Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir. Fayez Nureldine/AFP
La priorité de toute intervention terrestre qui serait lancée en Syrie doit être la lutte contre le groupe État islamique (EI), a déclaré hier le ministre saoudien des Affaires étrangères. Dans un entretien avec l'AFP, Adel al-Jubeir a rappelé que l'Arabie saoudite avait « exprimé sa disposition à envoyer des forces spéciales dans le cadre de la coalition (internationale) dans le but d'éliminer Daech (acronyme arabe de l'EI). C'est là la mission et là la responsabilité ». À plusieurs reprises ce mois-ci, l'Arabie s'est déclarée disposée à participer à une intervention terrestre si la coalition anti-EI, commandée par Washington, en décidait ainsi. M. Jubeir, 54 ans, a souligné qu'il ne pouvait « pas spéculer » sur une éventuelle transformation des opérations anti-EI à plus long terme en actions militaires pour chasser le régime de M. Assad.
M. Jubeir a par ailleurs ridiculisé les déclarations du président Assad qui avait affirmé la semaine dernière, dans un entretien à l'AFP, son objectif de reprendre militairement toute la Syrie. « Bachar el-Assad a dit beaucoup de choses depuis le début de la crise. Beaucoup de ses propos se sont avérés irréalistes. En fait, c'est une personne qui a causé la mort de plus de 300 000 innocents, fait 12 millions de déplacés et détruit son pays (...) C'est clair que Bachar el-Assad n'a pas d'avenir en Syrie », selon lui.
Comme on lui demandait si l'engagement des États-Unis envers ses alliés et l'opposition syrienne était au niveau de celui de la Russie vis-à-vis de M. Assad, le ministre saoudien a pris bien soin d'éviter de critiquer l'administration américaine. Washington est « très sérieux dans son soutien à l'opposition syrienne et dans le combat contre Daech », a-t-il dit. Mais « je pense que chaque pays peut faire davantage ».
Pour M. Jubeir, « il devient de plus en plus clair que l'implication russe en Syrie vise à renforcer Bachar el-Assad, mais ça ne marchera pas ».
Il a également critiqué les « interférences » de l'Iran, autre allié de Damas avec lequel Riyad a rompu ses relations diplomatiques le mois dernier. « Si l'Iran veut avoir de bonnes relations avec l'Arabie saoudite, il doit changer d'attitude et de politique. De simples mots ne feront pas l'affaire. »
M. Jubeir a enfin affirmé que le royaume saoudien ne se sentait « absolument pas » abandonné par son « allié historique », les États-Unis, depuis l'accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien.


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