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Économie

Tourisme hivernal : Une saison 2016 trop courte pour maintenir le secteur en piste

Liban

Si les professionnels des sports d'hiver ont pu se réjouir d'une fréquentation encore meilleure que celle de l'année dernière, la météo n'a pas permis de faire durer le plaisir.

07/03/2016

Cette année encore, les caprices de la météo ont joué un mauvais tour aux professionnels de la glisse. Alors que dans la plupart des stations la neige a (presque) fondu, nombre d'entre eux dressent déjà un premier bilan. « La saison a seulement commencé en janvier et est déjà terminée, alors que l'année dernière, elle avait duré jusque fin mars. À l'exception de 2014, qui était catastrophique, aucune saison n'a été aussi courte », déplore Carol el-Murr, PDG du centre de Zaarour. Quelques-uns espèrent néanmoins un petit sursis : « Une tempête de neige est prévue la semaine prochaine, donc le domaine fonctionnera pendant encore deux semaines minimum », déclare Nicole Wakim, responsable marketing du Mzaar Ski Resort, la principale station libanaise, située à Mzaar-Kfardebiane.

 

(Lire aussi: Équipement, prix, activités : petit guide des stations de ski au Liban)

 

Frustration
Un sursis bienvenu, d'autant que jusque-là, les clients étaient au rendez-vous. « Cette année, nous avons eu un taux de fréquentation plus élevé de 22 % par rapport à l'année dernière », se félicite Hamid Habib Fakhry, propriétaire de la station des Cèdres. Du reste, l'ensemble des stations interrogées par L'Orient-Le Jour – Faqra Club, Laqlouq, Mzaar-Kfardebiane, et Zaarour – ont témoigné d'une fréquentation de 20 à 30 % supérieure par rapport à 2015. Même satisfaction du côté des hébergeurs. « Nous avons ouvert en janvier, et nous étions déjà occupés à 75 % les week-ends, un chiffre prometteur », explique Jessica Sadek, propriétaire des chalets du Logs des Cèdres. Un constat partagé à l'hôtel Shangri-La de Laqlouq, aux Chalets de Faraya ou à l'hôtel Le Grand Chalet à Zaarour... Du coup, à l'heure des bilans, c'est la frustration qui prédomine : « L'activité était remarquable, mais elle a commencé trop tard, les hôtels et restaurants n'ont pas pu rentabiliser leur activité. Les vacances de Noël et du Jour de l'An ont représenté un lourd manque à gagner... », déplore le président du syndicat des établissements touristiques, Jean Beyrouthi.


Surtout que cette année encore, les professionnels ont dû faire sans les touristes, à l'exception des expatriés. « Aux Cèdres, les touristes ont représenté environ 2 % de nos visiteurs », raconte Hamid Habib Fakhry. À Laqlouq, ils ont représenté 15 % de la clientèle : « Nous avions surtout des expatriés, des touristes européens et quelques Russes », résume Nour Saab, directrice de Laqlouq Village vacances. « En 5 ans, le nombre de touristes venant louer des chalets a diminué de moitié », déplore Tina Khalil, épouse du propriétaire des Chalets de Faraya. Selon le syndicat des établissements touristiques, ces derniers représentaient 40 % des clients en 2011. « À l'époque, le Liban accueillait les touristes du Golfe, et aussi des Européens employés dans les pays arabes. Leur désertion a affecté tous les secteurs du tourisme, dont le ski, car ces derniers venaient pour de longues durées et dépensaient sans compter. Ce n'est pas le cas des Libanais qui skient seulement le week-end », note Jean Beyrouthi.

 

Pas de baisse des prix
Une substitution particulièrement malvenue en temps de crise. « Nous avons vraiment remarqué un rétrécissement du pouvoir d'achat des familles libanaises en quelques années. Or, entre le forfait, la location d'équipement et la nuit d'hôtel, skier nécessite un budget non négligeable, même pour un simple week-end », explique Tina Khalil. Un constat qui ne l'amène pourtant pas à baisser ses prix : il faut compter entre 170 dollars et 550 dollars pour une chambre en haute saison. Idem pour les nouveaux acteurs sur le marché : au Logs des Cèdres, qui a ouvert en janvier, il faut par exemple débourser entre 500 dollars pendant la semaine et 1 000 dollars le week-end pour un chalet pour 10 personnes ; tandis que la nuit en haute saison à l'hôtel Le Grand Chalet, ouvert à la même période à Zaarour, coûte 250 dollars.
Pour se différencier, les stations de ski misent plutôt sur une spécialisation accrue. « Offrir différentes activités permet d'attirer des clients qui ne veulent pas simplement skier mais faire de la glissade sur tube (snow tubing), de la motoneige, ou encore juste passer un week-end à la montagne par exemple », détaille Carol el-Murr, dont le domaine skiable a été rénové l'année dernière pour 40 millions de dollars. « Nous avons tenu des compétitions pour les poussins et les prépoussins cette année, notre clientèle principale étant les familles avec enfants en bas âge », affirme Georges Bou Karam, chef des pistes du club de Faqra, un domaine skiable réservé aux résidents et à leurs invités. Au Mzaar Ski Resort, aussi, les initiatives se sont enchaînées, notamment avec le « Mzaar Winter Festival » et le « Redbull Jump and Freeze », mais surtout avec la visite, en février, d'une délégation de la station de Courchevel pour peaufiner l'accord de coopération entre les deux domaines.

 

Pour mémoire

L'hiver 2015, une saison plutôt bonne pour les stations de ski libanaises

 


 

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