À chaque ouverture de Rafah, de longues files se forment, des familles encombrées de lourdes valises s’entassant dans et autour du terminal. Saïd Khatib/AFP
Près de 2 500 personnes sont sorties en trois jours de la bande de Gaza via l'Égypte, qui a rouvert le seul accès à l'enclave palestinienne à ne pas être contrôlé par Israël, ont indiqué hier les autorités locales. Pour la première fois depuis 70 jours, l'Égypte a ouvert le terminal de Rafah samedi avant de le refermer lundi soir. Seuls pouvaient passer les « cas humanitaires », par exemple des patients devant recevoir des soins à l'étranger et accompagnés de leurs proches. Pendant ces trois jours, « 2 439 personnes ont quitté la bande de Gaza et 1 122 y sont entrées », a dit le ministère de l'Intérieur à Gaza.
La bande de Gaza, dirigée sans partage par le mouvement islamiste palestinien Hamas, est soumise depuis dix ans à un strict blocus israélien. Les entrées et sorties de biens et de personnes sont rigoureusement contrôlées par les autorités israéliennes et font l'objet de demandes de permission fastidieuses pour un résultat non garanti. Quant au terminal de Rafah, qui donne sur le Sinaï égyptien, l'Égypte le maintient fermé quasiment en permanence depuis la destitution en 2013 du président Mohammad Morsi, membre des Frères musulmans dont est issu le Hamas.
En 2015, « pire année » au point de passage selon le Hamas, Rafah n'a été ouvert que 21 jours, à chaque fois deux ou trois jours et pour les cas « humanitaires ». Selon l'Onu, 30 000 Palestiniens sont enregistrés comme « cas humanitaires » attendant de pouvoir sortir de Gaza. À chaque ouverture de Rafah, de longues files se forment, des familles encombrées de lourdes valises s'entassant dans et autour du terminal. La plupart sont munis d'un laisser-passer approuvé par les autorités gazaouies et égyptiennes, mais certains doivent rebrousser chemin. Cette fois, « 334 personnes ont été refoulées par les autorités égyptiennes », a indiqué le ministère gazaoui de l'Intérieur.
Sarah Abou Karech a raconté son calvaire avant de finalement pouvoir monter dans un bus pour quitter Gaza : « J'étais venue à Gaza pour des vacances. Je ne devais rester qu'une semaine, mais je me suis retrouvée bloquée à cause de la fermeture de Rafah et j'y suis restée un an et demi. »
(Source : AFP)


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