Le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, a indiqué que « deux projets de loi seront introduits au Parlement d’ici à la semaine prochaine », le premier sur la réforme controversée des retraites et le second sur celle de l’impôt sur le revenu. Yannis Behrakis/Reuters
La Grèce a assuré hier soir « être très près d'un accord » avec le quartette de ses créanciers (UE, FMI, BCE, MES) malgré la suspension des discussions entre les deux parties sur les réformes qu'Athènes doit réaliser, le temps d'assister à une réunion du FMI.
« Nous sommes très près d'un accord avec les institutions (...) Les décisions définitives seront prises d'ici au 22 avril ou au plus tard le 26 avril » lors d'un éventuel Eurogroupe extraordinaire (réunion des ministres des Finances de la zone euro), a affirmé le ministre des Finances Euclide Tsakalotos.
M. Tsakalotos a indiqué que « deux projets de loi seront introduits au Parlement d'ici à la semaine prochaine », le premier sur la réforme controversée des retraites et le second sur celle de l'impôt sur le revenu. L'objectif du gouvernement est d'adopter ces lois « d'ici à la fin avril », mais « nous sommes ouverts à toute remarque de la part de nos créanciers », a souligné M. Tsakalotos lors d'une conférence de presse conjointe avec les ministres de l'Emploi Georges Katrougalos et de l'Économie Giorgos Stathakis. Il a précisé qu'en raison de l'importance du projet de loi sur les retraites, le gouvernement voudrait qu'il ne soit pas voté en procédure d'urgence comme c'était le cas de la plupart des lois dictées par les créanciers. Ainsi, la procédure parlementaire doit commencer le plus tôt possible pour qu'il soit voté juste après la conclusion définitive des négociations, soit fin avril, a-t-il dit.
Quelques heures auparavant, hier à l'aube à l'issue de longues discussions avec les représentants des créanciers, M. Tsakalotos avait annoncé que les deux parties « avaient décidé d'une pause pour aller à Washington » et qu'il y avait eu « des progrès » vers un compromis. La porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili a précisé qu'il y a eu des progrès aux négociations mais « sans recul du gouvernement sur ses lignes rouges », notamment en matière de retraites.
Le ministère de l'Emploi a pour sa part affirmé dans un communiqué que le compromis discuté « garantit la totale protection des pensions » actuelles et fixe pour les futurs retraités un « taux de remplacement proche » de celui de 60 % proposé au départ par le gouvernement.
« Négociations compliquées »
Les négociations, reprises le 4 avril, visent à faire le point sur les douloureuses réformes et mesures d'économie réclamées à Athènes afin de permettre le déblocage d'une nouvelle tranche de prêts à la Grèce, qui devra rembourser en juillet quelque 3,5 milliards d'euros (4 milliards de dollars) à la BCE.
La Grèce, qui doit faire face en première ligne à la crise migratoire, avec un État exsangue après six ans d'austérité, attend aussi d'un accord l'ouverture de négociations pour un allègement de sa dette publique. Mais l'épilogue se fait attendre, au vu des divergences entre Athènes et les bailleurs de fonds sur l'ampleur des sacrifices réclamés aux Grecs, en particulier en matière de réforme des retraites et de règlement des créances douteuses, et des désaccords entre le FMI et les prêteurs européens sur les capacités de rebond de l'économie grecque.
« Les négociations sont compliquées (...) », a rappelé M. Tsakalotos en soulignant les différences de points de vue entre le FMI et l'UE sur les perspectives de l'économie grecque d'ici à 2018, lors de la fin du programme grec entamé en été dernier après un troisième prêt international accordé au pays.
(Source : AFP)


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