La Chine se trouve aujourd’hui en position de force sur le marché de l’industrie maritime iranienne. Photo archives Reuters
Deux entreprises chinoises tentent actuellement de décrocher des contrats de plusieurs milliards de dollars avec l'Iran afin de construire une ligne ferroviaire à grande vitesse et moderniser la flotte maritime du pays, suite à la levée des sanctions contre Téhéran, d'après des informations fournies à Reuters par des sources proches du dossier.
L'Iran n'étant plus soumis aux sanctions internationales depuis janvier, après l'accord sur le nucléaire, Pékin estime désormais que le pays fait partie intégrante de sa politique visant à accroître les échanges et ouvrir de nouveaux marchés à ses entreprises, dans un contexte de ralentissement de la croissance intérieure. La Chine, qui est le plus gros partenaire commercial de l'Iran, a ainsi accepté de multiplier le commerce bilatéral par plus de 10, jusqu'à atteindre 600 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.
Dans ce cadre, l'entreprise publique China National Transportation Equipment and Engineering Co Ltd (CTC) s'apprête à conclure un accord de 3 milliards de dollars portant sur un projet de ligne ferroviaire devant relier Téhéran à Mashhad, une ville sainte du nord-est, a indiqué une source chinoise à Reuters. En février, l'agence de presse iranienne Tasnim avait, elle, estimé le coût de ce projet à 2 milliards de dollars et sa durée à 42 mois.
Environ 85 % des coûts de ce projet de ligne ferroviaire de 930 kilomètres de long devraient être assumés par la Banque chinoise d'import-export (EXIM), tandis que CTC prendra en charge les services d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction, explique la source. EXIM est le bras financier de Pékin pour les accords commerciaux importants ainsi que pour les investissements internationaux des entreprises chinoises. Ni la banque ni CTC n'étaient immédiatement disponibles pour commenter ces informations.
En position de force
L'entreprise de construction navale Dalian Shipbuilding Industry Co, également contrôlée par l'État chinois, a pour sa part ouvert des discussions concernant la construction de navires porte-containers et de pétroliers pour l'Iran, selon deux sources ayant requis l'anonymat, car les discussions sont toujours en cours. Une des sources a estimé que l'Iran aurait besoin de 8 à 12 milliards de dollars pour moderniser sa flotte de porte-containers, pétroliers et cargos d'ici à 2022. Contactée par Reuters, la maison mère de Dalian Shipbuilding, China Shipbuilding Industry Corp., n'était pas immédiatement joignable pour commenter ces informations.
Des hauts dirigeants de Dalian Shipbuilding se sont rendus à Téhéran à trois reprises depuis janvier, pour rencontrer leurs homologues des Lignes maritimes de la République islamique d'Iran (IRISL) – la première compagnie de cargo et porte-containers d'Iran – et de la compagnie de transport de pétrole National Iranian Tanker Co (NITC), d'après les sources précitées. IRISL et NITC n'étaient pas immédiatement disponibles pour des commentaires, mais un responsable de la construction navale chinoise a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, qu'il y avait eu « beaucoup de contacts avec NITC ». Auparavant, les entreprises de construction navale chinoise, incluant Dalian Shipbuilding, avaient fabriqué de gros navires pétroliers dans le cadre d'une commande de 1,2 milliard de dollars entre 2012 et 2013, a rapporté Reuters.
Du fait d'un financement étatique et de coûts inférieurs, la Chine se trouve en position de force sur le marché de l'industrie maritime iranienne face à ses rivaux asiatiques basés en Corée du Sud et à Singapour, a expliqué Reza Mostafavi Tabatabaei, président d'ENEXD. Cette entreprise basée à Londres est présente sur le marché des équipements liés aux hydrocarbures entre le Moyen-Orient et la Chine.
« IRISL espère devenir une des compagnies maritimes les plus importantes au monde », a estimé M. Tabatabaei, ajoutant que NITC souhaitait doubler sa capacité de transport de pétrole d'ici à 6 ans, en achetant de nouveaux navires et en réparant ceux qu'elle possède déjà.
« L'OLJ » avec Reuters


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