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Moyen Orient et Monde - Scandale

L’Église de France annonce des mesures pour lutter contre la pédophilie

Après une série de polémiques, la Conférence des évêques assure vouloir faire « toute la lumière » sur ce type d'agressions perpétrées en son sein.

De gauche à droite : le porte-parole des évêques de France, l’évêque Olivier Ribadeau-Dumas, l’archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, et l’évêque de Pontoise, Mgr Stanislas Lalanne. Bertrand Guay/AFP

L'Église de France s'est engagée hier à faire « toute la lumière » sur tous les cas de pédophilie, « même anciens », impliquant des prêtres, après une série de polémiques sur la gestion des affaires de pédophilie par la hiérarchie catholique.
La Conférence des évêques de France a décidé d'une série de mesures, a annoncé son président, Mgr Georges Pontier. « Dans l'histoire des diocèses, des cas particuliers demeurent, même anciens, sur lesquels il est nécessaire de faire la lumière. Nous nous engageons à faire ce travail comme nous le faisons sur les cas portés à notre connaissance, notamment par les victimes », a déclaré Mgr Pontier. Des « cellules d'accueil et d'écoute » seront mises en place dans chaque diocèse et un site Internet permettra aux victimes de les contacter directement, a-t-il indiqué. Une « commission nationale d'expertise indépendante »sera en outre créée. « Présidée par une personnalité laïque qualifiée et composée d'experts (anciens magistrats, médecins, psychologues, parents...) », elle aura « pour mission de conseiller les évêques dans l'évaluation des situations de prêtres ayant commis des actes répréhensibles », selon le discours lu par Mgr Pontier.
Ces engagements sont très attendus de la part d'une hiérarchie catholique sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines, à la suite notamment de la mise en cause de l'un de ses membres les plus influents, le cardinal Philippe Barbarin. Le cardinal, archevêque de Lyon depuis 2002, est ciblé par deux enquêtes pour « non- dénonciation » d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts entre 1986 et 1991 par un prêtre de la région, le père Bernard Preynat. Ce dernier, en activité jusqu'en août 2015, a été inculpé le 27 janvier après avoir reconnu les faits. Une association regroupant ses victimes reproche à Mgr Barbarin de ne pas avoir dénoncé ses actes à la justice, alors qu'il en était informé depuis 2007.
L'Église de France revendique ses efforts contre la pédophilie depuis la condamnation, inédite, en 2001 d'un de ses évêques pour non-dénonciation. Mais les récentes révélations ont montré sa difficulté face aux cas anciens et dans sa réponse aux victimes. Se défendant à la mi-mars d'avoir « jamais couvert le moindre acte de pédophilie », le cardinal Barbarin avait ainsi souligné que les faits avoués par le père Preynat étaient prescrits lorsqu'il en avait été informé. « Grâce à Dieu », avait-il maladroitement ajouté. Les responsables de l'épiscopat font désormais valoir que, si des dossiers sont juridiquement prescrits, « aucune prescription morale » ne tient en matière de pédophilie. A fortiori dans une institution qui se doit d'être exemplaire.

Décisions malheureuses
« Nous comprenons mieux la profondeur de la blessure subie et la possibilité que nous n'ayons pas géré toujours les situations de la meilleure manière », a en outre écrit hier Mgr Pontier dans le quotidien Le Monde. « Notre collaboration avec les autorités judiciaires doit être totale, notre écoute des victimes ouverte et bienveillante », a affirmé le prélat, archevêque de Marseille, évoquant des décisions passées « malheureuses ». Concernant les faits récents, la « tolérance zéro » prônée par le Vatican semble désormais largement partagée. Ainsi, en Guyane, un prêtre s'est dénoncé la semaine dernière sur ordre de sa hiérarchie. Il sera jugé pour des attouchements sur mineur.
Mais la communication épiscopale connaît encore des ratés, à l'image de la polémique déclenchée la semaine dernière par l'évêque de Pontoise, Mgr Stanislas Lalanne. Ce dernier, pourtant responsable d'une « cellule de veille » de l'Église de France sur la pédophilie, a répugné à qualifier spontanément de « péché » tout acte pédophile, invoquant des considérations théologiques. Devant la polémique, il est revenu sur ses propos en assurant que « la pédophilie, dans tous les cas, est un péché objectivement grave », « un crime atroce qui offense Dieu », reprenant une citation du pape Benoît XVI. Mais le mal était fait.
De toutes parts, l'Église française est invitée à agir plus volontairement et parler plus clairement contre la pédophilie. Des intellectuels catholiques l'ont appelée à « faire éclater la vérité en appelant les coupables à se dénoncer et les victimes à témoigner ».
(Source : AFP)

L'Église de France s'est engagée hier à faire « toute la lumière » sur tous les cas de pédophilie, « même anciens », impliquant des prêtres, après une série de polémiques sur la gestion des affaires de pédophilie par la hiérarchie catholique.La Conférence des évêques de France a décidé d'une série de mesures, a annoncé son président, Mgr Georges Pontier. « Dans l'histoire des diocèses, des cas particuliers demeurent, même anciens, sur lesquels il est nécessaire de faire la lumière. Nous nous engageons à faire ce travail comme nous le faisons sur les cas portés à notre connaissance, notamment par les victimes », a déclaré Mgr Pontier. Des « cellules d'accueil et d'écoute » seront mises en place dans chaque diocèse et un site Internet permettra aux victimes de les contacter directement, a-t-il...
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