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À La Une - turquie

Attentat d'Istanbul : "A qui sera le tour de mourir demain?"

Après le nouvel attentat suicide qui a secoué l'avenue Istiklal, un jeune Turc apporte son témoignage à L'Orient-Le Jour.

Un nouvel attentat suicide a tué quatre touristes étrangers et fait une trentaine de blessés samedi dans une célèbre avenue touristique d'Istanbul, dernière d'une série sans précédent d'attaques meurtrières qui secoue la Turquie depuis l'été. REUTERS/Kemal Aslan

Nebi Baran travaille dans un hôtel de la grande avenue Istiklal, près de l'emblématique place Taksim, à Istanbul. C'est sur cette avenue touristique qu'un "kamikaze" s'est fait exploser samedi en fin de matinée, tuant quatre touristes étrangers et faisant une trentaine de blessés.

"Nous avons évité un carnage", lâche le jeune Turc de 25 ans, encore sous le choc. Car la rue Istiklal, une artère piétonne et commerçante, sur la rive européenne de la plus grande ville du pays, est empruntée chaque jour par des centaines de milliers de personnes.

Samedi, en début de soirée, la rue Istiklal était moins fréquentée qu'à l'accoutumée, les autorités ayant alerté la population sur les menaces pesant contre la sécurité. "La peur règne sur toute la Turquie, les gens évitent de sortir, raconte Nebi. D'Ankara à Istanbul, aucune ville turque n'est épargnée. Aujourd'hui, les terroristes ont réussi à toucher le cœur d'Istanbul, l'endroit le plus prisé de la ville. Dans les rues, les gens se regardent comme s'ils se demandaient : à qui sera le tour de mourir demain?".

"Ce sont des citoyens innocents qui perdent leur vie, déplore le jeune Turc. Il faut que cela s’arrête!" Mais Nebi Baran craint que ce ne soit pas aussi facile : "Le terrorisme est alimenté par plusieurs causes, il n'a ni race, ni religion, ni langue. Aucune ville du monde n'est épargnée".

Ce nouvel attentat suicide est le dernier en date d'une série sans précédent d'attaques meurtrières qui secouent la Turquie depuis l'été. Nombre de ces attentats ont été revendiqués par un groupe radical kurde proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), en représailles à la mort de civils lors des opérations menées par l'armée et la police contre la rébellion kurde dans le sud-est anatolien. Samedi, le PKK s'est désolidarisé de toute opération contre les civils. "Nous présentons nos condoléances aux victimes de cette attaque", a déclaré l'Union des communautés du Kurdistan (KCK), qui chapeaute toute la mouvance rebelle kurde. Le pays a en outre été la cible d'attaques attribuées aux jihadistes. En octobre, deux kamikazes avaient fait 103 morts à Ankara. Puis en janvier, un autre avait tué 12 touristes allemands en se faisant exploser près de la Mosquée bleue à Istanbul.

Pour Nebi Beran, "il est clair que le PKK se cache derrière l'attentat de samedi". Et de lancer : "Le terrorisme n'a d'ailleurs pas de nom. Le PKK, l'Etat islamique et tous les autres groupes terroristes se ressemblent. Ils veulent semer la peur".

Et de conclure : "Aujourd'hui, Istanbul n'est pas la seule ville qui a besoin de nos prières. Mais aussi Beyrouth, Bagdad, Paris... et toute région touchée dernièrement par le terrorisme. La solidarité est la seule façon de faire face à ce fléau. Le monde doit être uni, sinon le pire est indéniablement à venir".

 

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Nebi Baran travaille dans un hôtel de la grande avenue Istiklal, près de l'emblématique place Taksim, à Istanbul. C'est sur cette avenue touristique qu'un "kamikaze" s'est fait exploser samedi en fin de matinée, tuant quatre touristes étrangers et faisant une trentaine de blessés.
"Nous avons évité un carnage", lâche le jeune Turc de 25 ans, encore sous le choc. Car la rue Istiklal,...
commentaires (3)

A qui ? Mais, à l'Iran.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 59, le 20 mars 2016

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Commentaires (3)

  • A qui ? Mais, à l'Iran.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 59, le 20 mars 2016

  • Ajoutons victimes sunnites des voleurs juifs de la terre de Palestine .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 55, le 20 mars 2016

  • Il n'y a qu'un pays épargné. Celui qui vole les terres et qui abat des victimes de ce vol de terre en toute impunité.

    FRIK-A-FRAK

    00 h 57, le 20 mars 2016

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