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Moyen Orient et Monde - Crise Des Migrants

Tractations « compliquées » à Bruxelles pour boucler un accord avec la Turquie

Les Européens reçoivent aujourd'hui Ahmet Davutoglu.

Les dirigeants de l'UE s'attendaient à des tractations difficiles, hier soir à Bruxelles, pour boucler un accord avec la Turquie censé stopper l'afflux de migrants vers l'Europe.
Plusieurs États membres craignent une illégalité de la mesure phare du plan en négociation, qui prévoit un renvoi de tous les nouveaux migrants arrivant en Grèce depuis la Turquie, y compris les demandeurs d'asile. D'autres redoutent d'aller trop loin dans les contreparties promises à Ankara. Le sommet réuni à Bruxelles ne devait aborder la brûlante crise migratoire que dans la soirée, lors d'un dîner qui s'annonçait tendu. Les Européens recevront aujourd'hui le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
« Je suis prudemment optimiste, mais pour parler franchement, je suis plus prudent qu'optimiste », a résumé le président du Conseil européen, Donald Tusk, chargé par les 28 de négocier avec Ankara, malgré les courts-circuitages de Berlin. « Il y a encore des négociations compliquées », a aussi reconnu la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a joué un rôle majeur dans les tractations avec la Turquie. Elle a dit partager « l'optimisme prudent » de M. Tusk, à son arrivée au sommet. Un accord avec la Turquie permettrait d'arrêter les flux de migrants vers l'UE « en trois, quatre semaines », a souligné, lui, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.
Depuis le début de l'année, plus d'un million de migrants sont entrés en Grèce par terre et par mer. Cet afflux, combiné avec la fermeture de la « route des Balkans », place Athènes dans une situation intenable. Et accentue la pression pour que les Européens s'entendent avec la Turquie.

Chantage
Les Européens ont été surpris de l'ampleur de la nouvelle « proposition turque » présentée lors du précédent sommet du 7 mars : Ankara se dit désormais disposé à reprendre tous les nouveaux migrants gagnant les îles grecques, y compris les demandeurs d'asile. L'idée a de quoi séduire une UE débordée, mais le contenu du projet d'accord pose de nombreux problèmes, comme celui de donner à la Turquie la clé de la frontière extérieure de l'UE, selon ses détracteurs. Au milieu d'un concert de critiques, l'Onu a ainsi mis en garde contre l'illégalité de « possibles expulsions collectives et arbitraires » vers la Turquie.
La Commission européenne a assuré que tout accord respecterait le droit, promettant que chaque demandeur d'asile se verrait garantir un traitement individuel de sa requête et des moyens de recours contre un renvoi vers la Turquie. Aux termes du préaccord, les Européens s'engageraient, pour chaque Syrien renvoyé, à « réinstaller » dans l'UE un autre Syrien depuis la Turquie. Ce dispositif, « temporaire et extraordinaire », serait dans un premier temps limité à 72 000 places offertes en Europe.
En contrepartie, la Turquie obtiendrait une nouvelle aide substantielle de l'UE, doublant la promesse de trois milliards d'euros pour améliorer les conditions de vie sur son sol des 2,7 millions de réfugiés syriens qu'elle accueille. Ankara arracherait également une accélération du processus de libéralisation des visas pour ses ressortissants, ainsi qu'une relance de ses négociations d'adhésion à l'UE, bloquées par le contentieux historique avec Chypre. Jusqu'alors inflexible sur la possibilité de promettre à la Turquie l'ouverture rapide de nouveaux chapitres dans ses négociations d'adhésion, le président chypriote Nicos Anastasiades a entrouvert une porte hier, disant espérer « un compromis durant les délibérations qui vont suivre ».
« Il n'est pas question de brader nos valeurs », a prévenu le Premier ministre belge, Charles Michel, disant ne pas accepter « une négociation qui ressemble parfois à une forme de chantage ». De son côté, enfin, le président français François Hollande a appelé à un « accord global » des 28 États membres de l'UE sur la crise des migrants, qui engagerait aussi la Turquie.
(Source : AFP)

Les dirigeants de l'UE s'attendaient à des tractations difficiles, hier soir à Bruxelles, pour boucler un accord avec la Turquie censé stopper l'afflux de migrants vers l'Europe.Plusieurs États membres craignent une illégalité de la mesure phare du plan en négociation, qui prévoit un renvoi de tous les nouveaux migrants arrivant en Grèce depuis la Turquie, y compris les demandeurs d'asile. D'autres redoutent d'aller trop loin dans les contreparties promises à Ankara. Le sommet réuni à Bruxelles ne devait aborder la brûlante crise migratoire que dans la soirée, lors d'un dîner qui s'annonçait tendu. Les Européens recevront aujourd'hui le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.« Je suis prudemment optimiste, mais pour parler franchement, je suis plus prudent qu'optimiste », a résumé le président du Conseil...
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