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Moyen Orient et Monde - Conflit

Deux civils tués dans le sud de la Turquie par des tirs de l’EI venus de Syrie

Un chef militaire américain indique que la prise de Raqqa n'est pas planifiée pour l'instant par la coalition internationale contre les jihadistes.

Des combattants de Jaïsh as-Sunna le 6 mars 2016 au village Tel Mamo, au sud d’Alep. Khalil Ashawi/Reuters

Deux civils, dont un enfant, ont été tués hier dans le sud de la Turquie par des tirs d'artillerie venus d'une zone de la Syrie tenue par le groupe État islamique (EI), provoquant une riposte immédiate de l'artillerie turque. Une des huit roquettes tirées est tombée sur une rue d'un quartier périphérique de la ville frontalière de Kilis, y tuant une femme de 57 ans et un garçon de 4 ans et faisant deux autres blessés, selon l'agence de presse Dogan.
Le point de départ des tirs a été localisé dans une zone tenue par l'EI, sur laquelle l'armée turque a immédiatement ouvert le feu conformément à ses règles habituelles d'engagement, a confirmé hier soir le Premier ministre Ahmet Davutoglu. « Toute attaque contre la Turquie provoquera la riposte la plus sévère, nous avons déjà donné nos instructions à nos forces armées », a ajouté M. Davutoglu devant la presse à l'issue d'un entretien avec son homologue grec Alexis Tsipras à Izmir (Ouest). Le 18 janvier dernier, une roquette tirée d'une zone tenue par l'EI avait atteint la cour d'un établissement scolaire de Kilis, y tuant une femme et blessant une écolière. Ces derniers jours, les canons turcs ont par ailleurs visé à plusieurs reprises des positions tenues par les jihadistes. Avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'artillerie turque a aussi régulièrement bombardé en février les positions des milices kurdes syriennes près de la frontière turque, en riposte, selon Ankara, à des tirs.

Attaque d'envergure
De son côté, la milice kurde syrienne YPG a accusé, hier, des groupes rebelles d'avoir tiré sur un quartier à population kurde d'Alep des munitions contenant des agents chimiques. Dans un communiqué de leur commandement, les Unités de protection du peuple (YPG) affirment que des insurgés opérant à partir de quartiers tenus par l'opposition dans la ville ont pilonné le quartier de Cheikh Maksoud avec « des agents chimiques, vraisemblablement du phosphore, de couleur jaune », hier après-midi. Les tirs proviennent d'une série de brigades de l'opposition armée syrienne, parmi lesquelles le groupe Ahrar al-Cham ou les groupes Levant, Lioua 13 et Noureddine al-Zinki.
L'armée syrienne, appuyée par des forces alliées, a, pour sa part, repris hier une localité tombée quelques heures plus tôt entre les mains du Front al-Nosra et d'autres groupes islamistes, au sud d'Alep, a rapporté hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, le groupe Jound al-Aksa et d'autres organisations islamistes avaient pris lundi le village d'al-Aïs, leur premier gain territorial depuis le début de l'année. Les troupes gouvernementales ont rapidement lancé une contre-attaque et les ont chassés, ajoute l'OSDH. Par ailleurs, un groupe rebelle intitulé Première division côtière a déclaré avoir subi une attaque des forces gouvernementales mardi sur les hauteurs de Kabani, dans la province de Lattaquié. « Une attaque d'envergure est en cours, mais ils (les militaires syriens) n'ont pas progressé. Cela dure depuis plus de trois heures », a dit à Reuters Fadi Ahmad, porte-parole de ce groupe, qui a fait état également d'avions syriens et russes dans le ciel.

« Recruter plus d'Arabes »
Dans le même temps, un chef militaire américain a fait savoir, hier, que la prise de la ville syrienne de Raqqa, la capitale autoproclamée du groupe État islamique, n'est pas planifiée pour l'instant par la coalition internationale contre les jihadistes. « Nous avons une stratégie pour aller à Raqqa, pour isoler Raqqa, mais nous n'avons pas de plan pour prendre la ville, ni (pour la tenir) ensuite face à une éventuelle contre-offensive jihadiste », a déclaré le général Joseph Votel, lors d'une audition devant la commission des forces armées du Sénat. La coalition s'appuie pour ses opérations au sol contre les jihadistes sur les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de groupes locaux dominés par les milices kurdes. Or Raqqa est située en dehors de la zone traditionnelle d'influence des Kurdes. « Probablement environ 80 % des FDS sont kurdes », a reconnu le général Votel devant les sénateurs. « Notre but est de recruter plus d'Arabes et de Turcomans », a souligné de son côté le général Lloyd Austin, le chef du commandement militaire américain au Moyen-Orient. Pour continuer à renforcer les forces locales capables d'agir au sol contre les jihadistes, les États-Unis s'apprêtent à reprendre la formation de combattants syriens, mais dans un format différent du programme précédent qui avait tourné au fiasco, a par ailleurs confirmé le général Austin. « Nous voulons nous concentrer sur un plus petit nombre de gens, que nous pourrons entraîner sur des compétences bien spécifiques » qu'ils pourront ensuite faire partager à leurs camarades de combat, a indiqué le général Austin.
(Sources : agences)

Deux civils, dont un enfant, ont été tués hier dans le sud de la Turquie par des tirs d'artillerie venus d'une zone de la Syrie tenue par le groupe État islamique (EI), provoquant une riposte immédiate de l'artillerie turque. Une des huit roquettes tirées est tombée sur une rue d'un quartier périphérique de la ville frontalière de Kilis, y tuant une femme de 57 ans et un garçon de 4 ans et faisant deux autres blessés, selon l'agence de presse Dogan.Le point de départ des tirs a été localisé dans une zone tenue par l'EI, sur laquelle l'armée turque a immédiatement ouvert le feu conformément à ses règles habituelles d'engagement, a confirmé hier soir le Premier ministre Ahmet Davutoglu. « Toute attaque contre la Turquie provoquera la riposte la plus sévère, nous avons déjà donné nos instructions à nos forces...
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