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Moyen Orient et Monde - France

Des centaines de milliers de personnes manifestent contre la réforme du droit du travail

« Valls, Hollande, arrêtez les conneries, retrait, retrait de la loi Khomri », ont scandé les manifestants dans les rues de Paris.

Jean-Philippe Ksiazek/AFP

Remontés contre une réforme du droit du travail, des centaines de milliers de salariés et d'étudiants ont manifesté hier en France.
Pour les syndicats qui sont à l'origine du mouvement et qui ont affirmé avoir mobilisé 400 000 manifestants, c'est une « réussite » et « un premier avertissement » adressé au gouvernement.
De son côté, le ministère de l'Intérieur a évalué à 224 000 le nombre des personnes qui ont défilé un peu partout en France. La mobilisation d'hier « n'a pas fait la démonstration du refus de ce projet de loi », a estimé pour sa part dans la soirée le ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.
À Paris, les différents rassemblements ont totalisé 100 000 participants selon la CGT, principale centrale syndicale des salariés, mais la police n'en a décompté que 27 000 à 29 000 dans le principal cortège dans l'est de la capitale. L'Unef, principal syndicat étudiant, a déjà appelé à manifester à nouveau le 17 mars, avant la présentation du projet en Conseil des ministres le 24 mars. Sept syndicats ont d'ores et déjà prévu une journée de grève et de manifestations le 31 mars.
Au cœur de la contestation, une réforme censée fluidifier le marché du travail et favoriser l'embauche dans un pays où le chômage est endémique. Mais cette loi est qualifiée de « régression historique » par ses détracteurs. Une pétition lancée sur les réseaux sociaux a recueilli plus d'un million de signatures en deux semaines, un succès inédit qui inquiète l'exécutif, à un an de la présidentielle. « Valls, Hollande, arrêtez les conneries, retrait, retrait de la loi Khomri », ont scandé les manifestants dans les rues de Paris, visant le Premier ministre Manuel Valls, le président François Hollande et la ministre du Travail Myriam el-Khomri.

« Bras de fer »
« On rentre dans un bras de fer dont personne ne connaît l'issue », a commenté hier Jean-Claude Mailly, numéro un du syndicat Force ouvrière. « Ils nous prennent vraiment pour des cons », s'indignait Mélody, une manifestante parisienne, « scandalisée » par ce gouvernement de gauche prêt selon elle à prendre à la jeunesse « tous les droits légués par les anciens ». « On ne sera jamais de la chair à patrons », lançaient des manifestants sous des pancartes où l'on lisait « La précarité, c'est pas un métier », parmi les fumigènes et les pétards.
Avec le virage libéral symbolisé par cette loi, le président français François Hollande est de nouveau confronté à l'hostilité de son camp et risque de voir se réduire encore ses soutiens à gauche, un handicap dans la perspective de sa candidature à la réélection pour 2017.
M. Hollande a lié celle-ci à un recul du chômage, qui atteint 10 % dans tout le pays et 24 % chez les jeunes. La mobilisation des 15-25 ans est particulièrement suivie par l'exécutif, qui garde en mémoire les énormes manifestations lycéennes et étudiantes de 2006, qui avaient duré trois mois et avaient contraint le gouvernement de l'époque à abandonner un projet de contrat de travail spécifique.
Hasard du calendrier, l'appel coïncidait hier avec une grève dans les transports ferroviaires sur des revendications salariales. Un train sur trois seulement circulait en moyenne dans la matinée dans le pays. L'exécutif, qui multiplie les consultations avec les partenaires sociaux, espère encore diviser le camp des opposants d'ici au 24 mars et rallier à sa réforme les syndicats réformistes, qui sont restés à l'écart des manifestations de mercredi. Ces syndicats, CFDT en tête, demandent le retrait de deux dispositions emblématiques : le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif et l'assouplissement des critères pour les licenciements économiques.
En Conseil des ministres, hier, le chef de l'État a rappelé que la France entendait « préserver son modèle social », mais en « l'adaptant ». Il a jugé « nécessaire d'écouter (...) les revendications » et « d'être ouvert au dialogue ». Le Premier ministre Manuel Valls a pour sa part achevé ses concertations hier avec les partenaires sociaux, avant une réunion plénière lundi prochain, pour une « restitution » du texte de loi, peut-être revu et corrigé.
(Source : AFP)

Remontés contre une réforme du droit du travail, des centaines de milliers de salariés et d'étudiants ont manifesté hier en France.Pour les syndicats qui sont à l'origine du mouvement et qui ont affirmé avoir mobilisé 400 000 manifestants, c'est une « réussite » et « un premier avertissement » adressé au gouvernement.De son côté, le ministère de l'Intérieur a évalué à 224 000 le nombre des personnes qui ont défilé un peu partout en France. La mobilisation d'hier « n'a pas fait la démonstration du refus de ce projet de loi », a estimé pour sa part dans la soirée le ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.À Paris, les différents rassemblements ont totalisé 100 000 participants selon la CGT, principale centrale syndicale des salariés, mais la police n'en a décompté que 27 000...
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