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Liban - La Situation

Offensive subtile pour persuader le Hezbollah de participer à la séance électorale

M. Hariri, hier, en compagnie de M. Berry à Aïn el-Tiné. Photo Hassan Ibrahim

Après la bouffée d'oxygène rendue au 14 Mars par le retour du chef du courant du Futur, Saad Hariri, l'heure est désormais de s'ingénier à trouver des moyens concrets et pragmatiques pour débloquer l'élection présidentielle.


L'enjeu prioritaire, que le courant du Futur n'a de cesse de réaffirmer, est celui de parvenir à la tenue d'une séance électorale en bonne et due forme, indépendamment du résultat du scrutin. Il entend mener un forcing pour la tenue d'une telle séance, mais sans toutefois brusquer le Hezbollah. C'est dans cet esprit qu'il avait d'ailleurs préféré dire mardi que le parti chiite « est patient et prend son temps », au lieu de montrer du doigt de manière frontale « un blocage par le Hezbollah ». En outre, la démarche du Futur ne prend en compte que la configuration actuelle de la course à la présidentielle, et exclut pour l'heure l'option d'un candidat consensuel autre que les trois candidats en lice, Michel Aoun, Sleiman Frangié et Henri Hélou.


La configuration des candidats n'est d'ailleurs pas près de changer.


Le premier, le général Michel Aoun, maintient, en plus de sa candidature, l'exigence d'un compromis préalable autour de celle-ci. Afin de justifier le boycottage des séances, le bloc aouniste argue du droit des chrétiens, dont la volonté se serait exprimée à Meerab. En visite hier à Bkerké, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a laissé entendre que la non-élection de Michel Aoun signifierait une violation du Pacte national, qui déteindrait sur toute l'administration. « Où sommes-nous du partenariat national si la majorité des chrétiens est incapable d'élire d'office un président ? » a-t-il encore demandé, à la table de dialogue hier. Il répondait au chef des Kataëb, Samy Gemayel, qui avait pris l'initiative de relever que le boycottage prolongé des séances au nom du Pacte national constituait une perversion de ce pacte.


Que le bloc aouniste persiste dans ses accusations indirectes adressées au bloc parlementaire du Futur d'occulter la volonté chrétienne supporte deux explications strictes : soit il estime qu'il a des chances d'être élu sans l'appui du Futur, soit il a pris la décision de s'en remettre entièrement au Hezbollah, en se chargeant, pour l'heure, de donner une couverture chrétienne au boycottage des séances, d'une part, et de relayer, de l'autre, l'appel du parti chiite d'amender le système libanais.


Contrairement au chef du bloc du Changement et de la Réforme, le second candidat, le député Sleiman Frangié, ne défend pas le boycottage des séances électorales, même s'il n'entend pas y déroger. À l'issue de son déjeuner, hier, à la Maison du Centre, après avoir pris part à la table de dialogue, le député de Zghorta a mis l'accent sur « le devoir démocratique » d'honorer les échéances et a dit « partager le point de vue de Saad Hariri » sur la nécessité de tenir une séance électorale, sans pour autant confirmer sa participation à la prochaine séance. Il a en même temps insisté sur sa « coordination avec ses alliés sur chacune de ses démarches », tout en écartant l'hypothèse de son retrait de la course.
Des sources proches des Marada précisent à L'Orient-Le Jour que M. Frangié « n'a ni l'intention de retirer sa candidature, ni le 8 Mars ne lui demande de le faire ». En déclarant d'ailleurs hier « ne vouloir rien entreprendre qui embarrasserait Saad Hariri », Sleiman Frangié a dissipé certaines craintes tacites sur son possible retrait de la course.

 

(Lire aussi : Frangié chez Hariri : Je ne me retirerai pas tant que certains blocs soutiennent ma candidature)


Le troisième candidat, le député Henri Hélou, qui est celui du Rassemblement démocratique du député Walid Joumblatt, est le seul à avoir maintenu sa candidature depuis la première séance électorale. « Ma candidature est restée », même avec le compromis Frangié, avait-il assuré à L'OLJ. Garantie pour les centristes, cette candidature l'est devenu aussi, semble-t-il, pour le courant du Futur, face au risque d'une élection de Michel Aoun.


