Un groupe de 45 Pakistanais est parti vers 05h00 GMT de l’île de Lesbos vers le port turc de Dikili dans le cadre de l’accord entre Ankara et Bruxelles. Ozan Kose/AFP
La Grèce a procédé hier à un nouveau renvoi de 124 migrants en Turquie en application de l'accord entre l'UE et la Turquie. Il s'agit de la deuxième opération de renvoi depuis lundi, quand, sous vaste couverture médiatique, 202 personnes avaient déjà été renvoyées depuis les îles de Lesbos et Chios. Comme lundi, le nouveau renvoi comprend une majorité de Pakistanais (111), et deux Bangladais, quatre Irakiens, quatre Indiens, un Marocain, un Égyptien et un homme se présentant comme palestinien, mais aucun Syrien, contrairement à lundi où il y en avait deux, selon un communiqué du gouvernement.
Signé à Bruxelles le 18 mars, mais critiqué par l'Onu et des ONG, l'accord UE-Ankara prévoit le retour en Turquie de tout migrant arrivé en Grèce à partir du 20 mars et n'ayant pas fait de demande d'asile ou dont la demande a été rejetée. En contrepartie, l'UE s'engage pour chaque Syrien renvoyé à en « réinstaller » un autre depuis la Turquie dans un pays membre, dans la limite de 72 000 places.
Outre une manifestation de quelques dizaines de personnes scandant notamment « Honte à vous, l'UE » sur le port de Mytilène hier, trois militants des droits de l'homme ont été arrêtés puis relâchés après avoir tenté d'empêcher le départ en s'accrochant à l'ancre du premier bateau. L'accord UE-Turquie, qui fait suite à la fermeture totale de la route des Balkans début mars, vise à endiguer le flux migratoire vers l'Europe. L'année dernière, plus d'un million de personnes, en majorité des Syriens, sont entrées en Europe via surtout les îles grecques.
« Arrêtez les déportations »
Par ailleurs, Berlin a indiqué hier avoir constaté une baisse de deux tiers des demandes d'asile en Allemagne en mars par rapport à février. Les demandes sont passées de 120 000 en décembre à 60 000 en février et 20 000 en mars, a annoncé le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière. « On ne peut absolument pas contester que le reflux des arrivées est dû à la fermeture de la route des Balkans », début mars, a concédé le ministre, insistant aussi sur les vertus de l'accord UE-Turquie : « Il y a maintenant une solution européenne », a-t-il dit. Il a toutefois admis qu'« il ignorait si des routes alternatives, notamment entre l'Italie vers la Libye, vont s'ouvrir ni comment l'Italie va réagir ».
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a jeté un froid en prévenant jeudi que la Turquie ne remplirait pas sa part de l'accord si l'UE ne respectait pas elle-même ses promesses, comme l'exemption des visas dès juin pour les citoyens turcs voulant se rendre en Europe.
(Source : AFP)


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