En janvier/février, la Bourse américaine est près de 7 % inférieure à son niveau de la même période de 2015. À partir de là, deux lignes de raisonnement amènent à s'inquiéter au sujet de l'économie US :
1) la Bourse est un indicateur avancé de l'économie réelle, 2) la baisse de la Bourse entraîne une perte de richesse des ménages et pèse sur la consommation. Le premier point est valide mais le signal n'est pas encore clair.
Nous nous intéressons ici à l'existence d'un effet de richesse boursier. Grâce à la hausse de la Bourse ces dernières années, les actions représentent près de 1,8 fois le revenu disponible des ménages (25 % des actifs), soit un niveau comparable à l'immobilier. Cependant, les études économétriques ont montré que si une variation des prix de l'immobilier avait un effet significatif sur la consommation des ménages, l'effet de richesse était beaucoup moins marqué dans le cas des actions. On peut vérifier cela avec de simples régressions entre consommation et richesse immobilière et boursière aux États-Unis. Plusieurs explications peuvent être avancées pour expliquer cette différence, la plus convaincante reposant sur le lien entre immobilier et crédit : une hausse de la richesse immobilière augmente la capacité d'emprunt des ménages et aussi la capacité des banques de faire des prêts (via l'amélioration de leurs bilans). De manière contre-intuitive, certains auteurs ont aussi suggéré que les périodes de hausse de la Bourse entraînaient en réalité une hausse de l'épargne financière (et non une hausse de la consommation), les ménages essayant de suivre le momentum boursier. En somme, il paraît difficile d'avancer que la correction boursière actuelle entraînera à elle seule un ralentissement de la consommation en 2016.
Cet article est réalisé par Fidus