S'il arrive en effet que le député Frangié retire sa candidature, les votes des députés du Futur et ceux du Rassemblement démocratique iraient alors au député Henri Hélou. Un tel cas de figure devrait sous-tendre aujourd'hui la visite des députés Ahmad Fatfat et Atef Majdalani au domicile de M. Hélou, selon une source autorisée.


Alors que les pointages sont sujets à spéculation, il n'est pas sûr que le général Aoun soit élu, dans ce cas de figure. Au meilleur des cas, ni l'un ni l'autre ne recueillerait la majorité des votes, si l'on retient notamment l'appui des FL au général Aoun, croient savoir des sources du 14 Mars.


C'est ainsi que le président de la Chambre aurait pris à sa charge d'arguer auprès du Hezbollah de l'utilité de lever son boycottage des séances électorales et de se rendre à l'hémicycle le 2 mars prochain, apprend-on de sources concordantes. Ce serait pour le 8 Mars une situation sans risque, qui le déchargerait de l'accusation de bloquer le scrutin. À l'issue d'une visite hier en soirée à Aïn el-Tiné, Saad Hariri a renouvelé son appel à toutes les parties à se rendre à l'hémicycle. Il a surtout pris soin de dissocier la présidentielle de la présidence du Conseil : « Ni je n'ai évoqué cette question avec le député Frangié, (...) ni je ne me porte candidat à la présidence du Conseil », a-t-il ainsi déclaré. Une affirmation qui répond aux craintes, invoquées par le Hezbollah, de devoir lui concéder la présidence du Conseil, en contrepartie de l'élection d'un président de la République issu du 8 Mars. Comprendre que l'objectif du 14 Mars serait moins d'élire un président de sitôt, que de caresser le Hezbollah dans le sens du poil, afin de l'inciter, dans un premier temps, à lever le boycottage de la séance électorale. Ce qui relancerait les négociations autour de la présidentielle.


C'est dans ce contexte d'ailleurs que le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a été le seul à critiquer avec virulence la dernière allocution du secrétaire général du Hezbollah, là où les autres pôles du courant du Futur ont simplement relevé l'absence de toute évocation de la présidentielle dans son allocution. « Ceux qui ont payé de leur sang leurs affrontements avec Israël (les sunnites, NDLR) n'ont pas besoin du témoignage des partenaires de l'accord irano-israélien », a indiqué M. Rifi sur son compte Twitter, en réponse aux accusations du leader du Hezbollah adressées à la communauté sunnite, à l'Arabie saoudite et à la Turquie d'être les alliées d'Israël dans la région.


Les signes que renvoie la situation générale sont ceux d'une « déliquescence » qui se poursuit à tous les niveaux, et d'un blocage difficile à lever : le fiasco du dossier des déchets en est un. On ne saura sans doute pas si la Russie a été victime d'une falsification de documents portant son approbation officielle d'accueillir nos déchets, ou si elle s'est rétractée. Le long débat sur la question, qui a meublé une grande partie de la séance du dialogue hier, a abouti à deux constats : l'option de l'exportation aurait d'ores et déjà échoué (même si le Premier ministre attend toujours les documents qu'il a réclamés à Chinook) ; et il a été décidé de transférer à nouveau le dossier des déchets au Conseil des ministres. Le président de la Chambre a d'ailleurs précisé hier que la prochaine séance du dialogue, fixée au 9 mars prochain, se limitera à l'ordre du jour, en l'occurrence le point relatif à la relance du législatif. Les dossiers litigieux qui ne sont pas près d'être résolus (comme le dossier des réfugiés, également évoqué hier) sont donc renvoyés systématiquement en Conseil des ministres.


