Éclairage

Syrie : les limites de la diplomatie... et de la guerre

Des Syriens au milieu des débris provoqués par les bombes à Alep. Ameer Alhalabi/AFP

Les Syriens ne sont pas encore prêts à faire la paix. Tel est le bilan que la communauté internationale peut dresser à l'issue du nouveau cycle de négociations entre le régime et l'opposition à Genève. Alors que le Haut-Comité des négociations (HCN) a quitté les négociations – pour protester contre les bombardements du régime à Idleb – et que la trêve est en train de voler en éclats, c'est l'ombre d'un retour pur et simple à la case départ qui se profile désormais. L'optimisme de la communauté internationale s'est une nouvelle fois heurté à la complexité de la réalité syrienne. Ce qui n'est pas vraiment une surprise compte tenu de l'évolution du rapport de force sur le terrain et de la stratégie de chacun des acteurs.

En effet, pourquoi le régime, dont la position a largement été renforcée par l'intervention russe, accepterait-il aujourd'hui de lâcher du lest alors qu'il refusait de le faire quand il était au plus mal ? De la même façon, pourquoi l'opposition, qui se bat depuis cinq ans pour mettre fin au régime de Bachar el-Assad, accepterait aujourd'hui de « partager » le pouvoir avec ce dernier ? Tant que la position de ces deux acteurs sera aussi radicale et tant qu'ils considéreront tous les deux qu'ils peuvent encore parvenir à leurs fins par la force des armes, les négociations de Genève n'auront aucune chance d'aboutir. Les Russes et les Américains peuvent bien sûr faire pression sur leurs camps respectifs, mais tant que les puissances régionales soutiendront – voire orienteront – les stratégies du régime et de l'opposition, la marge de manœuvre des deux grandes puissances restera assez limitée.

(Lire aussi : Les forces russes en Syrie auraient tiré sur des avions de l'armée israélienne)

 

Gagner la paix
Les Américains sont en pleine année électorale et semblent plus concentrés sur la défaite de l'État islamique (EI) que sur une solution politique en Syrie. Les Russes ont quant à eux beaucoup investi pour soutenir Bachar el-Assad et rien n'indique, pour l'instant, qu'ils lui aient trouvé une réelle alternative pour préserver leurs intérêts. Alors que la voie diplomatique semble à nouveau bouchée, c'est tout naturellement en direction du terrain que tous les yeux se (re)tournent à nouveau.

La trêve, qui ne concernait pas les jihadistes de l'EI et du Front al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda en Syrie), a permis au régime de reprendre Palmyre et de consolider ses positions dans la région d'Alep. C'est désormais sur ce front que devraient se concentrer Damas et ses alliés russes et iraniens. La bataille d'Alep, à laquelle prennent part les forces du régime, les Kurdes du YPG (Unités de protection du peuple), les jihadistes de l'État islamique et les forces rebelles, devrait être déterminante pour l'avenir de la Syrie, dans le sens où ces quatre acteurs ont chacun leur propre agenda politique. L'autre front déterminant est celui de Raqqa, dans la ligne de mire des forces kurdes, qui attendent le feu vert américain pour lancer la grande offensive. Washington semble pour l'instant temporiser pour ne pas heurter la sensibilité d'Ankara.

Toutes importantes soient-elles, les évolutions sur les fronts d'Alep et de Raqqa ne règlent pas pour autant les problématiques fondamentales. À partir du moment où les forces qui s'emparent de nouveaux territoires ne sont pas vraiment accueillies comme des troupes libératrices, le problème politique concernant la représentativité du pouvoir n'est pas réglé. Autrement dit, les forces qui gagneront la guerre devront ensuite gagner la paix. Et cette victoire ne peut avoir lieu que sur le terrain de la diplomatie.

 

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Les Syriens ne sont pas encore prêts à faire la paix. Tel est le bilan que la communauté internationale peut dresser à l'issue du nouveau cycle de négociations entre le régime et l'opposition à Genève. Alors que le Haut-Comité des négociations (HCN) a quitté les négociations – pour protester contre les bombardements du régime à Idleb – et que la trêve

commentaires (1)

Nous dire que les kurdes attendent le feu vert us pour attaquer raqqaille, qui les temporise pour ne pas heurter la sensibilite turque est d'une évidence manifeste de la connivence entre des bactéries diluees ou pures , les usa et la turquie . Les saoudos sont de bons vassaux , mais ils ne décident de rien, ils peuvent faire de temps en temps la forte tête, mais il suffirait que les usa froncent de yeux par divers moyens , arrêts de livraisons d'armes, serrer les finances des bactéries etc... pour que tout rentre dans l'ordre. Je disais que les usa et les russes sont d'accord pour une chose au moins avant de se désengager du M.O c'est dégager erdo, mais aussi peut être permettre que les bactéries dégagent de Alep , parce que là aussi erdo tient encore toute sa force pour faire chanter l'Europe.

FRIK-A-FRAK

14 h 47, le 23 avril 2016

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Commentaires (1)

  • Nous dire que les kurdes attendent le feu vert us pour attaquer raqqaille, qui les temporise pour ne pas heurter la sensibilite turque est d'une évidence manifeste de la connivence entre des bactéries diluees ou pures , les usa et la turquie . Les saoudos sont de bons vassaux , mais ils ne décident de rien, ils peuvent faire de temps en temps la forte tête, mais il suffirait que les usa froncent de yeux par divers moyens , arrêts de livraisons d'armes, serrer les finances des bactéries etc... pour que tout rentre dans l'ordre. Je disais que les usa et les russes sont d'accord pour une chose au moins avant de se désengager du M.O c'est dégager erdo, mais aussi peut être permettre que les bactéries dégagent de Alep , parce que là aussi erdo tient encore toute sa force pour faire chanter l'Europe.

    FRIK-A-FRAK

    14 h 47, le 23 avril 2016