Des protestataires, hier, devant les bureaux de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ) en faveur de l’Arménie. Joe Klamar/AFP
L'Azerbaïdjan et les autorités séparatistes de la région disputée du Nagorny-Karabakh ont annoncé hier avoir conclu un accord de cessez-le-feu après quatre jours d'intenses combats. Cette annonce intervient quelques heures avant le début d'une réunion à Vienne entre Américains, Français et Russes, parrains du fragile processus de paix dans cette région stratégique du Caucase.
Les interrogations demeurent concernant le sort des territoires conquis par les armées de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan pendant les affrontements les plus violents qui ont opposé ces deux pays ces vingt dernières années.
Les bombardements se sont arrêtés hier après une nuit ponctuée par des tirs sporadiques d'artillerie, selon un photographe de l'AFP présent dans le village azerbaïdjanais de Terter, situé près de la ligne de front.
L'Azerbaïdjan affirme avoir pris le contrôle samedi de plusieurs hauteurs stratégiques au Nagorny-Karabakh et a annoncé son intention d'y « renforcer » ses positions. Pour leur part, les autorités séparatistes, soutenues par l'Arménie, n'avaient affirmé être prêtes à discuter d'une trêve que si elles récupéraient le terrain perdu dans la région, reconnu comme appartenant à l'Azerbaïdjan par la communauté internationale.
Le président arménien, Serge Sarkissian, avait quant à lui estimé qu'un cessez-le-feu ne serait possible que si les militaires des deux camps retournaient aux positions qu'ils occupaient avant la reprise des hostilités.
Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé hier matin la mort de 16 de ses soldats ces dernières 48 heures, portant le bilan à au moins 64 morts parmi les militaires et les civils des deux côtés de la ligne de front depuis vendredi soir.
Sur le plan diplomatique, le groupe de Minsk sur le Karabakh, constitué au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de représentants de la France, des États-Unis et de la Russie, et chargé de trouver une issue à ce « conflit gelé » depuis plus de 20 ans, s'est réuni hier à Vienne et a appelé à respecter le cessez-le-feu.
Les coprésidents du groupe (trois ambassadeurs spéciaux russe, américain et français) doivent également se rendre « dans les prochains jours » à Erevan, Bakou et dans le Nagorny-Karabakh.
Le groupe de médiateurs internationaux avait exprimé dès samedi sa « vive préoccupation » devant le risque d'une escalade et appelé les belligérants à « prendre toutes les mesures nécessaires pour stabiliser la situation sur le terrain ».
Le jeu d'Ankara
La Turquie, alliée traditionnelle de l'Azerbaïdjan, a pour sa part multiplié les déclarations fracassantes. Mardi, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu que son pays resterait aux côtés de l'Azerbaïdjan « jusqu'à l'apocalypse ».
La crise a également été le « sujet numéro 1 » d'une conversation téléphonique lundi entre le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov, selon le département d'État.
Les deux ministres avaient appelé à la fin des combats et « condamné les tentatives de "parties extérieures" au conflit d'aggraver la confrontation », a rapporté de son côté le ministère russe de la Défense.
Moscou visait ainsi le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a pris le risque d'attiser les tensions en martelant que « le Karabakh retournera un jour, sans aucun doute, à son propriétaire originel », l'Azerbaïdjan.
Ce conflit, dont les sources remontent à plusieurs siècles mais qui s'est cristallisé à l'époque soviétique lorsque Moscou a attribué ce territoire en majorité peuplé d'Arméniens à la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan, intervient dans une région du Caucase stratégique pour le transport des hydrocarbures, à proximité de l'Iran, de la Turquie et du Proche-Orient.
L'escalade militaire est survenue au moment où la Russie, qui a de bonnes relations avec l'Arménie, et la Turquie traversent une grave crise diplomatique sur fond de guerre en Syrie.
Après une guerre ayant fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement azerbaïdjanais, le Nagorny-Karabakh est passé sous le contrôle de forces séparatistes proches d'Erevan.
Aucun traité de paix n'a été signé et après une période de calme relatif, la région a connu ces derniers mois une nette aggravation des tensions, Erevan estimant même fin décembre qu'on était revenu à la « guerre ».
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
C'est une guerre chrétien orthodoxe/sunnite . Avant qu'on vienne nous dire guerre chiite /sunnite du fait que l'Iran est avec les génocidés arméniens contre la turquie sunnite allié des bensaouds et des us du côté de l'azerbdian .
19 h 12, le 06 avril 2016