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La Libanaise Fadia Ghossayn, femme de l’année en Australie

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21/03/2016

La grande histoire de la diaspora libanaise est jalonnée de fabuleux destins dans les quatre coins du monde. Celui de Fadia Bou Dagher Ghossayn, figure de la communauté libanaise en Australie, est singulier.
À l'occasion de la Journée internationale de la femme, la présidente de la Fondation libano-australienne (ALF) a remporté le 9 mars à Sydney le prix A.H. Beard de la femme de l'année 2016, dans la catégorie Héros de la communauté.

Très sollicitée par les médias depuis la remise de son prix, Fadia Ghossayn enchaîne les interviews et les apparitions publiques. « Ce prix récompense l'Australie, les femmes et la communauté libanaise. C'est un geste très important, réagit-elle », interrogée par L'Orient-Le Jour.
« Cette distinction est l'une des cinq récompenses décernées chaque année depuis 2012 par l'État de la Nouvelle-Galles du Sud (NSW), dont Sydney est la capitale, pour rendre hommage à la contribution exceptionnelle des femmes en NSW dans les domaines de l'industrie, de la communauté et de la société, et mettre en lumière leurs grandes réalisations », explique le site dédiée aux NSW Women of the Year Awards.

Héroïne de la communauté, Fadia Ghossayn l'est sans doute. Engagée dans de très nombreuses associations, cette professeure en chirurgie dentaire ne compte plus les heures consacrées aux démunis et à l'importante communauté libanaise en Australie dont elle est l'un des symboles les plus éclatants.
« Nous constituons l'une des plus importantes communautés étrangères installées depuis plus d'un siècle en Australie. Une autre vague d'immigration a pris place dans la foulée de la guerre civile. Malgré les difficultés de certains, de nombreux Libanais ont construit en Australie de belles réussites », raconte Fadia Ghossayn, femme aux multiples casquettes.

Success story
La success story de Fadia Ghossayn débute il y a 54 ans à Mrouj, sur les hauteurs du caza du Metn. Sportive accomplie, originaire de Hadeth el-Jebbé, près de Bécharré, elle poursuit des études en dentisterie. Ses recherches lui valent d'écrire dans des revues médicales américaines et d'être nommée en 1999 doyen de la faculté de médecine dentaire à l'Université libanaise (UL), une première pour une femme.
La guerre civile va provoquer un premier choc dans sa vie et lui insuffler un esprit de solidarité qu'elle continue de cultiver aujourd'hui. Pour aider les enfants dont les parents ont été tués durant la guerre civile, elle fonde en 1990, avec d'autres personnes, l'organisme caritatif Auxilia qui aide aujourd'hui plus de 500 familles au Liban. Son envie d'aider les autres ne l'a jamais quittée. Aujourd'hui, elle est bénévole active à Sydney dans une association caritative venant en aide aux personnes en difficulté.

En 1999, Fadia Ghossayn entame une nouvelle vie. Elle quitte le Liban pour l'Australie où elle intègre la communauté libanaise installée dans ce pays-continent et traversée, par d'importantes difficultés d'assimilation et des poussées de violence. Sa mission est toute trouvée : réussir l'intégration de la communauté au sein de la société australienne tout en renforçant ses liens avec le pays d'origine.
Après avoir jeté des ponts entre l'UL et l'Université de Sydney où elle exerce désormais, Fadia Ghossayn crée en 2001 la Fondation libano-australienne. Sous sa férule, la fondation a financé les frais de scolarité de 84 étudiants issus de la communauté libanaise en Australie et organisé de nombreuses conférences sur le thème de la tolérance, de la citoyenneté et de la mixité sociale.

Elle dirige également le bureau de la Fondation maronite dans le monde en Australie, organisant chaque année des voyages au Liban pour des jeunes attachés à leurs origines.
« Il est très important que les Libanais puissent s'intégrer de la meilleure manière possible. Et pour le faire, je crois qu'il est nécessaire de garder un certain attachement à son pays d'origine », explique Fadia Ghossayn.
En plus de ses engagements, la jeune femme élève ses deux jumeaux, Josette et Wadih, avec son époux Georges Ghossayn, un homme d'affaires à qui elle dit devoir beaucoup. « Sans mon mari, jamais tout ceci n'aurait été possible. Il m'a aidé à ouvrir les portes, notamment par le biais de ses connaissances qui nous ont octroyé des aides financières », souligne-t-elle.

Mais d'où tire-t-elle toute son énergie ? La réponse sera simple. « Lorsque l'on veut faire des choses, on trouve toujours le temps, affirme-t-elle. Les résultats que l'on obtient, fruit d'un travail collectif, sont également une véritable source de motivation. »
Son amour viscéral pour le Liban est pour elle un vrai catalyseur : « Je viens chaque année au Liban, aussi bien pour mes fonctions au sein de l'UL que pour prendre un vrai bol d'air. J'aime marcher dans la nature, boire de l'arak et déguster un bon taboulé. »

 

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