Cerise sur le gâteau, le pourrissement généralisé et l'absence d'autorité de l'État s'accompagnent d'une chute progressive des garde-fous, d'un retour en force des crispations sectaires et du discours de la haine et de la stigmatisation de l'autre. Un mauvais présage.

 

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De Freige : « Un amendement constitutionnel sous la pression mènerait au chaos »

 

 

Après la bouffée d'oxygène rendue au 14 Mars par le retour du chef du courant du Futur, Saad Hariri, l'heure est désormais de s'ingénier à trouver des moyens concrets et pragmatiques pour débloquer l'élection présidentielle.
L'enjeu prioritaire, que le courant du Futur n'a de cesse de réaffirmer, est celui de parvenir à la tenue d'une séance électorale en bonne et due forme, indépendamment du résultat du scrutin. Il entend mener un forcing pour la tenue d'une telle séance, mais sans toutefois brusquer le Hezbollah. C'est dans cet esprit qu'il avait d'ailleurs préféré dire mardi que le parti chiite « est patient et prend son temps », au lieu de montrer du doigt de manière frontale « un blocage par le Hezbollah ». En outre, la démarche du Futur ne prend en compte que la configuration actuelle de la course à...
commentaires (12)

ET JE ME DEMANDE : POURQUOI DAME LA -MARQUISE- ET DAME LA -MAINMISE- QUI POURTANT SE COURTISENT ET PAR TELEPATHIE SYMPATHISENT ET PACTISENT NE S,ENTENDENT PAS AVEC FRANCHISE POUR UN ACCORD QUE TOUT LE PEUPLE PRECONISE ET FAVORISE ? N,EST-CE PAS MIEUX QUE DE S,ECHANGER DES BETISES ???

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

21 h 03, le 18 février 2016

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Commentaires (12)

  • ET JE ME DEMANDE : POURQUOI DAME LA -MARQUISE- ET DAME LA -MAINMISE- QUI POURTANT SE COURTISENT ET PAR TELEPATHIE SYMPATHISENT ET PACTISENT NE S,ENTENDENT PAS AVEC FRANCHISE POUR UN ACCORD QUE TOUT LE PEUPLE PRECONISE ET FAVORISE ? N,EST-CE PAS MIEUX QUE DE S,ECHANGER DES BETISES ???

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    21 h 03, le 18 février 2016

  • Le problème cest que celui qui détient les armes, détient la force et la supériorité, il devient donc un passage obligé courtisé!

    Dounia Mansour Abdelnour

    20 h 30, le 18 février 2016

  • Offensive subtile pour persuader le Hezbollah de participer à la séance électorale PLUTOT LA VACANCE PRESIDENTIELLE QUE LA PRESIDENCE PESTILENTIELLE DES NOUVEAUX LAHOUDS MASQUEES VALETS DE LA BAASSYRIE ET ANNONCIATEURS DE LENDEMAINS ENSANGLANTEES AU LIEU DE PERSUADER LE HEZBOLLOAH A DESCENDRE AU PARLEMENT IL FAUDRAIT ORGANISER LA RESISTANCE CIVILE CONTRE SA DOMINATION ARMEE

    Henrik Yowakim

    14 h 49, le 18 février 2016

  • Offensive subtile pour persuader le Hezbollah de participer à la séance électorale DANS CETTE FEODOCRATIE CONFESSEIONELLE DOMINEE PAR LES SAIGNEURS DE LA GUERRE PLUTOT QUE DE SEANCE ELECTIORALE C'EST DE SEQUENCE SELECTORALE QU'IL FAUDRAIT PARLER VIVEMENT LE SYSTEME FEDERAL POUR EN FINIR AVEC CE BORSDEL EN REMETTANT LE POUVOIR A LA SOUVERAINETE POPULAIRE

    Henrik Yowakim

    14 h 39, le 18 février 2016

  • Ironie de l'histoire.. Celui qu'on présente comme le vilain canard boiteux est courtisé à ce point.????

    FRIK-A-FRAK

    13 h 53, le 18 février 2016

  • "La non-élection de Michel Aoun signifierait une violation du Pacte national." Qui a dit cela ? Le Kim Jong-un du Liban, Gébran Bassil. Je tire la chasse.

