Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Ronald Barakat

Mon chemin de croix (2e partie)

8e station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.
Et pendant que tu vas ton Chemin, des femmes courageuses, pacifiques, tendres et aimantes, de par leur nature qui ressemble à la tienne, se dirigent vers ta croix pour te consoler, pour te laver les blessures de leurs pleurs. Et tu leur demandes de « ne pas pleurer sur toi », mais sur le genre humain comme pour les appeler à racheter, par leur tendresse de femmes, la cruauté des hommes, à noyer dans leurs larmes de mères les actes ignobles de leurs fils, à dissoudre dans leur cœur sensible de sœurs la dureté de leurs frères.

9e station : Jésus tombe pour la troisième fois.
Me voici rechuter dans la hargne collective, impersonnelle, et dans ma fange intime, personnelle. Tu es là, à terre, une fois de plus, et je découvre tes plaies qui saignent dans ma conscience. Et me voici, comme ce démoniaque, accourir vers toi pour t'invoquer et te reconnaître, malgré le Mal qui m'habite. Je me sens tiraillé, écartelé, en pleine convulsion intérieure, comme un possédé en état d'exorcisation. Étrangement, j'ai moins peur de me trahir. D'ailleurs, les bourreaux sont beaucoup plus occupés à te fouetter pour que tu te relèves qu'à prêter attention au déséquilibré qui t'accompagne, riant et pleurant à la fois. Et au moment où tu te relèves, le démoniaque est miraculeusement guéri. Tu es tombé pour la troisième fois, et moi pour la dernière.

10e station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.
Te voilà arrivé au bout de leurs haines, mais non de tes peines : sur le lieu appelé Golgotha. Avant d'être dépouillé de tes vêtements, tu t'es dépouillé, par les flagellations et les écorchures du chemin de croix, de ta propre chair. Toi qui possèdes tout, tu t'es dépossédé pour moi, le vicieux, l'ingrat, l'envieux, le lâche, le « démoniaque guéri » ; pour moi, le « mauvais larron », qui s'est bonifié par ton dépouillement. On me dépouille à mon tour, tout près de toi, après avoir promis de m'épargner en échange de ma coopération. Mais je m'en doutais depuis le début. On avait juré de me gracier, et me voici touché par ta grâce. Me voici, à présent, dépouillé de mes vêtements sociaux et familiaux ; dépouillé de mon amour, de mes proches, de mes biens, de ce que j'avais de plus précieux, et jeté comme une loque à tes côtés... pour me vêtir de ta Passion rédemptrice.

11e station : Jésus est crucifié.
Je vois les crucifieurs étendre tes bras endoloris sur le patibulum, plaquer tes mains sur les extrémités pendant que tes yeux fixent le ciel, ta demeure. Et moi je fixe tes mains, oubliant les miennes. Un clou se pointe, de chaque côté, un marteau se lève et le clou s'enfonce dans ton poignet, et ton gémissement s'élève, profond, stoïque, grandiose, embrassant le mien et l'emportant avec lui jusqu'aux confins de la délivrance. On te hisse sur le pieu ;
je te suis. Je te suis comme je l'avais fait depuis le début du chemin, mais cette fois avec un amour parfait. On te plie les jambes, on ajuste un gros clou et, à chaque coup de marteau, un ange tressaille à tes pieds. Et te voici, le cœur et le corps en croix, brillant dans la ténèbre, de toute la phosphorescence de tes blessures et des miennes, et me voici, calqué à tes côtés, à vivre le privilège d'être avec toi, de mourir avec toi, à réprimander le mauvais larron, trouble-fête. Merci, Jésus, pour cet honneur immérité !

