Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Conflit

Efforts tous azimuts avant l’entrée en vigueur de la trêve en Syrie

Les forces progouvernementales appuyées par l'aviation russe ont repris, hier, à l'EI une localité stratégique près de la ville d'Alep.

Allocution de l’émissaire spécial de l’Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, au cours d’une réunion avec le Groupe international de soutien à la Syrie à Genève. Jean-Marc Ferre/UN/AFP

Russes et Américains se préparent à définir les modalités d'application du cessez-le-feu en Syrie aujourd'hui, une journée jugée « cruciale » par l'Onu alors que la trêve, la première du genre en cinq ans de guerre, doit entrer en vigueur cette nuit à minuit heure locale (22h00 GMT).
Les modalités du cessez-le-feu qui s'annoncent très complexes sur le terrain seront examinées cet après-midi à Genève par une « task force » regroupant les représentants des 17 membres du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) et dirigée par Washington et Moscou. L'émissaire spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, aura à 20h00 GMT une réunion par vidéo avec le Conseil de sécurité après laquelle il décidera si les conditions sont remplies pour une éventuelle relance des discussions intersyriennes à Genève après l'échec de janvier.
Des diplomates à l'Onu ont affirmé que les membres du Conseil de sécurité discutaient d'un projet de résolution qui entérinerait l'accord de trêve, et qu'ils espéraient pouvoir l'adopter aujourd'hui. Sont tenus par la trêve les forces du régime de Bachar el-Assad et les rebelles, mais ceux-ci sont très affaiblis par la montée en puissance des groupes jihadistes et ne contrôlent plus qu'une partie minime du territoire, notamment près de Damas. Les organisations jihadistes rivales du groupe État islamique (EI) et du Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, qui occupent une grande partie du pays, sont exclues de l'accord de trêve et resteront par conséquent la cible du régime, des frappes aériennes de son allié russe et des raids de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.
Le régime de Bachar el-Assad, l'opposition ainsi que les forces kurdes hier ont pour leur part annoncé qu'ils respecteraient le cessez-le-feu, parrainé par les États-Unis et la Russie, mais des doutes subsistent sur son application. Le régime a en effet souligné, en acceptant la trêve, qu'il poursuivrait ses « opérations militaires pour lutter contre Daech (acronyme arabe de l'EI), al-Nosra et les autres groupes terroristes qui leur sont liés ». Les rebelles craignent que Damas et son allié russe ne profitent de cette exclusion pour frapper les régions où ils sont alliés avec le Front al-Nosra, notamment à Alep. De son côté, la Turquie, qui est en profond désaccord avec son allié américain au sujet des YPG qu'elle considère comme « terroriste » et qu'elle bombarde depuis une dizaine de jours, a estimé que l'accord de cessez-le-feu n'était « pas contraignant » pour elle.
C'est dans ce contexte que le secrétaire d'État américain John Kerry a affirmé que les gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, étaient en train de se retirer de Syrie, tout en continuant à convoyer des armes. L'Iran, allié de Damas, n'envoie officiellement pas de soldats en Syrie, mais seulement des « conseillers » membres des gardiens de la révolution.

Largage humanitaire raté
Sur le terrain, les violences faisaient toujours rage hier dans plusieurs régions, notamment dans la province d'Alep (Nord) où l'armée, appuyée par l'aviation russe, a repris Khanasser, une localité stratégique près de la ville d'Alep, à l'EI. Le groupe s'en était emparé lundi après avoir coupé l'axe stratégique Alep-Khanasser, seule voie de ravitaillement entre les quartiers gouvernementaux de l'ouest d'Alep et les régions tenues par le régime dans le centre du pays en guerre. « Les forces du régime doivent encore mener une autre bataille pour reprendre les collines que contrôle l'EI autour de cet axe afin de pouvoir garantir la sécurité de cette route et la rouvrir », a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Selon lui, « c'est à la faveur d'une offensive d'envergure lancée la veille avec un important soutien aérien russe contre l'EI que les forces du régime sont parvenues à reprendre Khanasser, au sud-est de la ville d'Alep (Nord) ». Selon l'ONG, 20 jihadistes ont été tués dans les raids russes lors de la prise de cette localité.
L'OSDH indique également que des hélicoptères de l'armée syrienne ont lancé au moins trente barils d'explosifs sur Daraya, faubourg de Damas tenu par des insurgés que le gouvernement présente comme des islamistes d'al-Nosra. Le gouvernement a accusé, lui, les rebelles d'avoir tiré au mortier sur des zones résidentielles de la capitale, tuant au moins une personne.
Les combats se sont également intensifiés ces deux derniers jours dans la province de Lattaquié, dans le nord-ouest du pays, où les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) opèrent aux côtés du Front al-Nosra et d'autres groupes islamistes.
Alors que la situation humanitaire demeure catastrophique, avec notamment 500 000 personnes assiégées à travers le pays, l'Onu a annoncé que son premier largage aérien d'aide humanitaire sur Deir ez-Zor (Est) – assiégée par l'EI – avait été un échec, des aides ayant notamment manqué leur cible. « Des palettes ont dérivé avec leur parachute et ont donc manqué leur cible. Et pour d'autres, le parachute ne s'est pas ouvert et la nourriture a été perdue », a déclaré Jan Egeland, principal conseiller de Staffan de Mistura.
(Sources : agences)

Russes et Américains se préparent à définir les modalités d'application du cessez-le-feu en Syrie aujourd'hui, une journée jugée « cruciale » par l'Onu alors que la trêve, la première du genre en cinq ans de guerre, doit entrer en vigueur cette nuit à minuit heure locale (22h00 GMT).Les modalités du cessez-le-feu qui s'annoncent très complexes sur le terrain seront examinées cet après-midi à Genève par une « task force » regroupant les représentants des 17 membres du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) et dirigée par Washington et Moscou. L'émissaire spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, aura à 20h00 GMT une réunion par vidéo avec le Conseil de sécurité après laquelle il décidera si les conditions sont remplies pour une éventuelle relance des discussions intersyriennes à...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut