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Moyen Orient et Monde - Pédophilie

La pression s’accentue sur le cardinal Philippe Barbarin, l’une des figures de l’Église de France

Il serait « opportun d'attendre le résultat » de l'enquête, estime le Vatican.

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a organisé hier une conférence de presse pour justifier son silence. Il a argué que la majorité des faits d’agressions sexuelles sur mineurs étaient prescrits juridiquement quand ils ont été portés à sa connaissance. Éric Cabanis/AFP

Accusé de ne pas avoir dénoncé des prêtres pédophiles, le cardinal Philippe Barbarin, l'une des figures les plus influentes de l'Église de France, était sur la défensive hier après une nouvelle plainte et des pressions politiques.
« Jamais, jamais, je n'ai couvert de faits de pédophilie », a assuré l'archevêque de Lyon, dans une conférence de presse organisée à Lourdes après une attaque en règle venue du gouvernement socialiste. Sur les ondes de la radio RMC, le Premier ministre Manuel Valls l'a en effet appelé à « prendre ses responsabilités ». Le chef du gouvernement a tenu ces propos après la révélation d'une nouvelle plainte déposée contre Mgr Barbarin, déjà empêtré depuis des semaines dans un dossier vieux de 25 ans.
Mais le Vatican, qui a jusqu'ici apporté un soutien sans faille au cardinal, a estimé qu'il était « opportun d'attendre le résultat » des enquêtes judiciaires avant de se prononcer sur son sort. En attendant, « on doit manifester estime et respect à Mgr Barbarin », a ajouté le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi.
Le prélat est éclaboussé par un scandale d'agressions sexuelles commises par un prêtre sur de jeunes scouts de Lyon entre 1986 et 1991. Les victimes ont porté plainte pour « non-dénonciation » contre plusieurs responsables du diocèse, dont Mgr Barbarin, qui a reconnu avoir été informé en 2007 de ces agissements. Suite à la médiatisation de ce dossier, un homme, victime d'un autre prêtre au début des années 1990, a porté plainte à son tour contre Mgr Barbarin, à qui il reproche de ne pas avoir agi quand il l'a informé de cette agression en 2009. Sans viser nommément le prélat, la justice française a ouvert deux enquêtes préliminaires suite à ces plaintes.
À la suite d'énormes scandales, l'Église catholique a globalement renoncé à des pratiques dénoncées dans le film américain Spotlight, tout juste sacré oscar du meilleur film, qui consistaient à simplement muter un prêtre mis en cause pour étouffer le scandale. L'Église française a été en pointe dans ce travail. Mais l'affaire Barbarin pose une nouvelle question : jusqu'où l'Église de France doit-elle faire le ménage dans son passé ?
Hier, l'archevêque de Lyon a souligné que la majorité des faits étaient prescrits juridiquement quand ils ont été portés à sa connaissance, ajoutant un maladroit « grâce à Dieu », sur lequel il est ensuite revenu. « Sur des faits actuels, je sais ce qu'il faut faire. Mais que faire avec tous ces faits anciens ? » s'est-il interrogé, ajoutant : « C'est là que, peut-être, nous avons à dire que, même en cas de prescription juridique du droit français, du point de vue pastoral ça ne vaut pas. Peut-être est-ce un point sur lequel il faut que l'on progresse. »

(Source : AFP)

Accusé de ne pas avoir dénoncé des prêtres pédophiles, le cardinal Philippe Barbarin, l'une des figures les plus influentes de l'Église de France, était sur la défensive hier après une nouvelle plainte et des pressions politiques.« Jamais, jamais, je n'ai couvert de faits de pédophilie », a assuré l'archevêque de Lyon, dans une conférence de presse organisée à Lourdes après une attaque en règle venue du gouvernement socialiste. Sur les ondes de la radio RMC, le Premier ministre Manuel Valls l'a en effet appelé à « prendre ses responsabilités ». Le chef du gouvernement a tenu ces propos après la révélation d'une nouvelle plainte déposée contre Mgr Barbarin, déjà empêtré depuis des semaines dans un dossier vieux de 25 ans.Mais le Vatican, qui a jusqu'ici apporté un soutien sans faille au cardinal, a...
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