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Partenariat culturel

Lancement d’un portail des Bibliothèques du Levant

Huit institutions dans six pays méditerranéens (au Liban, la Bibliothèque orientale et l'Ifpo) ont signé une convention multilatérale avec la Bibliothèque nationale de France pour la sauvegarde numérique de leurs données.

Carole Dagher, attachée culturelle de l’ambassade du Liban, présidente de l’AABOB, et Bruno Racine, président de la BnF. Photo Isabelle Jullien-Chazal/BnF

Un portail numérique des Bibliothèques du Levant pour contribuer à la sauvegarde, la diffusion, la numérisation et la valorisation des bibliothèques de l'Orient méditerranéen : quoi de plus approprié pour préserver et faire connaître les trésors recelés par des collections inestimables, souvent en danger?
Huit institutions dans six pays sont partenaires de ce projet porté par la Bibliothèque nationale de France (BnF). Leurs représentants ont signé avec le président de la BnF, Bruno Racine, une convention multilatérale lors d'une réunion de lancement et de présentation du portail du Levant. Il s'agit de : la Bibliothèque orientale de Beyrouth (USJ) au Liban, représentée à Paris par Carole Dagher, attachée culturelle à l'ambassade du Liban en France et présidente de l'Association des amis de la Bibliothèque orientale de Beyrouth (AABOB), l'Institut dominicain d'études orientales (Le Caire), le Centre d'études alexandrines (Alexandrie), l'Institut français d'études anatoliennes (Istanbul), l'Institut français d'archéologie orientale (Le Caire), l'Institut français du Proche-Orient (Beyrouth), l'École biblique et archéologique française (Jérusalem). Le Centre numérique des manuscrits orientaux (Irak), fondé par les dominicains à Mossoul (aujourd'hui repliés sur Erbil en ayant réussi à sauver de précieux manuscrits sur les chrétiens d'Orient), pourrait également rejoindre le projet.

De 1800 à la Seconde Guerre mondiale
Le corpus du portail portera sur les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie, Égypte, Turquie, auxquels s'ajoute l'Irak). Il concernera la période allant de 1800 à la Seconde Guerre mondiale et s'articulera sur des axes se rapportant aux lieux, aux hommes, aux religions, à l'archéologie, à l'orientalisme, aux voyages et à des collections rares de la presse du XIXe siècle ayant contribué au mouvement de renaissance littéraire du monde arabe.
Son importance est évidente dans la conservation d'un patrimoine universel exceptionnel, partiellement numérisé à ce jour alors même que le contexte politique fait peser sur lui des menaces tangibles. Via la bibliothèque numérique de la BnF et de Gallica, les documents bénéficieront d'une visibilité importante et d'une garantie de conservation pérenne, soulignent les membres de l'équipe de préparation du site.
Si la BnF conserve plus de 10 000 ouvrages imprimés et manuscrits relatifs à l'Orient méditerranéen, ainsi qu'un ensemble iconographique impressionnant (estampes, photographies, cartes et plans, monnaies et médailles) et une centaine de périodiques en langue arabe, couvrant le XIXe siècle, la Bibliothèque orientale de Beyrouth est riche, quant à elle, de 200 000 imprimés, 1800 titres de journaux et revues, 3500 manuscrits, plus de 2000 cartes géographiques et plans ainsi qu'une photothèque de plus de 70000 archives photographiques. Elle contient l'une des plus grandes collections de manuscrits arabes chrétiens réunis en un seul lieu. L'importance de son fonds réside dans son apport à la connaissance des pratiques scientifiques dans le monde arabe médiéval, ainsi qu'à celle de l'histoire et du rôle des chrétiens d'Orient, transmetteurs de la science grecque à la civilisation arabo-musulmane classique.
Le portail des Bibliothèques du Levant devrait favoriser les échanges intellectuels et interreligieux (en français, en arabe et en anglais), assurer une diffusion de la connaissance et un accès aux chercheurs au-delà des frontières nationales, accélérer le dialogue des cultures, prenant ainsi à contre-pied les tendances au repli sur soi et à la méconnaissance de l'autre qui traversent notre monde. Il sera présenté à l'occasion de l'exposition sur les chrétiens d'Orient prévue à l'Institut du monde arabe, à l'automne 2017.

 

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Bruno Racine à L'OLJ : Le Liban, symbole d'un Orient fécond

Le président de la BnF ne cache pas son enthousiasme. Il s'est personnellement impliqué dans la recherche des financements nécessaires pour soutenir ce projet et a réussi à décrocher notamment le mécénat de la Fondation Total.
Reconduit deux fois à la tête de la prestigieuse institution française, Bruno Racine s'est illustré par une politique d'acquisition de manuscrits anciens et d'archives d'écrivains, grâce aux appels au don public et au recours au mécénat d'entreprise.
Cet ancien conseiller culturel de Jacques Chirac, proche d'Alain Juppé, agrégé de lettres classiques, écrivain, explique son attirance pour le Levant par ses origines marseillaises. « J'ai une sorte de tropisme méditerranéen que n'ont pas atténué mes études classiques gréco-latines, explique-t-il. Ajoutez à cela le fait que le Moyen-Orient est un sujet de préoccupation permanent. Il y a la conscience que dans ces bouleversements stratégiques, une certaine culture du vivre-ensemble est menacée, des patrimoines matériels et immatériels aussi, culturels et spirituels. Or c'est tout un réseau d'institutions savantes et culturelles, françaises ou autres, qui sont dépositaires de ce patrimoine. Les constituer en communauté à travers le numérique nous permet non seulement de le conserver, mais aussi de le transmettre et de le diffuser. D'où l'idée du portail du Levant, qui s'appuie sur les bibliothèques de ces institutions. »
Dans ce projet, « le Liban occupe une place importante, car il demeure, malgré toutes les vicissitudes, difficultés et tensions autour, le symbole de cet Orient divers, extraordinairement fécond sur les plans intellectuel et spirituel, précise le président de la BnF. C'est donc un projet humaniste que nous voulons porter ensemble, au-delà de son aspect scientifique, technique et documentaire. »
Les liens tissés avec le Liban, qu'il a visité par trois fois, avaient conduit Bruno Racine à conclure un accord avec la Bibliothèque nationale, en novembre 2013, visant à conforter l'action de celle-ci. L'accord avait été signé à Matignon en présence du Premier ministre d'alors, Nagib Mikati. Il attend toujours sa mise en œuvre.

 

Pour mémoire
Fin de chapitre pour al-Bourj !

La bibliothèque est-elle uniquement une collection de livres ?

« La Grande Guerre et le Liban » en mots et en photos


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