Des rebelles de Jaich el-sunna assis sur une colline du village Tel Mamo, au sud d’Alep. Khalil Ashawi/Reuters
Les négociations sur un règlement politique de la guerre en Syrie devraient reprendre jeudi, Washington et Moscou espérant qu'il n'y aura pas de « retards », alors que l'opposition est réticente à participer à ces discussions. Lors d'un entretien téléphonique hier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry ont « souligné la nécessité de ne pas permettre de retards dans le début du processus de négociations intersyriennes », selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Ils ont également « exprimé leur appréciation commune positive concernant les avancées réelles constatées concernant le cessez-le-feu sur le territoire syrien, dans l'ensemble respecté et qui a déjà conduit à une forte diminution de la violence ».
Les pourparlers qui doivent se tenir à Genève sous l'égide de l'Onu seront les premiers depuis l'entrée en vigueur le 27 février d'une trêve inédite entre le régime syrien et les rebelles, qui tient globalement jusqu'à présent, malgré des accusations mutuelles de violations. Dans les zones incluses dans l'accord de trêve conclu entre Russes et Américains, « la journée (d'hier) a été la plus calme depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu », a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire Syrien des droits de l'homme (OSDH). Les fronts étaient calmes dans la plupart de ces régions, à l'exception de roquettes tirées par le Front al-Nosra, exclu de l'accord, et de rebelles sur les forces kurdes dans un quartier au nord d'Alep. Les projectiles tirés sur le quartier de Cheikh Maksoud provenaient des quartiers de la ville tenus par les rebelles, a ainsi déclaré la chaîne de télévision d'État Ikhbariyah. Ces tirs ont fait au moins neuf morts, selon un nouveau bilan de l'OSDH. Selon Reuters, quatorze civils ont été tués et des dizaines d'autres blessés hier. D'après M. Abdel Rahmane, le nombre moyen de morts par jour parmi les civils « a baissé de 90 % » pendant la trêve comparé à la période antérieure à celle-ci. La baisse est de 80 % pour soldats et rebelles.
À quelques jours des pourparlers, l'opposition, affaiblie sur le terrain, reste réticente à l'idée d'y participer. Les conditions ne sont « actuellement pas propices » à une reprise des discussions, a déclaré vendredi Riad Hijab, coordinateur du Haut Comité des négociations (HCN), qui regroupe responsables politiques et représentants de groupes armés de l'opposition. « Le HCN n'a pas pris de décision jusqu'à présent », avait affirmé le lendemain son porte-parole Monzer Makhos demandant davantage de progrès sur la question humanitaire et sur le respect du cessez-le-feu.
(Source : AFP)


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