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Économie - Union Européenne

Bruxelles propose d’aider aussi les États membres frappés par la crise des réfugiés

La Commission a présenté hier un plan d'aide humanitaire de 700 millions d'euros, destiné aux pays européens les plus exposés à l'afflux de migrants, en particulier la Grèce.

Athènes, confrontée à une situation dramatique à sa frontière avec la Macédoine, a évalué ses besoins à 522 millions de dollars pour organiser l’accueil de 100 000 réfugiés. Louisa Gouliamaki/AFP

L'UE a proposé hier un budget humanitaire de 700 millions d'euros (761 millions de dollars) pour aider ses États membres en première ligne face à l'afflux massif de migrants, comme la Grèce, où quelque 10 000 personnes sont bloquées à la frontière macédonienne.
Le projet dévoilé hier par la Commission européenne est sans précédent, dicté par une crise hors norme : il s'agit de pouvoir fournir une aide humanitaire d'urgence, non plus seulement à des pays tiers pauvres, mais désormais à des membres de l'UE. « La proposition d'aujourd'hui rendra 700 millions d'euros disponibles pour fournir de l'aide là où elle est le plus nécessaire », a déclaré le commissaire européen chargé de l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, proposant 300 millions d'euros (326 millions de dollars) pour 2016, et 200 millions (217 millions de dollars) par an les deux années suivantes.
La présentation écrite du « nouvel instrument » ne détaille pas les pays qui en seront les bénéficiaires, mais l'aide « ira, dans une large mesure, vers la Grèce, parce que c'est là que nous avons la crise humanitaire la plus grave », a expliqué M. Stylianides. Athènes, confrontée à une situation dramatique à sa frontière avec la Macédoine, où quelque 10 000 migrants sont bloqués par les restrictions imposées par les pays voisins, a évalué ses besoins à 480 millions d'euros (522 millions de dollars) pour organiser l'accueil de 100 000 réfugiés.
Skopje a rouvert brièvement dans la nuit de mardi à hier sa frontière et laissé passer environ 170 réfugiés syriens, selon les autorités locales grecques. En fin de matinée, un autre groupe d'une vingtaine de réfugiés a été autorisé à traverser la frontière avant que celle-ci ne soit à nouveau fermée, selon un journaliste de l'AFP. Il s'agit des premiers groupes de migrants autorisés à traverser cette frontière depuis des incidents survenus lundi entre des migrants et des policiers macédoniens.
Près du village grec frontalier d'Idomeni, dans un camp dimensionné pour 1 600 personnes, la situation humanitaire continue de se dégrader. « Entre vendredi et dimanche, le camp est passé de 4 000 à 8 000 personnes. Là, on est à plus de 9 000. On se lève tous les matins en se demandant comment on va faire aujourd'hui », a expliqué Jean-Nicolas Dangelser, responsable logistique de Médecins sans frontière (MSF) à Idomeni, qui gère la distribution des repas, passés à 30 000 par jour.

« Décence humaine »
À deux mille kilomètres de là, en France, sur la route de migrants rêvant de rejoindre le Royaume-Uni, les travaux du démantèlement controversé de la « jungle » de Calais (Nord) ont repris hier dans le calme pour le troisième jour consécutif, selon un journaliste de l'AFP. Dans ce vaste camp, des abris de fortune ont subi des incendies d'origine indéterminée au cours d'une nuit par ailleurs relativement calme. Au premier jour des travaux de destruction lundi, des heurts avaient opposé migrants et militants associatifs aux policiers antiémeutes.
Lors d'une visite à Madrid, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a à nouveau dénoncé mardi soir les restrictions imposées aux migrants aux frontières dans les Balkans, qui ne « sont pas conformes au droit international ou à la décence humaine ». Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), plus de 131 000 migrants sont arrivés en Europe par la Méditerranée depuis début janvier, davantage que pour les cinq premiers mois de 2015.
En première ligne, la Grèce, qui abrite actuellement 23 000 migrants, a prévenu mardi qu'elle n'était « pas en mesure de faire face à l'ensemble des réfugiés qui arrivent ». La Commission européenne a appelé hier les États membres et le Parlement européen, autorités budgétaires de l'UE, à soutenir « rapidement » sa proposition de budget humanitaire intraeuropéen, qui doit combler un « vide ».
La Grèce a déjà pu recevoir ces derniers mois des fonds européens, mais l'UE ne dispose pas d'un outil budgétaire lui permettant de répondre spécifiquement et dans l'urgence à des besoins humanitaires dans un État membre, comme elle peut le faire en faveur de pays tiers.
(Source : AFP)

L'UE a proposé hier un budget humanitaire de 700 millions d'euros (761 millions de dollars) pour aider ses États membres en première ligne face à l'afflux massif de migrants, comme la Grèce, où quelque 10 000 personnes sont bloquées à la frontière macédonienne.Le projet dévoilé hier par la Commission européenne est sans précédent, dicté par une crise hors norme : il s'agit de pouvoir fournir une aide humanitaire d'urgence, non plus seulement à des pays tiers pauvres, mais désormais à des membres de l'UE. « La proposition d'aujourd'hui rendra 700 millions d'euros disponibles pour fournir de l'aide là où elle est le plus nécessaire », a déclaré le commissaire européen chargé de l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, proposant 300 millions d'euros (326 millions de dollars) pour 2016, et 200 millions (217...
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