Pool/Ye Aung Thu/AFP
Le nouveau président birman, un proche d'Aung San Suu Kyi, a prêté serment, hier, devant le Parlement à Naypyidaw, marquant le début d'une nouvelle ère pour ce pays qui a subi des décennies de domination militaire. « Je promets d'être fidèle au peuple de la République birmane », a déclaré Htin Kyaw, arrivé au Parlement aux côtés d'Aung San Suu Kyi, tous deux vêtus de longyis, la jupe traditionnelle birmane. Dès le départ, Htin Kyaw a en effet accepté ce rôle de doublure de la Prix Nobel de la paix, empêchée de devenir présidente en raison d'une Constitution héritée de la junte. La Constitution interdit en effet cette fonction à quiconque a des enfants de nationalité étrangère, ce qui est le cas d'Aung San Suu Kyi, qui a deux fils britanniques. Le nouveau président et ami d'enfance d'Aung San Suu Kyi y a d'ailleurs fait allusion quelques heures plus tard lors de la passation des pouvoirs avec le président sortant Thein Sein, évoquant une « réforme de la Constitution qui conduira à une démocratie » pleine. Sous-entendant permettant à Aung San Suu Kyi de devenir présidente dans cinq ans. Aung San Suu Kyi, qui n'a pas réussi à faire changer la Constitution pour devenir présidente, sera par défaut à la tête d'un « superministère » nouvellement créé, comprenant notamment les Affaires étrangères. Elle a prêté serment à ce titre, comme les autres membres du gouvernement, après Htin Kyaw. Aung San Suu Kyi et son équipe devront aussi manœuvrer pour gérer les relations avec l'armée birmane, qui reste très puissante politiquement, avec un quart des sièges au Parlement tenu par des militaires non élus.


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