    Annie

    12 h 38, le 18 février 2016

  • L'important a présent est d’élire un Président. Le Hezbollah n'a aucune raison de ne pas le faire tenant compte que si Aoun parvient a être élu, Hassouna ne devrait pas s’inquiéter de la venu de Hariri puisque notre Tapioca local ne le porte pas dans son cœur et donc ne l'acceptera pas comme premier ministre. Or le Hezbollah a tellement usé et abusé de la mauvaise interprétation de la constitution qu'il se trouve aujourd'hui pris au piège lui même. Il a parlé de consensus, de représentation majoritaire, de candidat fort, etc... et aujourd'hui il a Aoun, Hariri et Berry qui remplissent ses propres critères. Comment acceptera-t-il donc que Aoun soit élu ainsi et que les Sunnites ne puissent proposer Hariri de la même manière. La constitution, en fait, ne mentionne le consensus que pour certaines situations d'ordre nationales importantes comme les amendements de la dite constitution par exemple. Vu la structure politique du Liban elle est nécessaire. Mais Les élections, elles, sont la pour choisir le plus convainquant, le plus capable et le plus adéquat aux postes de députés, ministres ou même de Président basé sur l'évaluation de leurs programmes, si programme il y a. A part Dr. Geagea et les FL qui en ont présenter un complet, tous les autres c'est du "Bazze2 ou lazze2"! Le Hezbollah veux transformer le Liban en une wilaya Iranienne, les baasistes en un département Syrien et les Islamistes en une entité du califat. Eh bien chers amis vous allez tous être déçu!

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 51, le 18 février 2016

  • - CE N,EST PAS L,AMENDEMENT... LE CHANGEMENT DU SYSTEME LIBANAIS EST LE BUT DES BOYCOTTEURS... PARAVENTISSIME INCLUS... - QUE DAME LA -MARQUISE- NE L,AIT PAS ENCORE COMPRIS EST UNE CATASTROPHE. - -MARQUISE- PROPOSEZ LE GMA COMME SEUL CANDIDAT AVEC CONDITION LE RESPECT DE LA CONSTITUTION... SANS DES INTERPRETATIONS FARFELUES DE QUICONQUE AVEC LA MOUNASSAFE, DES ELECTIONS DEMOCRATIQUES ET LE RESPECT DE LA DECLARATION DE BAABDA... ET DAME LA -MAINMISE- TROUVERA DES EXCUSES POUR BOYCOTTER ET REFUSER... COMME TOUJOURS... - DAME LA -MAINMISE- DANS SA GOURMANDISENE NE REVE QUE DE PRISE ET D,EMPRISE... CAD DE MAINMISE ! - ET VOUS... DAME LA -MARQUISE-... DANS VOTRE MEPRISE... ET VOTRE BETISE... VOUS REVEZ ENCORE DE NORMALE REPRISE... - LE REVEIL EST DE MISE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 05, le 18 février 2016

  • LA SITUATION Toujours le même chaos concernant l'élection présidentielle, les ordures, tout...

    Halim Abou Chacra

    06 h 09, le 18 février 2016

  • UN ENFANT CHEZ UN REQUIN

    Gebran Eid

    04 h 45, le 18 février 2016

  • "Cerise sur le gâteau, le pourrissement généralisé et l'absence d'autorité de l'État s'accompagnent d'une chute progressive des garde-fous, d'un retour en force des crispations sectaires et du discours de la haine et de la stigmatisation de l'autre. Un mauvais présage." ! Carrément indigènes !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 22, le 18 février 2016

  • "En outre, la démarche du Futur ne prend en compte que la configuration actuelle de la course à la présidentielle, et exclut pour l'heure l'option d'un candidat consensuel autre que les trois candidats en lice, Michel Aoun, Sleiman Frangié et Henri Hélou." ! Mais, pourquoi pas l'ex-Râââëh de Jbééél ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 16, le 18 février 2016

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