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Culture - Spring Festival

Hanane Hajj Ali : Ce qui nous manque au Liban, c’est la culture de la culture

Une performance de danse venue droit de Beijing ouvre, sur un air novateur, le Spring Festival qui se déroule jusqu'au 26 mai. Hanane Hajj Ali, cofondatrice et présidente de ce festival*, répond aux questions de « L'Orient-Le Jour ».

Quels sont les valeurs et l'esprit du Spring Festival ? Et sa particularité dans cette édition ?
Le Spring Festival est régional et itinérant. C'est ce qui lui donne sa spécificité. Inauguré d'abord en Égypte, il a par la suite circulé entre Beyrouth et Le Caire, et, cette année, entre le Liban et la Tunisie. Il se caractérise en second lieu par la présence de grands artistes, de véritables bijoux qui n'ont pas eu l'occasion d'être invités par de grands festivals. À l'instar du grand spécialiste de la musique soufie, Alim Qasimov, qui avait été invité à une édition précédente, ou encore Bassekou Kouyate, joueur de ngoni, un instrument qui ressemble à un petit oud au grand manche et en voie d'extinction. Ces artistes que nous accueillons ont tous l'esprit de maître et disciple, et sont avant tout des passeurs d'art.

En troisième lieu, le Spring Festival fait appel à la démocratisation de l'art et à son accessibilité. S'il est impossible à une grande partie de la population d'accéder à des spectacles et des concerts, vu leur prix coûteux, ce festival leur donne l'occasion, à un prix modique et parfois gratuitement, d'assister à de grandes performances inédites. En outre, nous invitons la population des camps afin qu'ils ne se sentent plus en marge de la société.
Enfin, nous insistons sur la décentralisation de la culture. Le festival visitera plusieurs lieux, espaces et régions comme la Békaa, le Nord ou le Sud. Cette année, plus que les années précédentes, nous multiplions les espaces culturels et les diverses salles, comme le cinéma Metropolis, le Métro al-Madina, le cinéma Istanbouli ou le Yukunkun, où des artistes de musique contemporaine et des DJ y mélangeront leur savoir.

En effet, dans ce festival, le programme est composé de trois axes majeurs. En premier, les représentations des grands ensembles ou artistes. Ensuite, Tazamon, qui rassemble des noms aujourd'hui consacrés et que le festival a accompagnés dès leurs débuts. Ainsi que le programme Redzone, qui donne libre cours aux artistes ayant été victimes de censure ou d'oppression en matière de liberté d'expression. Des danseuses contemporaines pékinoises du Beijing Dance et « keralaises » du Kerala Kathakali Center, aux dramaturges et installations arabes (Tania el-Khoury et Oussama Ghanam), en passant par les musiques maliennes en voie d'extinction. De Bassekou Kouyate & Garana Roots aux projections d'œuvres cinématographiques arabes dont, notamment, Homeland : Iraq Year Zero, un film de cinq heures où le cinéaste irakien Abbas Fahdel vous fera voyager, autant de performances nouvelles qui brisent toutes les frontières linguistiques, politiques, sociales ou artistiques.

 

Quid du financement ?
Cela fait mal d'en parler mais, comme l'a dit un jour Saadallah Wannous alors qu'il était déjà malade : « Nous sommes condamnés à l'espoir. » Ce qui nous manque au Liban, c'est la culture de la culture. Connaître l'importance de cette dernière et savoir que c'est un pain quotidien pour l'esprit. Dans ce festival, nous revendiquons la liberté d'opinion et non la culture du troupeau. Cet événement du printemps est une passerelle pour défendre la mixité des générations. C'est pourquoi il est temps que les autorités comprennent combien il est essentiel de l'aider à survivre. Le ministère de la Culture a contribué cette année avec un petit montant et celui du Tourisme a promis plus pour les jours à venir. Outre le Mawred al-Thaquafi, qui nous soutient dans cette initiative, nous avons de bons partenaires comme le Golden Tulip. Et, cette année, nous avons eu une aide consistante, et j'en suis fière, de l'ambassade de Suisse, qui s'est proposée elle-même de nous soutenir. Certains ont cru en nous et continuent de nous appuyer, mais c'est encore une politique de petits pas.

 

Si vous aviez à participer à un de ces spectacles lequel choisirez-vous ?
Peut-on demander à une mère de choisir parmi ses enfants ? Il y a des artistes que j'ai vu grandir et évoluer. Ce qui me rend très fière. Mais certainement, comme je suis issue du monde du théâtre, je pencherais vers le collectif Kahraba qui présente Landscapes ouf our tears.

 

*Les billets sont en vente à la librairie Antoine. Le programme est disponible sur : www.mawred.org et www.shamslb.org

 

 

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JE DIS QUE C,EST PLUTOT LA MATIERE DE LA MATIERE GRISE !

LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

08 h 48, le 26 avril 2016

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Commentaires (1)

  • JE DIS QUE C,EST PLUTOT LA MATIERE DE LA MATIERE GRISE !

    LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

    08 h 48, le 26 avril 2016

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