Les discussions entre les représentants du FMI et de la zone euro, qui traînent en longueur, risquent de miner la confiance des investisseurs.Yannis Behrakis/AFP
Les représentants de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) en charge du dossier grec peinent à s'accorder sur les réformes qu'Athènes doit encore mettre en œuvre, au risque de reporter le déblocage d'argent frais et le début des négociations sur l'allègement de la dette du pays, ont dit des responsables au fait du dossier.
La perspective d'un troisième plan de sauvetage pour la Grèce a suscité des réserves au sein du FMI qui souhaite qu'il soit l'occasion de remettre le pays sur pied. « Le principal problème maintenant est le désaccord entre les institutions (créancières), parce que cela va nuire à la crédibilité de toute solution », a dit un haut responsable. « Il faut qu'ils s'entendent et s'accordent sur un scénario et des mesures de politique » économique. Les représentants de la zone euro et du FMI espèrent parvenir à un compromis sur la Grèce dans la semaine en vue de la réunion de l'Eurogroupe de lundi prochain. Des représentants de l'un et de l'autre partie devaient se retrouver lors d'un dîner à Bruxelles, hier, pour débattre du sujet.
Tant qu'un accord n'est pas trouvé, il n'est pas possible de décider si Athènes a respecté les exigences initiales pour le déblocage de nouveaux prêts, et la zone euro ne peut pas lancer les discussions sur un allègement de la dette, qui permettrait de la rendre soutenable. La Grèce n'est confrontée à aucun remboursement majeur sur sa dette avant le mois de juillet, ce qui laisse amplement le temps à ses créanciers de trouver un compromis. Mais les discussions, qui traînent en longueur, risquent de miner la confiance des investisseurs.
Le différend porte principalement sur la nécessité pour Athènes de dégager un excédent budgétaire primaire, soit un excédent budgétaire hors charges de la dette, de 3,5 % du produit intérieur brut en 2018, et de le maintenir à ce niveau afin de ne plus avoir à emprunter auprès des autres pays membres de la zone euro pour assurer sa solvabilité.
Les représentants du FMI ont une vision plus conservatrice que ceux de la zone euro des perspectives de croissance de l'économie grecque. Le FMI considère que l'excédent primaire devrait être de l'ordre de 2 % en 2018 avec les réformes actuellement proposées par Athènes sur la base d'une hypothèse de croissance d'environ un point de pourcentage inférieure aux prévisions de la zone euro. Pour le FMI, Athènes devrait en conséquence avoir un programme de réformes plus ambitieux.
(Source : Reuters)


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