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Économie - Rapport

Réchauffement climatique au Liban : une facture estimée à 21 milliards de dollars en 2020

Une étude conjointe du ministère de l'Environnement et du Pnud évalue, pour la première fois, le coût du réchauffement climatique sur l'économie libanaise.

Les phénomènes météorologiques extrêmes liés au réchauffement climatique auront un coût considérable sur l’économie. Photo Sami Ayad

Souvent, les scénarios prévoyant les conséquences à venir du changement climatique semblent dignes d'un film catastrophe... Et à en croire les conclusions d'une étude présentée mardi par le ministère de l'Environnement et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le cas libanais ne fera pas exception. Des milliers de décès – entre 2 483 et 5 254 par an jusqu'en 2030 – sont directement imputables au changement climatique, à la diminution des pluies (- 10 à 20 % d'ici à l'année 2040) et de la neige (- 40 %), en passant par les sécheresses et les inondations... Tels seraient les fléaux qui guetteraient le Liban s'il ne réduit pas ses émissions de gaz à effet de serre.

Chaque ménage paiera
Mais pour la première fois, l'étude se propose d'estimer le « coût économique du changement climatique au Liban », comme annoncé dans son intitulé. Selon cette étude, si la production de gaz à effet de serre demeure inchangée, en 2020, le réchauffement climatique coûtera 21,2 milliards de dollars au pays. « Nous n'avions jamais imaginé des coûts aussi élevés », annonce d'emblée le directeur du Pnud au Liban, Luca Renda, lors de la présentation de l'étude mardi à l'hôtel Phoenicia.
« Le changement de température rendra plus difficile le travail à l'extérieur, par exemple. Ce qui a des conséquences économiques directes. Mais au fur et à mesure que les dégâts économiques s'accumulent, l'économie ralentit, entraînant ainsi une baisse du PIB », détaille Ernie Niemi, le président du centre de recherche américain Natural Resource Economics, mandaté pour réaliser cette étude. « Cela imposera des coûts sur chaque ménage, chaque entreprise et communauté du Liban », poursuit-il.

Ainsi, le changement climatique pourrait avoir un coût direct de 3,6 milliards de dollars tandis qu'il entraînerait une réduction du PIB de 17,6 milliards en 2020. En prenant le ratio des dépenses publiques sur le PIB (soit 32 % en 2013), l'étude en déduit que le gouvernement assumera 6,8 milliards du coût total en 2020. Le montant restant sera donc directement à la charge des ménages – estimé à 1,3 million en 2020 par l'étude. Chaque ménage devrait donc débourser 16 400 dollars en 2020 à cause du réchauffement climatique. Suivant la même logique, les coûts totaux grimperaient respectivement à 80,7 milliards en 2040 et à 1 009 milliards en 2080. Chaque ménage devrait alors débourser 57 300 dollars en 2040, et 721 900 dollars en 2080 !

L'étude analyse également l'impact du changement climatique sur plusieurs secteurs économiques. Et c'est le secteur agricole qui connaîtra le plus de dégâts : « Le réchauffement climatique va sérieusement réduire la productivité agricole, à la fois au Liban et dans le monde (dû aux sécheresses, inondations, aux maladies bactériennes et moisissures des plantes, NDLR) », explique M. Niemi. Selon l'étude, la réduction de la production agricole devrait coûter 300 millions de dollars au Liban en 2020.
Or, « cette réduction va entraîner une augmentation du prix de la nourriture, et des produits plus chers vont provoquer plus de malnutrition, couplée avec les nouvelles épidémies en lien avec le changement climatique, cela pourrait gravement affecter la santé des individus », estime M. Niemi. Ainsi, l'augmentation du prix de la nourriture coûterait 470 millions en 2020, contre 177,9 milliards pour les risques de maladies et 47,2 milliards pour l'augmentation des risques de décès.

Réduire les risques
Du coup, quels enseignements les pouvoirs publics peuvent-ils tirer de ces prévisions ? « L'étude peut offrir une base utile pour une meilleure compréhension des risques. Réduire les coûts exige surtout la réduction des vulnérabilités aux risques », notent ses auteurs. Par exemple en renforçant les constructions pour se protéger des tempêtes, ou en agrandissant les entrepôts d'eau dans les immeubles. Mais aussi en sensibilisant les individus aux risques liés au réchauffement climatique et en améliorant les systèmes de gestion des risques des villes...
« Ces chiffres seront pris en considération par le ministère et permettront d'évaluer notre implication pour lutter contre le changement climatique. Nous sommes sur la bonne voie, nous avons surtout besoin de plus de coordination interministérielle ainsi que d'un support financier de la part des bailleurs de fonds internationaux afin de pouvoir réellement accélérer le processus », déclare Léa Kai Aboujaoudé, coordinatrice des projets de la cellule du Pnud, travaillant sur le changement climatique au ministère de l'Environnement.

De fait, le Liban s'est déjà engagé à maintenir un seuil de réchauffement en deçà de 2 degrés lors de l'accord de Paris (COP21) en décembre dernier. « Nous nous sommes engagés à réduire nos émissions de 15 % d'ici à 2030. Si nous avons un support technique et financier international, nous pourrons réduire les émissions de 30 % », avance Léa Kai Aboujaoudé. Si ces promesses sont respectées, le coût du réchauffement climatique en 2020 n'atteindra que 15,2 milliards de dollars, soit des économies de 28 %. En 2080, ce scénario permettra une réduction des coûts de 91 % (soit une économie de 918 milliards). Pour l'instant, les montants nécessaires à la mise en place de ces engagements n'ont toujours pas été communiqués.

En attendant, « même si le Liban pourrait être capable de réduire sa vulnérabilité aux risques climatiques, il ne peut pas les éviter totalement. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre, auront, inévitablement, des effets défavorables sur les ménages libanais, les entreprises, les communautés et le gouvernement », reconnaît l'étude.

 

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Souvent, les scénarios prévoyant les conséquences à venir du changement climatique semblent dignes d'un film catastrophe... Et à en croire les conclusions d'une étude présentée mardi par le ministère de l'Environnement et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le cas libanais ne fera pas exception. Des milliers de décès – entre 2 483 et 5 254 par an jusqu'en...
commentaires (2)

LE GRAND GASPILLAGE... C,EST : L,EAU QUI FINIT A LA MER... QU,ATTENFD-ON POUR BATIR DES BARRAGES DE LA VIE... OU LES BARRAGES AUSSI... COMME LES DECHETS SONT COMMUNAUTAIRES ET ONT ACQUIS DES RELIGIONS ?

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

20 h 39, le 10 mars 2016

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Commentaires (2)

  • LE GRAND GASPILLAGE... C,EST : L,EAU QUI FINIT A LA MER... QU,ATTENFD-ON POUR BATIR DES BARRAGES DE LA VIE... OU LES BARRAGES AUSSI... COMME LES DECHETS SONT COMMUNAUTAIRES ET ONT ACQUIS DES RELIGIONS ?

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    20 h 39, le 10 mars 2016

  • Première conséquence la diminution des réserves d'eau ! Mais que fait on ?Il est plus que temps de retenir l'eau et de mettre un service de transport de l'eau a la hauteur du pays et quand commence t'on a faire une politique d'information sur le gaspillage de l'eau au près des populations(lavage des trottoir et des coures, des balcons à grande eau,abus de chasse d'eau, de fuite d'eau de robinet qui coule plus que nécessaire etc... ) comme cela a été fait en Europe

    yves kerlidou

    08 h 14, le 10 mars 2016

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