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Tout ça pour ça

« Que Dieu leur donne des jours heureux » ; « Que leurs jours soient meilleurs que les nôtres »... C'est ce que disaient les gens à nos parents pendant la guerre. Quarante ans que cela dure, et Dieu fait la sourde oreille. À part la guerre de 2006 qui n'était certes pas une promenade de santé, la terrifiante vague d'attentats de 2007 et un certain nombre d'incidents plus ou moins graves mais espacés dans le temps, nos enfants n'ont heureusement pas connu le long supplice que nous avons subi, de 1975 à 1991. Peut-on pour autant affirmer que « leurs jours sont meilleurs que les nôtres » ?

Quand ils ont eu l'âge de comprendre, nous avons tenté de leur expliquer la guerre, qu'ils sachent un peu d'où nous venons... et où ils vont. Nous nous sommes aperçus que les mots nous manquaient. Les faits ont été consignés, ça c'est facile, on pouvait les énumérer, pêle-mêle, du Fargo criblé de balles à Aïn el-Remmané au « samedi noir », aux massacres de La Quarantaine, de Damour, de Tall el-Zaatar, d'Achrafieh, de Safra, de Sabra et Chatila, de l'assassinat de Bachir Gemayel à ceux de René Moawad et du mufti Khaled, l'invasion israélienne, les massacres de la Montagne, l'occupation syrienne, la montée en puissance du Hezbollah, les prises d'otages, les attentats contre le Drakkar et les marines ou l'apothéose suicidaire de la « guerre d'élimination » et de la « guerre de libération », pas une année ne passait sans son lot de réjouissances. Raconter, oui, mais expliquer, comment ? Comment justifier le « tout ça pour ça ? », le déchaînement de la violence, l'infini bain de sang, la participation inconsidérée, complaisante ou carrément crapuleuse de chaque faction libanaise aux divers combats, que ce soit entre elles, les unes contre les autres ou les autres contre les premières ?

Comment vous dire les enfants, voyez-vous cette toile, « L'ange du foyer » de Max Ernst ? Ce pantin monstrueux au nom si rassurant, qui avance, aveugle, menaçant de nous piétiner, un pied ferré et l'autre hérissé d'épines ? Et bien ils sont toujours là, nos anges du foyer, et toujours de service. Et dans nos cauchemars les plus doux, c'est à cela qu'ils ressemblent, pantins monstrueux affublés de torchons bariolés. Chacun fait croire à sa communauté qu'il la protège. En réalité, il l'isole, radicalise les autres contre elle, l'exclut du concert citoyen pour mieux lui faire bêler des slogans débiles. Mais quand il s'agit de leurs intérêts personnels, nos anges, oh comme tout à coup ils s'aiment, comme ils sont les doigts d'une même main, comme ils se partagent gentiment la tartine qu'ils nous ont chouravée ! On les a vus faire aux municipales, mais non, leur union factice ne nous a pas impressionnés. Elle n'a fait que mettre en lumière leurs pratiques nauséeuses, leur politique archaïque, leurs comptes étriqués. Tout l'establishment, solidaire contre la société civile ? Le voilà donc leur ennemi commun ? Merci à Beyrouth Madinati de nous avoir prouvé, par sa modeste et pourtant éclatante victoire, que Dieu n'a rien à voir avec l'avenir de nos enfants. À nous de retrousser nos manches et d'observer la réalité avec des yeux décillés. Et ils auront des jours heureux, et leurs jours seront meilleurs que les nôtres.

« Que Dieu leur donne des jours heureux » ; « Que leurs jours soient meilleurs que les nôtres »... C'est ce que disaient les gens à nos parents pendant la guerre. Quarante ans que cela dure, et Dieu fait la sourde oreille. À part la guerre de 2006 qui n'était certes pas une promenade de santé, la terrifiante vague d'attentats de 2007 et un certain nombre d'incidents plus ou moins graves mais espacés dans le temps, nos enfants n'ont heureusement pas connu le long supplice que nous avons subi, de 1975 à 1991. Peut-on pour autant affirmer que « leurs jours sont meilleurs que les nôtres » ?
Quand ils ont eu l'âge de comprendre, nous avons tenté de leur expliquer la guerre, qu'ils sachent un peu d'où nous venons... et où ils vont. Nous nous sommes aperçus que les mots nous manquaient. Les faits ont été consignés,...
commentaires (5)

tres correcte car des unions contre nature des dirigeans n'ont pas ete heureusement suivis par leur moutons , heureusement Vraiment dommage que Beyrouth Madinati n'a pas gagne, cela aurait ete une lecon pour tous les politiciens et surtout dommage que le peuple en general n'a pas ete vote pour signifier a ces politiciens que cela suffit

