Photo John Thys/AFP
Quelques semaines après les révélations des Panama papers, le procès des LuxLeaks s'est ouvert hier à Luxembourg, promettant de brasser jusqu'à la semaine prochaine plusieurs sujets brûlants, du statut des lanceurs d'alerte au scandale de l'évasion fiscale. Trois Français, dont un journaliste, ont comparu devant le tribunal correctionnel du Luxembourg, accusés d'avoir fait fuiter près de 30 000 pages éclairant les pratiques fiscales de grandes multinationales établies au grand-duché. Ils encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. Arrivé au tribunal sous les applaudissements et aux cris de « Merci Antoine, Merci Antoine ! » lancés par une cinquantaine de manifestants, le lanceur d'alerte, Antoine Deltour (31 ans), est accusé d'avoir organisé la fuite de ces documents fiscaux du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC) pour lequel il travaillait à Luxembourg. Pendant cette première journée, il ne s'est pas exprimé, mais est apparu plutôt détendu, souriant devant les photographes à son arrivée. « C'est un citoyen qu'il faut absolument soutenir dans son courage, dans son désintéressement », a déclaré son oncle, Pierre Deltour. À Paris, le ministre français des Finances, Michel Sapin, a exprimé sa solidarité avec le lanceur d'alerte. « Vous avez cité Antoine Deltour. Je voudrais à mon tour lui dire toute notre solidarité », a affirmé M. Sapin devant l'Assemblée nationale, en réponse à une question d'un député. « J'ai demandé ce matin à l'ambassadeur de France au Luxembourg et au consulat général de bien vouloir (...) l'aider si nécessaire », a-t-il ajouté. Le procès doit durer jusqu'au 4 mai.


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