Le terminal de conteneurs de Bremerhaven, dans le nord de l’Allemagne. Patrick Stollarz/AFP
La France a cédé aux États-Unis sa place de premier partenaire commercial de l'Allemagne en 2015, une première depuis 40 ans qui doit beaucoup à l'euro faible, même pour Paris qui n'y voit qu'un effet ponctuel.
L'évolution se dessinait depuis le milieu de l'année, les chiffres provisoires pour 2015 publiés hier par l'Office fédéral des statistiques le confirment : pour la première fois depuis 1975, la France n'est plus le premier partenaire commercial de son grand voisin. Mouvements des devises et vigueur de l'économie américaine expliquent pour l'essentiel cette évolution. Mais, alors que l'Europe lutte pour préserver son unité sur fond de crise des réfugiés, elle est politiquement malvenue. Le qualificatif de « premier partenaire commercial » a été pendant des années mis en avant pour faire les louanges de la relation franco-allemande et de la solidité des liens politiques et économiques entre les deux pays.
La distanciation de la France est « un phénomène conjoncturel » dû entièrement aux fluctuations des monnaies, a réagi pour l'AFP le cabinet du secrétaire d'État français au Commerce extérieur Matthias Fekl, « et sur une longue période, la France reste le premier partenaire commercial de l'Allemagne ». Anton Börner, président de la Fédération allemande des exportateurs BGA, y voit au contraire « un point d'inflexion, quelque chose de long terme » – qui n'enlève toutefois rien au fait que le pays reste le partenaire « politiquement le plus important », assurait-il récemment à l'AFP.
Premier client pendant plus de 50 ans
Le classement de l'Office des statistiques se réfère au volume cumulé d'exportations et importations, qui entre la France et l'Allemagne a atteint l'année dernière 170 milliards d'euros (184 milliards de dollars), contre 173 milliards d'euros (188 milliards de dollars) entre l'Allemagne et les États-Unis. La France est également détrônée en matière d'exportations : les entreprises allemandes ont vendu pour 114 milliards d'euros (124 milliards de dollars) aux États-Unis, contre 103 milliards d'euros (112 milliards de dollars) en France. Celle-ci a auparavant été pendant plus de 50 ans, depuis 1961, la première destination des produits allemands.
L'Allemagne reste en revanche, et de loin, le premier partenaire commercial de la France, 16 % des exportations françaises y étant parties en 2015, et 17 % des importations en provenant. Les exportations allemandes vers la France ont augmenté entre 2014 et 2015 de 2,3 %, et les importations en provenance de France se sont hissées de 0,4 % sur un an. Des progressions sans commune mesure toutefois avec les évolutions du commerce germano-américain : un bond de 19 % des exports vers les États-Unis, et de plus de 20 % des importations de produits américains.
Largement sous l'effet de la politique monétaire ultragénéreuse de la Banque centrale européenne (BCE), l'euro a piqué du nez l'an dernier par rapport au dollar. Une évolution qui, en minorant la valeur des exportations en dollars, stimule les ventes des pays européens hors de la zone euro.
La vigueur retrouvée l'an dernier de la conjoncture américaine a fait de la première économie mondiale, tout particulièrement, un gros client pour les produits « made in Germany ».
(Source : AFP)


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