12e station : Jésus meurt sur la croix.
Jésus, même si tu as pris toutes mes souffrances, moi je sais ce que tu éprouves sur cette croix : je sais que tu étouffes pour être suspendu à tes poignets, les bras distendus et surélevés, le thorax affaissé ; je sais que pour chercher une bouffée d'air tu dois prendre appui sur tes pieds saignants et subir les décharges névralgiques si douloureuses, dues au triple enclouage. Et pourtant, tu as abondé de paroles, de sentiments et de générosités ! Tu as trouvé la force et le temps, durant ton agonie, pour finir ton testament. Tu as noué un lien filial : « Femme, voici ton fils. Voici ta mère. » Tu as fait preuve d'une divine miséricorde en demandant à ton Père de pardonner à tes bourreaux « car ils ne savent pas ce qu'ils font ». Ton supplice sur la croix ne t'a pas empêché d'entendre ma confession et de m'absoudre. Lorsque je t'ai demandé, suppliant, de te souvenir de moi quand tu viendras dans ton règne tu m'as ouvert sans hésitation les portes de ton paradis : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. » Ô toi qui avais demandé « d'aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée », moi je fais plus : je t'adore, Seigneur, je t'adore ! L'atmosphère s'obscurcit, s'épaissit et pèse sur ta poitrine accablée. Le temps s'embrume et vole à ton secours pour te souffler ses vents et t'asperger de ses larmes rafraîchissantes. Tu reprends des forces ultimes pour pousser, dans un soulagement, un « Tout est accompli » que les courants d'air répandront aux quatre coins du globe. Ta tête appesantie sous ton casque d'épines, douchée de ton sang, se balance de douleur... Puis, dans un roulement de tonnerre qui ouvre les entrailles du ciel pour ne jamais les refermer, tu te délivres de tes clous et tu te livres au Père : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ». Tu me devances de peu... pour m'accueillir. J'ai juste encore le temps et le privilège de voir le soldat enfoncer sa lance dans ton flanc droit et te percer le cœur pour sentir ton eau me purifier et ton sang me vivifier, avant de te rejoindre.

13e station : Jésus est descendu de la croix.
Me voici détaché de ma croix pour flotter vers ta croix, de laquelle on te fait descendre vers les bras de ta mère qui, après avoir bercé son enfant, dans la joie, vient bercer son fils, dans l'affliction. La mère qui, après cet accomplissement, devient la mère de douleur portant le fils après que la Vierge a porté l'Enfant, pour ainsi comprendre l'humanité dans sa maternité. Ô toi qui es bénie entre toutes les femmes, prie pour mon âme ! Et je vois resplendir, au bout du tunnel, le Fils dans sa lumière en croix.

14e station : Jésus est mis au tombeau.
Non ! Jésus n'est pas mis au tombeau ! Je puis vous l'affirmer. Il s'est remis au Père. Ce qui est mis au tombeau, ce sont nos péchés que son corps a expiés pour les y enfouir à jamais. Ce qui est mis au tombeau, c'est notre inhumanité que son martyre est venu humaniser, voire diviniser, pourvu que l'on témoigne de sa Passion et que l'on s'éveille à sa résurrection. Celle-ci jaillira du tombeau pour nous irradier jusqu'à nos jours et pour toujours. Elle « explosera » du tombeau pour nous faire exploser de joie et laisser des traces, indélébiles – « non faites de main d'homme » – sur le linceul. Afin que celui qui a des yeux voie sa victoire contre la mort, partant la nôtre. Et que « celui qui a des oreilles entende » son message. Alléluia !

8e station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.Et pendant que tu vas ton Chemin, des femmes courageuses, pacifiques, tendres et aimantes, de par leur nature qui ressemble à la tienne, se dirigent vers ta croix pour te consoler, pour te laver les blessures de leurs pleurs. Et tu leur demandes de « ne pas pleurer sur toi », mais sur le genre humain comme pour les appeler à racheter, par leur tendresse de femmes, la cruauté des hommes, à noyer dans leurs larmes de mères les actes ignobles de leurs fils, à dissoudre dans leur cœur sensible de sœurs la dureté de leurs frères.
9e station : Jésus tombe pour la troisième fois.Me voici rechuter dans la hargne collective, impersonnelle, et dans ma fange intime, personnelle. Tu es là, à terre, une fois de plus, et je découvre tes plaies qui saignent dans ma conscience....
commentaires (1)

ALLÉLUIA!!! IL EST RESSUSCITÉ!!!! MERCI M. BARAKAT DE NOUS RAPPELER QUE JÉSUS NOUS A SAUVÉS PAR SA PASSION ET SA RÉSURRECTION! "VOTRE" CHEMIN DE CROIX INSPIRE LA RÉFLEXION, LA PRIÈRE ET LE RECUEILLEMENT! JOYEUSES PÂQUES Á TOUS!

Zaarour Beatriz

23 h 09, le 25 mars 2016

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • ALLÉLUIA!!! IL EST RESSUSCITÉ!!!! MERCI M. BARAKAT DE NOUS RAPPELER QUE JÉSUS NOUS A SAUVÉS PAR SA PASSION ET SA RÉSURRECTION! "VOTRE" CHEMIN DE CROIX INSPIRE LA RÉFLEXION, LA PRIÈRE ET LE RECUEILLEMENT! JOYEUSES PÂQUES Á TOUS!

    Zaarour Beatriz

    23 h 09, le 25 mars 2016

Retour en haut