La bonne nouvelle du lundi

Ariella Masboungi, lauréate en France du Grand Prix 2016 de l’urbanisme

Crise des déchets, attentats, coupures d'électricité, malaise social, clivages politiques accrus, tensions communautaires... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

L’architecte-urbaniste franco-libanaise Ariella Masboungi a remporté le 30 mars dernier le Grand Prix de l’urbanisme 2016, parrainé par le ministère français du Logement et de l’Habitat durable. Photo DR

L'architecte-urbaniste franco-libanaise Ariella Masboungi a remporté le 30 mars le Grand Prix de l'urbanisme 2016, parrainé par le ministère français du Logement et de l'Habitat durable.
Cette inspectrice générale du développement durable, qui travaille au sein de ce ministère, a été récompensée à l'unanimité des membres d'un jury international souverain présidé par le directeur général de l'aménagement, du logement et de la nature au sein du ministère. La cérémonie officielle de remise de prix, présidée par sa ministre de tutelle Emmanuelle Cosse, aura lieu en décembre prochain.

«J'ai été très touchée par le plébiscite des acteurs de l'urbanisme qui m'ont largement mise en tête de la consultation, considérant que j'avais permis de faire avancer la discipline de l'urbanisme en France», déclare Ariella Masboungi, 67 ans, à L'Orient-Le Jour. «C'est très émouvant pour moi, car je m'étais surtout occupée de promouvoir les urbanistes et faire connaître les avancées conceptuelles et méthodologiques de l'urbanisme européen, sans considérer que ce prix pouvait me revenir», ajoute-t-elle. «Il n'a pas été aisé pour moi de recevoir le Grand Prix de l'urbanisme, car je suis celle qui l'a refondé en lui donnant une plus grande ampleur», explique Mme Masboungi. Fondé en 1989, le prix n'a pas été remis de 1993 à 1998, date à laquelle l'urbaniste l'a relancé. Cette récompense vient s'ajouter à une riche carrière.

Née au Liban d'un père chrétien et d'une mère issue de la diaspora juive européenne, Ariella Masboungi a obtenu son diplôme d'architecture à l'Université libanaise (UL) en 1973, puis a étudié à l'Institut d'urbanisme de l'Université Paris-Est Créteil (Upec), où elle a par la suite enseigné, avant d'obtenir son diplôme d'architecte en France deux ans plus tard.

« Le Liban, un incroyable petit pays »

L'urbaniste a débuté sa carrière au sein de l'administration française en terminant major du concours d'urbaniste d'État en 1980. Après avoir intégré un temps l'agence d'urbanisme de Marseille, Ariella Masboungi a été rappelée au sein de l'administration centrale, créant des ateliers de projets urbains, lieux d'échange et de débat sur des thèmes variés. Ex-présidente de l'École d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée et actuellement membre d'un groupe de recherches coordonné par la prestigieuse université de Princeton, aux États-Unis, elle a dirigé de nombreux ouvrages consacrés à l'urbanisme. Un parcours qui fait d'elle l'une des figures importantes de la discipline en France.

«L'urbanisme, c'est à la fois beaucoup et rien. L'urbanisme est l'art de bien faire la ville pour tous. Il s'agit de créer du lien entre les hommes, entre les fonctions et entre les espaces», explique-t-elle. «Spontanément, la ville va vers l'exclusion, le gaspillage des ressources et le chaos. Sans une vision du devenir du territoire, il n'y a pas d'avenir pour les villes», ajoute-t-elle.

Officier de l'ordre du Mérite, Ariella Masboungi a en outre reçu vendredi les insignes d'officier de la Légion d'honneur en reconnaissance de son engagement dans le monde de l'architecture et du développement durable.

Dans un discours prononcé à cette occasion, Mme Masboungi, qui vient «de temps en temps au Liban, surtout pour les amis et la famille de (son) mari», a évoqué ses racines libanaises. «Le Liban est un incroyable petit pays aux habitants étonnants d'inventivité et de prise d'initiative, et au sens collectif proche de zéro, a-t-elle déclaré. Si j'ai longtemps rejeté les valeurs libanaises, étant élevée dans le culte des valeurs françaises, je suis convaincue que ma vie personnelle et professionnelle est étroitement dépendante de cette origine, d'autant que j'ai appris après une longue bouderie à aimer ce que je détestais et à admirer l'esprit d'entreprise au Liban.»

Avec ces mots, Ariella Masboungi décrit les relations ambivalentes que peuvent entretenir avec leur pays d'origine nombre de Libanais expatriés qui, comme elle, ont redécouvert une partie de leur identité à l'aune de leur brillante carrière à l'étranger.


Dans la même rubrique
Pierre Abi Haila porte son Egstrate sur la première marche du podium

La Libanaise Fadia Ghossayn, femme de l'année en Australie

En Tanzanie, un architecte libanais conçoit le « village de l’enfance heureuse »

Stephen Karam, le dramaturge qui cartonne à Broadway

« La grande dame de Tyr » nommée ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco


L'architecte-urbaniste franco-libanaise Ariella Masboungi a remporté le 30 mars le Grand Prix de l'urbanisme 2016, parrainé par le ministère français du Logement et de l'Habitat durable.
Cette inspectrice générale du développement durable, qui travaille au sein de ce ministère, a été récompensée à l'unanimité des membres d'un jury international souverain présidé par le...

commentaires (1)

Tout cela donne de la chaleur au Coeur mais nous laisse toujours perplexe pour se demander mais pourquoi le Liban n'arrive pas encore à trouver une solution à ses ordures ni à sa production de l'électricité.

Raminagrobis

16 h 25, le 05 juillet 2016

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Tout cela donne de la chaleur au Coeur mais nous laisse toujours perplexe pour se demander mais pourquoi le Liban n'arrive pas encore à trouver une solution à ses ordures ni à sa production de l'électricité.

    Raminagrobis

    16 h 25, le 05 juillet 2016