Les grands argentiers du G20 ont appelé samedi à Shanghai à utiliser « tous les outils » possibles pour soutenir l'économie, y compris via des dépenses publiques accrues, face à une reprise mondiale « inégale » et exposée à une recrudescence de menaces.
« Les risques et vulnérabilités ont augmenté », alors que la reprise économique, en panne, « reste bien en deçà de nos ambitions d'une croissance forte, durable et équilibrée », ont déclaré d'emblée les ministres des Finances des pays les plus riches, à l'issue d'une rencontre de deux jours.
Les signaux d'alarme se multiplient, ont-ils constaté dans le communiqué final, pointant « la volatilité des mouvements de capitaux » et « la chute des cours des matières premières. À quoi s'ajoutent des tensions géopolitiques accrues, l'afflux de migrants dans certaines régions », ainsi que « le choc d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) ».
Face à cet assombrissement de la conjoncture, les membres du G20 se sont engagés « à recourir à tous les outils – monétaire, budgétaire, structurel –, à la fois individuellement et collectivement » pour « renforcer la reprise ».
Le communiqué insiste notamment sur la nécessité pour les grandes banques centrales de poursuivre leurs politiques très accommodantes, déjà largement déployées. Parallèlement, la relance budgétaire, qui consiste pour les États à gonfler leurs dépenses publiques en vue de conforter l'activité, devra être mise en œuvre « de façon flexible ».
Cette unité de façade masque cependant de profondes divergences. La réunion s'était ainsi ouverte sur une violente charge du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble : les relances budgétaires « ont perdu de leur efficacité » et les politiques monétaires ultra-accommodantes « pourraient devenir contreproductives » au vu de leurs effets pervers, avait-il affirmé. Les grandes puissances devraient plutôt se concentrer sur les réformes structurelles, avait-il lancé, avant de railler « un modèle de croissance fondé sur l'endettement », nourrissant des entreprises « zombies ».
Or Washington fait au contraire ouvertement pression pour que les États qui disposent d'excédents les utilisent pour soutenir la demande mondiale : allusion à peine voilée à l'Allemagne. « L'opinion divergente exprimée par l'Allemagne montre que le consensus reste fragile », a jugé Lu Zhengwei, économiste de Citic Bank International, peu convaincu par la déclaration finale. Les ministres ont pris conscience de la gravité de la situation, mais « le problème réside dans l'exécution » des solutions, a-t-il commenté.
Julien GIRAULT/AFP


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