas, de violents combats opposent, à la lisière sud de la ville de Daraya, les groupes rebelles qui contrôlent cette localité aux forces gouvernementales qui l'assiègent depuis quatre ans, a indiqué l'OSDH. L'armée a mené de violents bombardements sur plusieurs secteurs de Daraya, théâtre ces dernières semaines de violences sporadiques, selon l'observatoire.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine