L’accolade entre rivaux politiques. Photos Randa Takieddine
Dans le cadre magnifique de la Résidence des Pins, le président François Hollande a offert un dîner auquel il a convié les hauts responsables du pays, les chefs de file des partis politiques, un nombre très restreint de ministres – ceux dont les homologues français étaient présents, c'est-à-dire Défense et Culture – et de députés, et environ quatre-vingt personnes du monde socioculturel triées sur le volet. À quelques rares exceptions, les convives n'étaient pas invités avec leurs conjoint(e)s.
Grand absent, le Hezbollah, dont le bureau des relations publiques avait annoncé, dès vendredi, qu'il n'y aura « aucune rencontre entre le parti et le président français ». Quant à Samir Geagea, il a fait une petite apparition avant de quitter les lieux. Mais c'est Sleiman Frangié qui a marqué la soirée : grand séducteur, il a donné une large accolade et même un gros baiser au général Aoun.
On retiendra aussi l'ambiance conviviale, les sourires XXL aux lèvres et les éclats de rire fusant dans la salle. L'allocution de François Hollande a été chaleureusement applaudie, mais c'est en faisant le tour des tables pour saluer un à un ses invités que la flèche de sympathie a grimpé à une allure affolante. Les grands de ce monde sont populaires où ils le peuvent, pas là où ils le veulent...
Quatre dames trônaient...
Le locataire de l'Elysée était assis entre le président de la Chambre Nabih Berry et le Premier ministre Tammam Salam. Leur table a réuni les anciens chefs de la République Michel Sleiman et Amine Gemayel ; les ex-Premiers ministres Michel Aoun, Nagib Mikati et Saad Hariri, le vice-Premier ministre Samir Mokbel, le ministre de la Culture Rony Araiji ; le président de l'Institut du monde arabe et ancien ministre de la Culture Jack Lang ; Jacques Saadé, fondateur et président de CMA CGM, troisième compagnie de fret maritime dans le monde et première en France, ainsi que l'ambassadeur de France à Beyrouth Emmanuel Bonne. Quatre dames trônaient parmi eux : la ministre française de la Culture Audrey Azoulay, dont le côté joyeux et easy going a ravi ses voisins de table ; Nora Joumblatt, Nayla Saadé et Hind Darwich. Elles avaient misé sur un classique du dressing, la petite robe, généralement noire, et toute chic. Car le carton d'invitation précisait Tenue de ville. Pour une fois, Beyrouth était sans strass ni paillettes...
À la table voisine, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian était en compagnie du chef de l'armée Jean Kahwagi, du ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk, du nouveau président de la Fondation maronite dans le monde Neemat Frem, de la représentante du Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) au Liban Mireille Girard, Amal Makarem et l'ex-ministre Ziyad Baroud, qui a été présenté par l'un des invités à Jack Lang en ces termes : « Voici le maronite plébiscité par plus d'un million de Libanais pour être président de la République, mais il n'a jamais présenté sa candidature ! » Une longue et chaleureuse conversation a suivi entre les deux hommes avant l'échange de leur carte de visite.
Les chefs de partis (Walid Joumblatt, Sleiman Frangié, Gebran Bassil et Samy Gemayel) présidaient chacun une table. Le leader druze, qui avait eu dès son arrivée à la Résidence des Pins un aparté avec François Hollande qu'il connaît depuis des lustres (internationale socialiste oblige...) a dîné avec Constance Rivière, conseillère spéciale de Hollande en charge de la culture et de la communication, le président du Comité du musée Nicolas Sursock et ancien ministre Tarek Mitri, Nayla de Freige, Gaby Tamer et l'écrivain Alexandre Najjar qui a offert à François Hollande son Dictionnaire amoureux du Liban. « J'aurai aimé le recevoir avant de venir au Liban », lui a dit le président. Quant à Sleiman Frangié, il était assis avec Jacques Audibert, le sherpa G7 et G8 de François Hollande.
(Voir aussi : La visite de François Hollande au Liban en images)
... et Ghassan Salamé
Les élections municipales de Beyrouth étaient au cœur d'une des conversations entre la candidate de Beyrouth Madinati May Daouk, le chef du parti Kataëb Samy Gemayel et Taymour Joumblatt, qui se sont retrouvés à la même table que Jérôme Bonnafont, directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient au ministère français des Affaires étrangères, le député Serge Ter Sarkissian, Gisèle Khoury, Nidale Achkar et Fouad Naïm. Participaient également à ce dîner la députée Bahia Hariri, le nonce apostolique Mgr Gabriele Caccia, la chef de la Délégation de l'Union européenne au Liban Christina Lassen, la coordinatrice spéciale du secrétaire général des Nations unies Sigrid Kaag, le président de la Chambre du commerce Mohammad Choucair et Laurent Stifanini chef du protocole, tout récemment nommé ambassadeur auprès de l'Unesco. Avec ce dernier, cheikh Michel el-Khoury a dit haut et fort ce que pense tout bas une grande majorité de Libanais : honte au Liban de ne pas soutenir la candidature de Ghassan Salamé à la direction générale de l'Unesco.
Parmi l'assistante aussi, Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, dont il dirige le bureau de Beyrouth ; Arnaud Pescheux, premier conseiller à l'ambassade de France, et le premier secrétaire Sabrina Aubert, sans oublier Randa Takieddine, qui couvrait la visite du président Hollande au Liban pour le quotidien al-Hayat. Armée de son appareil photo, elle a immortalisé quelques figures de la soirée. C'est d'ailleurs elle qui nous a fourni les clichés publiés dans cette rubrique.
Et le menu ? Ah, le menu... En entrée, les invités ont dégusté un foie gras de la Ferme Saint-Jacques aux morilles, avant de saliver devant un dos de cabillaud au jus de homard et des pommes savonnettes. Ils ont ensuite savouré un plateau de fromages, puis un croustillant de fruits rouges au mascarpone. Le repas a été arrosé de Pouilly fumé Mademoiselle T 2014, Château de France 2011, Pessac Léognan et un champagne Roger Barnier Brut.
Bain de foule...
Quelques heures plus tôt, à 18h30, 800 invités avaient investi les jardins de la Résidence offrant à François Hollande un véritable bain de foule. La réception qui a rassemblé un bon nombre de Français et de binationaux a été ponctuée par la Marseillaise interprétée par la Chorale de l’université Antonine et du discours du président, qui a provoqué des salves d'applaudissements à chaque fois qu'il évoquait de Gaulle. Comme de bien entendu.
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Mais oui, j'avais pas remarqué ; désolé ; Nayla de Freige oblige....
10 h 52, le 19 avril 2016