Des Turcs se recueillant à la mémoire des victimes de l’attentat-suicide d’Ankara, hier, au cours de la cérémonie des funérailles dans la capitale. Adem Altan/AFP
Les autorités turques ont affirmé hier avoir identifié l'auteure de l'attentat-suicide qui a fait 35 morts dimanche soir dans le centre d'Ankara, présentée comme une rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) liée aux combattants kurdes de Syrie. « Il a été établi qu'il s'agit de Seher Cagla Demir, née en 1992 (...) entraînée en Syrie par l'organisation terroriste YPG », les Unités de protection du peuple, bras armé du principal parti kurde de Syrie, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Selon le ministère, cette femme de 24 ans, née à Kars (Nord-Est), a été identifiée grâce à ses empreintes digitales. Selon la presse, l'étudiante a rejoint les rangs du PKK en 2013 puis est passée en Syrie pour y être « entraînée au terrorisme ». Les autorités d'Ankara pensent qu'elle a été aidée par un second « kamikaze », un homme dont l'identité n'a pas été révélée. L'attentat de dimanche n'a pas été revendiqué. Mais dès lundi, le Premier ministre Ahmet Davutoglu s'est déclaré « quasi certain » qu'il était l'œuvre du PKK. La police a poursuivi, hier, ses opérations dans les milieux kurdes. Douze personnes ont été arrêtées en lien direct avec l'attentat et 200 de plus soupçonnées de soutenir les « terroristes », selon l'agence de presse progouvernementale Anatolie.
Par ailleurs, la circulation routière a été exceptionnellement interrompue, sur un des deux ponts qui enjambent le Bosphore à Istanbul, à cause d'un véhicule suspect, ont rapporté les chaînes d'information turques. Le trafic a lentement repris sur le pont en milieu d'après-midi après cette fausse alerte.
« Soulèvement »
Parallèlement, les affrontements qui opposent depuis trois mois les forces de sécurité aux rebelles dans le cœur historique de Diyarbakir, la « capitale » du Sud-Est à majorité kurde, ont gagné hier un autre district de la ville, placé sous couvre-feu. Au moins un policier et trois combattants du PKK ont été tués, a-t-on appris auprès des services de sécurité locaux. Une dizaine de civils ont également été blessés, provoquant un début d'exode dans les quartiers visés, a constaté un journaliste de l'AFP. L'armée et la police ont engagé ces derniers mois des opérations d'envergure dans plusieurs villes où le PKK a déclenché un « soulèvement » contre Ankara. Depuis ce week-end, elles ont étendu leur intervention dans trois autres villes également placées sous couvre-feu, Nusaybin, Yüksekova et Sirnak. Dans un entretien accordé avant l'attentat d'Ankara au Time, le principal chef du PKK Cemil Bayik a confirmé le durcissement de son action. « Maintenant, il y aura des combats partout », a-t-il assuré au quotidien britannique. « Les Turcs ont pillé et brûlé tout ce qu'ils pouvaient dans les villes kurdes où des couvre-feux ont été imposés. Alors maintenant, notre peuple a soif de vengeance, a poursuivi M. Bayik. Notre objectif principal est la chute d'Erdogan. » L'homme fort du pays a pour sa part répété sa détermination à « éradiquer » le PKK. Lundi soir, il a plaidé pour un élargissement, à tous ses soutiens, du crime de « terrorisme ». « Il n'y a pas de différence entre un terroriste qui tient une arme et quelqu'un qui utilise sa position et un stylo », a-t-il dit dans une menace à peine voilée à la presse d'opposition et au principal parti prokurde du pays.
(Source : AFP)


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