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Moyen Orient et Monde - Syrie

La trêve menacée à la reprise de pourparlers de paix « cruciaux »

L'OSDH fait état d'une recrudescence notable des opérations militaires, notamment dans la province d'Alep.

Patrouille des forces gouvernementale dans la ville de Khan Tuman le 11 avril 2016, dans la province d’Alep, où l’armée a renforcé sa présence. AFP/George Ourfalian

La trêve en Syrie semblait de plus en plus fragile hier, à la veille de la reprise des négociations de paix à Genève, le régime, les jihadistes et les rebelles se préparant pour une bataille décisive dans la province septentrionale d'Alep. Washington, Paris mais aussi Téhéran se sont dit inquiets d'un récent regain de violences et d'une possible violation du cessez-le-feu instauré par les Américains et les Russes et qui tenait globalement depuis le 27 février. Qualifiés de « cruciaux » par l'émissaire spécial pour la Syrie Staffan de Mistura, les nouveaux pourparlers intersyriens doivent en effet démarrer aujourd'hui, trois semaines après un premier round n'ayant pas permis d'avancée majeure. Cette reprise coïncidera avec les élections législatives que le régime de Bachar el-Assad organise aujourd'hui dans les zones qu'il contrôle. Il s'agit du second scrutin depuis le début de la guerre en 2011, qui est dénoncé comme « illégitime » par l'opposition et par les pays occidentaux.
En attendant, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a fait état d'« une recrudescence notable des opérations militaires, notamment dans la province d'Alep, par rapport au mois de mars ». Le Premier ministre Syrien Waël al-Halqi avait prévenu dimanche que le régime et ses « partenaires russes » étaient prêts à lancer une offensive pour reprendre Alep. À Washington, le porte-parole du département d'État Mark Toner a dit la « préoccupation » des États-Unis face aux offensives qui se préparent pour le contrôle d'Alep « alors qu'il y a là-bas des groupes d'opposition concernés par la cessation des hostilités ». « Tout le monde doit se concentrer sur le Front al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda) et Daech (acronyme en arabe de l'EI) », a-t-il affirmé, en référence à l'EI qui a d'ailleurs pris à al-Nosra la majorité du camp palestinien de Yarmouk, à Damas. Inquiétude également à Téhéran, principal allié régional du régime syrien, qui a dénoncé des violations du cessez-le-feu à l'occasion d'une visite hier de M. de Mistura. De son côté, la France a averti hier la Syrie et ses alliés que leurs offensives autour d'Alep et dans la banlieue de Damas risquaient de provoquer l'échec des pourparlers intersyriens.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est, lui aussi, alarmé des menaces qui pèsent sur la trêve en Syrie, qui a facilité notamment les livraisons d'aides à la population. « Le cessez-le feu a (...) donné à la population beaucoup plus qu'un simple accès aux marchés, il leur a donné un accès à l'aide. Il leur a donné de l'espoir », a déclaré à l'AFP le numéro 2 du PAM, Matthew Hollingworth. « Et la fin du cessez-le-feu doucherait cet espoir. » En visite lundi à Damas, M. de Mistura avait aussi souligné l'importance de préserver la trêve, même si elle reste fragile.

« Alep, la clé »
Sur le terrain, les combats font rage entre les troupes du régime et ses alliés comme la Russie, d'une part, et les jihadistes d'el-Qaëda et des alliés rebelles d'autre part sur plusieurs fronts le long de l'autoroute Alep-Damas. Province morcelée entre régime, rebelles, jihadistes et Kurdes, « Alep détient la clé de la paix ou de la guerre en Syrie », a affirmé le directeur de l'OSDH à l'AFP. Comme l'EI, le Front al-Nosra est exclu de l'accord de cessation des hostilités. Mais il combat aux côtés de groupes rebelles qui sont concernés par la trêve. Les affrontements se déroulent notamment à al-Eis, au sud d'Alep, que l'armée tente de reprendre à al-Nosra qui l'avait conquise fin mars. Les quartiers rebelles de la métropole elle-même ont été bombardés par les avions du régime lundi, alors que depuis la cessation des hostilités, le nombre de raids de l'armée de l'air syrienne avait nettement diminué. Aucune frappe n'a eu lieu hier mais les habitants ont peur de sortir de chez eux. La télévision d'État iranienne a fait état par ailleurs de la mort de quatre soldats iraniens dans des combats avec le Front al-Nosra au sud d'Alep. De son côté, l'armée turque a bombardé, hier, des cibles de l'EI dans le nord de la Syrie en riposte à une nouvelle attaque à la roquette contre la ville turque de Kilis. Deux roquettes tirées depuis le territoire syrien ont touché hier cette ville frontalière, visée pour le deuxième jour consécutif. Selon le maire de Kilis, huit personnes ont été blessées. Une roquette a touché une voie de circulation tandis que la deuxième a atteint un terrain inoccupé. Deux militaires russes ont également été tués dans le crash de leur hélicoptère Mi-28 près de la ville de Homs en Syrie, a annoncé mardi le ministère russe de la Défense cité par l'agence publique Ria Novosti, précisant que l'engin n'avait pas été la cible de tirs. « Deux membres d'équipage sont morts. Leurs corps ont été récupérés lors d'une opération de sauvetage et se trouvent actuellement sur la base de Hmeimim », dans le nord-ouest de la Syrie, a indiqué le ministère, précisant que le crash avait eu lieu dans la nuit de lundi à hier.

(Sources : agences)

La trêve en Syrie semblait de plus en plus fragile hier, à la veille de la reprise des négociations de paix à Genève, le régime, les jihadistes et les rebelles se préparant pour une bataille décisive dans la province septentrionale d'Alep. Washington, Paris mais aussi Téhéran se sont dit inquiets d'un récent regain de violences et d'une possible violation du cessez-le-feu instauré par les Américains et les Russes et qui tenait globalement depuis le 27 février. Qualifiés de « cruciaux » par l'émissaire spécial pour la Syrie Staffan de Mistura, les nouveaux pourparlers intersyriens doivent en effet démarrer aujourd'hui, trois semaines après un premier round n'ayant pas permis d'avancée majeure. Cette reprise coïncidera avec les élections législatives que le régime de Bachar el-Assad organise aujourd'hui dans les...
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