LA VERITE

15 h 41, le 12 mai 2016

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Commentaires (5)

  • tres correcte car des unions contre nature des dirigeans n'ont pas ete heureusement suivis par leur moutons , heureusement Vraiment dommage que Beyrouth Madinati n'a pas gagne, cela aurait ete une lecon pour tous les politiciens et surtout dommage que le peuple en general n'a pas ete vote pour signifier a ces politiciens que cela suffit

    LA VERITE

    15 h 41, le 12 mai 2016

  • Bien écrit , succin et tout est dit ! Merci Fifi .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 10, le 12 mai 2016

  • L’entrée de Bâïyroûth Mâdînâtî dans le monde est marquée par les cris de ses ennemis qui trahissent 1 contagion interne ; par les appels sauvages de détresse qu’ils lancent contre l’incendie allumé par son idée ! Ces cris de ses ennemis ont pour cette nouveauté, la même importance que le 1er cri d’un enfant à l’oreille inquiète de sa mère. Celui qui lui annonce que ses idées sont vivantes, qu’elles font éclater la carapace sans défaut d'hiéroglyphes que formait le système et qu’elles se sont métamorphosées en citoyens du monde. Les Trois Mages, qui annoncent au monde à grand fracas la naissance du "fils du dieu", se tournent d’abord contre la partie sectaire de la société ; parce que c’est sur ce sentimental côté du public que l’instinct inquisiteur sait, surely, trouver appui ; aussi parce que la populace, dont font partie aussi les ennemis de Bâïyroûth Mâdînâtî, ne peut atteindre la sphère idéale de l’idée que par des bonnes antennes idéales ; et que l’unique cercle d’idées à la valeur duquel la populace croit presque autant qu’aux systèmes des besoins réels, est le petit cercle des idées sectaires. Enfin, parce que tous les sectarismes ne polémiquent pas contre tel système déterminé tel celui de Bâïyroûth Mâdînâtî, mais contre l’idée en général des systèmes déterminés. Cette société civile vraie du présent, ne connait pas 1 sort différent de celui des sociétés vraies du passé. Ce destin est, au contraire, 1 preuve dont l’histoire était redevable à sa vérité !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 28, le 12 mai 2016

  • A nos chers anges , il faut leur faire comprendre toujours que notre martyr est loin de finir tant que ces chefs de tribus depuis 1975 sont les mêmes et le Peuple rien qu'un grand troupeau de Moutons .

    Sabbagha Antoine

    08 h 26, le 12 mai 2016

  • "Quand ils ont eu l'âge de comprendre, nous avons tenté de leur expliquer la guerre, qu'ils sachent un peu d'où nous venons... et où ils vont. Nous nous sommes aperçus que les mots nous manquaient." Nos enfants ne comprendront jamais, quand on tente de leur expliquer l’absurde, "la logique de guerre", quand ils s’aperçoivent qu’on est doué de raison, et qu’on est rarement raisonnable. Nos enfants seront heureux partout sauf au Liban. En diaspora, quand ils seront des "Libanais errants". Nos enfants somnambules après avoir tout dit ou presque sur nos souffrances, s’étonnent de notre fierté de brandir nos trophées de guerres ! Rien à ajouter par exemple à François Mauriac en 1938, « D’un charnier à l’autre, l’humanité n’apprend rien, ne retient rien », en 1938 ! "Quarante ans que cela dure, et Dieu fait la sourde oreille" Ça ne sert à rien de dresser des murs de lamentations. Parler à un mur, alors qu’il est sourd ! Au bonheur de vous lire !

    Charles Fayad

    06 h 58, le 12 mai 2016

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