Le vote d’hier est une démonstration de force pour le président de centre-droit Mauricio Macri, capable de constituer une majorité à la Chambre des députés alors que sa coalition est minoritaire. Juan Mabromata/AFP
Le nouveau président argentin Mauricio Macri a remporté hier son premier succès législatif avec l'approbation par une majorité de députés de la loi ouvrant la porte à un accord avec les fonds « vautours ».
Avec l'appui de l'opposition péroniste, l'accord a obtenu le soutien de 165 députés sur 257. La loi est un préalable indispensable pour tourner définitivement la page du conflit sur la dette, hérité de la crise économique de 2001, entre Buenos Aires et fonds spéculatifs. Elle doit encore être approuvée par le Sénat.
Selon le ministre du Budget, Alfonso Prat-Gay, l'Argentine devra verser 11 milliards de dollars à une partie des fonds ayant intenté une action en justice, qui ne représentent pas l'intégralité des 7 % de créanciers récalcitrants à toute restructuration. Les marchés estiment qu'un accord avec l'ensemble des créanciers récalcitrants aux restructurations pourrait coûter plus de 15 milliards à l'Argentine.
Pour payer, le gouvernement argentin envisage de lever des fonds sur les marchés de capitaux. Le précédent gouvernement puisait dans les réserves de la Banque centrale pour se désendetter, mais ces réserves ne sont aujourd'hui que d'environ 28 milliards de dollars.
« Cet accord n'est pas idéal, ni ce que j'aurais souhaité », soupire Mario Negri, député de l'Union civique radicale (UCR), membre de la coalition gouvernementale, mais le parlementaire souligne comme point positif qu'un plafond d'endettement ramené à 12 milliards de dollars figure dans le texte, alors qu'il était de 15 dans la version initiale.
Le règlement négocié fin février, très à l'avantage des fonds, est critiqué par l'opposition constituée par le Front pour la victoire (FPV, gauche) de l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), qui a systématiquement refusé de payer plus aux fonds « vautours » qu'aux créanciers restructurés.
Démonstration de force
D'après les termes de l'accord, Buenos Aires paiera 75 % de la valeur des titres de dette alors que 93 % des créanciers ont accepté en 2005 et 2010 de n'encaisser que 30 %, afin de permettre à l'Argentine de se relancer.
À la Chambre des députés (257 sièges), la coalition gouvernementale a rallié les suffrages du Front rénovateur de Sergio Massa, 3e de l'élection présidentielle en octobre, et de députés dissidents du FPV. Le vote d'hier est une démonstration de force pour le président de centre-droit Mauricio Macri, au pouvoir depuis le 10 décembre, capable de constituer une majorité à la Chambre des députés alors que sa coalition est minoritaire. Le prochain défi sera pour lui de convaincre la Chambre haute, dominée par l'opposition de l'ancienne présidente Cristina Kirchner, hostile à l'accord.
« Je suis sûr que, le 14 avril, nous allons payer et sortir du défaut de paiement », a déclaré avant le vote le président, en référence à la date-butoir pour une partie du règlement. Faute de quoi, a-t-il ajouté, la 3e économie d'Amérique latine sombrera dans « l'hyperinflation » ou devra se livrer à « des ajustements » douloureux.
L'opposition alerte sur le risque que les 93 % de créanciers ayant consenti des remises de dette pourraient se retourner contre Buenos Aires et exiger en justice le même traitement que celui accordé aux fonds « vautours ».
Le Sénat devrait examiner le texte fin mars. Une fois l'accord Argentine-fonds « vautours » entériné, Mauricio Macri aura atteint son objectif de remettre rapidement l'Argentine sur les rails de l'économie mondiale, après avoir notamment aboli le contrôle des changes et les restrictions aux importations.
(Source : AFP)


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