La fusion doit permettre de faire 450 millions d’euros (500 millions de dollars) d’économies grâce à des synergies. Stefan Wermuth/Reuters
L'allemand Deutsche Börse et le britannique London Stock Exchange (LSE) ont trouvé un accord pour former le plus gros opérateur boursier mondial en termes de chiffres d'affaires, mais concurrents et régulateurs pourraient toujours faire capoter le mariage.
Les négociations étaient officielles depuis fin février et la troisième tentative de mariage, après deux projets avortés en 2000 puis 2005, semble être la bonne – et ce quel que soit le sort du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, ont souligné les intéressés hier.
« Nous croyons vraiment qu'il s'agit de la bonne transaction au bon moment pour chacun de nos deux groupes », s'est réjoui le patron de Deutsche Börse, Carsten Kengeter. Les détails de la fusion ont été confirmés : elle doit permettre de faire 450 millions d'euros (500 millions de dollars) d'économies grâce à des synergies. Les actionnaires de LSE détiendront 45,6 % de la nouvelle entité et ceux de Deutsche Börse une majorité de 54,4 %.
L'accord prévoit de créer une holding de droit britannique, dirigée par M. Kengeter et domiciliée à Londres, qui chapeautera les deux groupes, chacun conservant son siège, à Londres et à Francfort respectivement.
Avec cette fusion, Deutsche Börse voit enfin ses rêves de gigantisme se concrétiser. Pour sa part, M. Kengeter insiste sur l'importance cruciale de cet accord : « Si nous ne nous renforçons pas, l'entreprise finira par être si affaiblie qu'elle ne pourra plus agir, seulement réagir », a expliqué le patron dans un entretien au magazine allemand Manager Magazin. « Si la fusion ne se faisait pas, l'architecture des marchés de capitaux sera bientôt aux mains des Américains », a-t-il ajouté.
Le patron de LSE, Xavier Rolet, a reconnu qu'il n'y aurait « pas de prime » pour les actionnaires. Un détail qui a son importance, car les fiançailles sont toujours menacées par les velléités d'un autre prétendant : l'opérateur américain Intercontinental Exchange (ICE), qui étudie officiellement une contre-offre. Jasper Lawler, analyste de CMC Market, estime par ailleurs que « la fusion est susceptible de faire tiquer les régulateurs en Europe ». Bruxelles doit donner son feu vert à la transaction, et Deutsche Börse et LSE ont chacun une position très forte dans certains produits dérivés, ce qui pourrait poser problème.
(Source : AFP)


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